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Vendredi 22 avril 2005

Alors que je flânais innocemment dans le parc de Tsurumai le 10 avril, l’esprit pourtant tourné vers les fleurs de cerisier, je tombai par inadvertance sur ce curieux engin.
Je pensai d’abord à une trottinette électrique comme il en pullulait il y a trois ans, mais la présence d’une selle me mit dans le doute.
J’en conclus qu’il s’agissait là d’une version naine et enfantine du véhicule sur lequel on ne connaît plus personne.
Comment diable peut-on piloter cette chose ? La taille des roues ne permet certainement pas de dépasser les 10 Km/h si bien qu’un Occidental de taille normale s’y raboterait les genoux jusqu’au sang. A ce propos, je ne me lancerai pas dans une critique facile de la taille des jambes des autochtones de l’archipel, mais je peux affirmer sans crainte qu’E.T. en a des plus longues. Du haut de mon 1m90, je ressemblerais à une girafe tentant péniblement de garder l’équilibre sur un patin à roulettes. Quel est alors cette étrange envie qui me pousse à l’essayer ?
« Born to be wild » comme disait la chanson.


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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Lundi 18 avril 2005
Dans la série "l'étron canin et son incidence néfaste sur la vie japonaise" chère à MP et à moi-même (voir ici pour un cliché made in Tokyo et pour un autre made in Gifu), voici une nouvelle pancarte plantée dans le parc de Tsurumai à Nagoya.
Les deux premières lignes peuvent se traduire par "les manières d'un chien viennent de l'étiquette de son maître" ou "ce n'est pas le chien qui agit mal mais son maître".
La troisième ligne se montre plus énigmatique puisqu'on y découvre des caractères écrits à la main par je ne sais quelle personne excédée de marcher dans des berlingots malodorants: "[le maître] se conduit vraiment trop mal".
La dernière ligne se divise en deux. Une partie stipule "[l'animal ne doit pas faire n'importe où mais] dans un lieu défini". Le dernier mot rédigé maladroitement signifie "caca". Notez bien que quel que soit le chien au Japon, l'excrément prend la forme d'une glace à l'italienne un peu tassée. Ce genre de panneau reste rare, il en va de même pour la présence de crottes. La France ferait bien de prendre exemple.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Vendredi 8 avril 2005
Ah! Quel bonheur de voir régulièrement ces cadres dynamiques haut-placés après leur journée de labeur épuisant, qui consiste bien souvent à se prendre des coups de fouet, de pression et de stress.
Le salaryman moyen aime le soir libérer sa vraie personnalité, si parfaitement effacée durant le jour. C'est pourquoi il se bourre comme un coing au-delà de toute limite physique et morale dès qu'il en a l'occasion. Pas facile donc d'expliquer à sa femme au téléphone que l'on va rentrer tard à cause d'une conférence vachement importante. Surtout lorsque l'on n'a pas trouvé meilleure façon de tenir en équilibre que de s'appuyer contre le mur après avoir fini le pichet de bière dans la pièce attenante. Pas facile non plus de ne pas entendre les collègues complètement pintés, chanter leur deuxième heure de karaoké. Quand j'enseigne la langue de Benny Hill au collège, j'ai toujours l'impression de discuter avec moi-même. Je ne suis donc pas le seul à parler à un mur dans ce pays.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Dimanche 3 avril 2005
Le hall d'exposition où j'ai offert mes services linguistiques la semaine dernière, accueillait, comme chacun le sait, une faune plutôt hétéroclite.

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Jeudi dernier, cette fashion victim vint admirer quelques calligraphies. Peu de personnes de cet âge au Japon portent des jeans et encore moins des blousons de ce même tissu. Encore plus rares sont ceux qui arborent un tel couvre-chef. D'ailleurs en y réfléchissant bien, je n'avais jamais vu un chapeau pareil. Mon collègue américain Scott (qui est seul. S'il y avait deux Scott cela ferait Biscott. Merci à Howard pour ce calembour) et moi-même étions déjà fort amusés à la vue de ce paradoxe vestimentaire, l'ennui accumulé dans la semaine aidant beaucoup, mais nous faillîmes bien exploser littéralement d'un rire tant gênant que libérateur à la vue de la mâchoire du pauvre monsieur. Pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents incriminant d'autres festivals bucco-dentaires, rendez-vous ici, ici et . En effet, le leprechaun, sortait souvent sa langue et mâchait ses joues, signe de l'absence de dents ou de prothèse. Mais qu'elle ne fut pas notre surprise quand nous remarquâmes la présence de deux chicots, l'un en bas, l'autre en haut, et du même côté.
C'est simple, j'en suis venu à vénérer tellement ce miracle de la nature qu'il est devenu la nouvelle mascotte de ce site (bas de page). Franchement? Il est pas mignon?
par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Jeudi 31 mars 2005
Je viens d'effectuer mon dernier jour de "travail" à De La Fantasia. J'en garderai un bon souvenir dans l'ensemble puisque cela m'a permis de faire connaissance avec plusieurs personnes en peu de temps et en étant payé!
Hier j'eus par contre la malchance de rencontrer un autre cas social peu commun.
L'individu, la trentaine, habits froissés et peu élégant, se planta devant moi et débita un flot de mots (sans lien grammatical correct) en anglais, et sans rapport entre eux puisqu'il changeait de sujets toutes les trois secondes. C'est alors qu'une odeur fétide d'une rare intensité innonda le hall, tel un gaz lourd de la Grande Guerre, sauf que l'on opterait sans doute pour la mort dans le cas présent. En cherchant d'où pouvait provenir un tel "fumet", je me rendis compte qu'il devenait plus fort à chaque parole prononcée par le linguiste du dimanche. Le chacal refoulait puissamment du bec. Sa mâchoire ne se constituait pas de dents mais plutôt de sortes de Légos couleur cèpe flétri. Je crus alors que les dessins exposés allaient se décoller des murs pour pourrir sur place. Ne pouvant tenir plus longtemps de peur de défaillir ou de finir par régurgiter mes tripes, je m'excusai auprès de la murène et du collègue américain assis à mes côtés, et pris le large pour sortir me remplir les poumons d'air frais devant la grande roue.
Le pire c'est que je n'arrive pas à retirer cette puanteur de ma tête. J'en ai même rêvé la nuit dernière et elle a hanté nos conversations aujourd'hui.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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