Ma profession me pousse chaque jour à jouer le rôle d’ambassadeur. Cela consiste non pas à préparer des pyramides de Ferrero Rochers pour des réceptions où les invités très matérialistes et pique-assiettes mesurent le degré d’ambiance et de classe de la soirée par la présence de chocolats minuscules sur un plateau en argent. Non, si je joue ce rôle, c’est la plupart du temps parce qu’un occidental blanc est catalogué d’emblée comme américain par les Japonais. Certes j’enseigne l’anglais, mais je ne manque jamais une occasion de présenter la mère patrie d’une manière ou d’une autre. Mes élèves comprennent alors à 90% d’où je viens et ce qui fait la spécificité de la Gaule, à savoir qu’elle est habitée de gens poilus avec un grand nez qui parlent un langage imprononçable, qu’on y trouve de la bonne nourriture pour trois euros six sous et que le baseball possède autant de fans que Henry Guibet aux îles Salomon. Il y a toujours 10% d’ahuris qui, au bout d’un an, me demande le plus naturellement du monde si je retourne aux Etats-Unis pendant les vacances.
Parler de sa terre natale c’est bien, mais pour justement marquer la différence avec d’autres pays, il est nécessaire de citer ces derniers. Je viens justement de boucler un cours destiné aux premières années de collège (équivalents aux cinquièmes en France) basés sur les salutations et comment demander la nationalité de quelqu’un. Pour rendre le tout plus ludique, je me suis amusé à leur apprendre à dire « bonjour » en 18 langues. J’en dresse un bilan très positif. Désormais on me salut plus souvent dans la langue de Bourvil. Qui c’est, petit à petit, cela va faire naître des vocations…
Bref, en cette année 2005 très cosmopolite grâce à l’Expo entre autres, j’ai décidé de démarrer une nouvelle série basée sur les couleurs en différentes langues. Et puis comme ça, cela fera grimper le nombre de visiteurs étrangers sur ce site et on ne remarquera pas que j’utilise le moindre prétexte pour publier des vieilles images.

Après quelques jours passés à Toyohashi et à Nagano pour du travail très constructif consistant à me lever à onze heures, à me balader avec des amis, à boire et à jouer aux cartes, me voici de retour à Nagoya. A chaque fois que je m’absente de chez moi, j’ai l’impression qu’en revenant tout a changé mais au bout de quelques heures ce sentiment disparaît pour laisser place aux mêmes constatations. Oui mes tatamis sont toujours aussi vieux, mes fenêtres toujours aussi sales, les enseignes au néon toujours aussi brillantes et les voies ferrées toujours présentes. Bref on se sent bien chez soi.

Aujourd’hui commence au Japon la Golden Week, l’occasion pour moi-même de récupérer pendant 7 jours des deux semaines de travail éreintant fourni depuis la rentrée le 18 avril. Ne m’en veuillez pas, je ne suis pas responsable de mon emploi du temps.
Je laisse donc mon siège de blogueur vaquant pour quelques jours mais rassurez-vous, de nouveaux articles seront mis en ligne quotidiennement, comme avant donc, grâce au stock d’images que je vais amener dans mes bagages.

Vous serez prévenus.

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