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Mercredi 18 juillet 2007

Très exactement un mois après ma première arrivée au Japon, fin septembre 1995, ma famille d’accueil d’alors me présenta un plat semblant sortir tout droit d’un épisode de Startrek. Sur une petite assiette, un triangle de matière gélatineuse mais ferme, grise et mouchetée de points noirs était recouvert d’une pâte d’un rouge profond.

 

Je saisis l’étrange aliment et le portai à ma bouche. C’est à cet instant même que je crus que l’on m’avait catapulté dans les airs et que je tombais irrémédiablement en chute libre avec l’estomac au niveau du cou. Un fumet nauséabond accompagnait chacun des mouvements de ma mâchoire sur cette substance caoutchouteuse et devenait de plus en plus intense. Il ne me fallut pas plus d’une demi seconde pour cesser tout mouvement. La sueur commençait à perler sur mon front et j’aurais prié pour qu’un sac plastique apparaisse sur mes genoux pour que je puisse éliminer de ma bouche l’ignoble intrus qui s’y était glissé. Je n’avais aucune autre alternative que d’avaler le monstre après m’être rué sur le verre de thé froid. Ce jour-là, seul le père était là et il avait déjà fini son repas. Je n’avais jamais refusé un plat au Japon jusque là et, même si je n’appréciais pas tout, j’avais fait l’effort de tout ingurgiter. Mais là, non. Impossible. Cela ressemblait à un vilain gage. Devenant de plus en plus pale, des ruisseaux de sueur me coulaient sur le nez et les joues. Je décidais d’en finir avec ce morceau de cuisine démoniaque qui, après tout n’était pas bien gros.

 
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Cette deuxième bouchée me mit vraiment mal à l’aise au point que je crus que j’allais redistribuer sur la table les trois repas précédents suivis d’un litre de bile et de mon appareil digestif. Avec le peu de tact que me permettait mon état et considérant que le supplice avait assez duré, j’annonçai à mon hôte qu’il m’était humainement impossible de terminer l’assiette. Il prit la chose en riant en me disant : « Ben ça alors, tu n’aimes pas le konnyaku 
蒟蒻? ».

 

Pendant de nombreuses années par la suite, j’évitais tous les plats basés sur ce que l’on appelle en français la langue du diable (amorphophallus konjac), une plante qui pousse en Asie de l’est. Puis un beau jour, influencé par de plus en plus de personnes qui m’affirmaient que cela n’avait aucun goût, je prenais mon courage à deux mains et retentais ma chance. Il fallait me rendre à l’évidence : ils avaient raison. Malgré une consistance de limace (bien que je n’ai jamais essayé), le konnyaku n’a aucun goût.

 

Après mon arrivée à Nagoya en novembre 2001, je me mis à goûter plusieurs plats locaux : tebasaki bien sûr mais aussi tenmusu et misokatsu. Pour ce dernier, il s’agit de viande panée, non pas recouverte d’une délicieuse sauce barbecue comme dans le Kansai mais de miso rouge (soja fermenté). Une seule bouchée de misokatsu me remit en tête avec d’étonnants détails l’épisode de mon premier contact avec le konnyaku. Souvenez-vous : celui-ci était accompagné d’une pâte rouge sombre. J’avais trouvé le fautif : le miso rouge. Une fois de plus, je devins livide et me retins de ne pas transformer mon assiette de misokatsu en assiette de tripes.

 
Beaucoup d’étrangers, comme de Japonais, éprouvent un dégoût prononcé pour le miso rouge, beaucoup plus fort que le miso classique. En bouillon, cela passe. Mais à l’état pur... Même sous la torture, je refuserais d’en manger. Avec la cervelle, c’est la seule chose que je classe dans les non-comestibles-et-mortels-pour-ma-santé.


PS : les occasions de capturer du konnyaku en photo dernièrement furent étrangement peu nombreuses. Je n'ai pu que me rabattre sur ces pauvres morceaux apparus dans un plat de hijiki (algues noires) à la cantine.
par Ludo publié dans : Tribulations gustatives
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Mardi 17 juillet 2007

Voir les épisodes précédents.

 

9h43

Premier cours de la journée. Pas de chance, je démarre avec les deuxièmes années (CE1). Cette année j’enseigne aussi aux classes en dessous du CE2, chose que je n’avais jamais faite auparavant. Si les premières années ont gardé un semblant de naïveté et d’innocence qui les rend réellement craquants, j’estime que les deuxièmes années s’apparentent autant à l’être humain qu’un pigeon à un pneu. Il serait en fait plus juste de les ranger parmi les bêtes. En général quand vous débarquez dans la salle de classe, la moitié des effectifs manque, pendant que l’autre se rue vers vous pour vous tripoter partout. Je dis bien « partout ». Alors que j’évite les nombreux kancho que l’on veut m’infliger (je suis devenu un expert), d’autres me caressent les bras en hurlant la bave aux lèvres : « Super ! Des poils ! ». Après cinquante remontrances où le ton monte de plus en plus, les monstres ont gagné : je pousse une gueulante dont l’efficacité s’avère réelle puisqu’ils s’arrêtent bien pendant trois secondes. La cloche sonne et il reste toujours une dizaine de gamins absents, sans compter la prof que « j’assiste ». Je somme les derniers obsédés pilophiles de s’asseoir afin que nous puissions procéder aux salutations. Je profite du semblant de silence occasionné par cet exercice pour démarrer le cours. D’autres rejoignent enfin la pièce. Sitôt le premier mot prononcé, une dizaine de marmots se met à discuter. C’est sûr, je vais encore en baver aujourd’hui… La prof daigne enfin me gratifier de sa présence, ce qui remet un peu d’ordre pendant cinq secondes.

 
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10h30

La cloche met fin à cet enfer. Une fois de plus j’ai passé une demi-heure à gueuler pour rien et un quart d’heure à tenter de donner des explications et faire des jeux. Un jeu prévu pour les quinze dernières minutes ne put durer que trois. N’allez pas croire que je n’étais pas épaulé. Ma collègue japonaise plus exténuée encore, n’arrêtait pas de se rendre à droite et à gauche pour faire taire les fautifs. Je n’ai la plupart du temps pas trop à me plaindre des autres classes même si cela dépend des établissements (un en particulier me donne du fil à retordre à tous les niveaux) mais il arrive très fréquemment que j’en sue avec ces maudits CE1 et ces maudits CM1. Quoi qu’il en soit, le reste de la matinée s’annonce plus calme avec deux autres cours. En attendant, je savoure mes vingt minutes de pause après un passage aux toilettes. J’ai pris l’habitude de me laver les mains après chaque cours. Non seulement je n’ose imaginer où certains morveux (littéralement j’entends) ont mis leur main, mais avec l’expérience, j’ai remarqué qu’en passant par ce petit cérémonial, je tombais beaucoup moins malade ! Les écoles, sans nul doute possible, représentent de véritables nids à virus avec de nombreux enfants peu regardant avec l’hygiène qui ne se lavent pas les mains et/ou toussent la bouche non couverte sans prévenir.

Ensuite, j’ai toujours détesté avoir les mains rêches après avoir touché des craies.

 

10h50

Le deuxième cours se déroule sans embûche.

 

11h45

Début du troisième cours.

 

A suivre

par Ludo publié dans : Ecoles
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Lundi 16 juillet 2007

Appartenant au patrimoine mondial de l’humanité au même titre que le village de Shirakawagô, le temple de東大寺 Tôdaiji se situe au pays des cerfs, à Nara. Après une longue ligne droite et le passage de deux portes immenses, les visiteurs peuvent pénétrer dans l’enceinte du temple proprement dit, en se délestant de quelques yens. Tôdaiji serait la plus grande construction en bois au monde même si sa reconstruction, dont la dernière étape eut lieu en 1709, l’a diminué de 30% par rapport à l’original.

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L’énorme bâtisse abrite un gigantesque Bouddha de 15 mètres de haut (nettement plus beau que celui-ci, mais ce n’était pas bien dur de faire mieux remarquez). Une multitude d’avatars le ceinturent alors que deux grandes idoles dorées se trouvent à chacun de ses côtés. Plus vers le fond du bâtiment, des statues apparemment en bois de démons menaçants (Fûjin et Raijin ?) surveillent ses flancs arrière.

Un pilier du temple comporte un trou dont la taille correspond à celle d’une narine du Bouddha. Les enfants passent sans problème, et certains adultes tentent aussi leur chance.

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Vendredi 13 juillet 2007

On ne pourra pas reprocher à Pepsi de manquer d’audace. Après Pepsi Blue (qui comme son nom l’indique était bleu et fit un bide retentissant), débarquèrent successivement au Japon Pepsi Twist et Pepsi Nex (qui eux marchent encore). La célèbre société américaine aurait dû en rester là…

 
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Hélas, le mois dernier fut lancé le Pepsi Ice Cucumber. Avec une couleur de Paic citron vert, le dernier cola en date en aussi le goût. Il y a deux ans, la marque de savon Dove a mis sur le marché un nouveau « body soap » à base d’extraits de concombre. Bien sûr je n’en ai jamais mis sur la langue pour savoir quel goût cela pouvait avoir mais j’imagine que Pepsi Ice Cucumber s’en rapproche.

 

Les premières secondes où le breuvage se déverse dans la gorge restent plutôt agréables : un bon cola avec un goût fort mais assez rafraîchissant de cucurbitacée. Puis on constate que la boisson demeure plutôt sucrée. Une seconde plus tard, cette sensation d’avoir vidé un sac de saccharine dans son gosier s’accentue alors que pointe un autre goût de concombre mais plus proche du détergent cette fois-ci.

 

Si vous aimez rire entre amis, alors Pepsi Ice Cucumber est pour vous. Profitez-en vite, je doute que les ventes durent.

 

Que nous réserve l’avenir ? Un Pepsi Super Mayonnaise ? Un Pepsi Chocolate/shrimp ? Un Pepsi Margarine/menthol ?

par Ludo publié dans : Tribulations gustatives
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Jeudi 12 juillet 2007

Après la choucroute, Naoko nous donne ses impressions du cassoulet.

 

見た目は……(―д― ;)。

でも味は私好みでした!カスレは、豆のペーストにソーセージが入ったシンプルなもの。う~ん、日本料理でありそうなんだけど、食べたことのない料理だなぁ。しいていえば、おしるこの触感で、甘くないカンジ(豆なんだから当たり前か…)。これもフライパンで温めるだけ。これまたすっごい美味しかった(*^o^*)。シュークルートよりも味が薄くて食べやすくて、もっとパクパク食べちゃいました。風邪の時など食欲の無い時にも食べやすそう。これだったら、週に2回はいけるかも。

 
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A première vue, ce n’était pas bien beau (д ;)… Mais j’ai beaucoup aimé ! Il s’agit de haricots blancs avec des saucisses. En théorie, cela pourrait exister aussi dans la cuisine japonaise mais je n’avais jamais rien mangé de tel. Si je devais l’apparenter à un plat de mon pays, je dirais que la consistance ressemble à du shiruko (purée de haricots rouges sucrés) mais non sucré (oui, bon évidemment puisque ce sont des haricots…). Là encore, il suffit de réchauffer le tout à la poêle. C’était une nouvelle fois très bon (*^o^*). C’était moins fort que la choucroute et plus facile à manger et j’ai donc pu en ingurgiter plus. C’est le genre de plat que l’on pourrait facilement prendre en cas de rhume quand on n’a pas beaucoup d’appétit (NDLudo : ah oui ?). Je serais capable d’en avoir deux fois par semaine.

NB : Ayant complètement oublié de prendre une photo de cassoulet au moment où nous nous empiffrions, j'ai dû faire avec les moyens du bord.
par Naoko publié dans : Tribulations gustatives
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