Une bonne nuit de sommeil salvatrice avait rechargé nos piles internes et nous étions donc prêts à affronter une nouvelle journée de déambulations touristiques au quartier chinois de Yokohama.
Du port situé à proximité, on peut apercevoir l’ensemble des gratte-ciels de la veille dont notre hôtel. Une foule assez importante assistait à une course de dragon-boats dans le plus pur style de l’Empire du milieu.
Ce petit Chinatown regroupe une pléthore de restaurants dans un ensemble de rues très typiques. On entend ainsi parler chinois régulièrement et les commerçants vous adressent la parole en japonais avec un charmant accent.
Nous déjeunâmes dans une enseigne spécialisée dans les raviolis. Je fus un tantinet déçu par la nourriture et complètement stupéfait de l’attitude du personnel. Certes, les Japonais eux-mêmes ne sont pas trop regardants sur la propreté et les bonnes manières a table. Je me souviens encore du jour où j’avais reçu une grosse goutte de graisse noire sur la tête, provenant d’un système d’aération, dans un restaurant d’okonomiyaki à Osaka en compagnie de mes parents.
Je ne fus donc pas trop étonné de voir une femme d’un certaine âge nous disposer sur la table des petites assiettes en mettant systématiquement le pouce dedans, chose que je constate à chaque fois dans les établissements japonais.
Par contre, on ne peut pas dire que les Chinois excellent dans la politesse. J’avais déjà remarqué la chose dans des restaurants chinois aux Etat-Unis, au Canada, en France et précédemment au Japon mais cette nouvelle expérience m’en a persuadé. Chose d’ailleurs confirmée par une amie australienne née à Hongkong.
Revenons à nos moutons. Quand les plats arrivèrent, ils ne furent pas posés sur la table mais littéralement lancés d’une hauteur de 10 centimètres comme des freesbees.
Plus déstabilisant, un homme rangeait le couvert sur une table voisine et nous crûmes opportun de lui demander une carafe d’eau puisque, apparemment, le buzzer de notre table ne faisait venir personne.
- Serait-il possible, sans vouloir vous interrompre dans votre tâche, de bien vouloir nous apporter de l’eau ? Nous vous en serions fort reconnaissants.
- Ouais !
Interloqués par le côté familier de sa réponse, nous en conclûmes que celui-ci s’était levé du pied gauche.
Quinze minutes plus tard, nous souffrions toujours de déshydratation. C’est alors qu’au loin, une jeune serveuse apparut.
- Nous avons demandé de l’eau et...
- Je vous apporte ce breuvage de suite. Je suis sincèrement désolée pour la gêne occasionnée et je vous pris de recevoir mes excuses. Soyez assurés de ma plus entière servitude sur cinq générations (NDOugl : bon d’accord je force un peu le trait).
Deux secondes et cinq courbettes plus tard, nous avions notre eau. La serveuse était japonaise.
Chaque nation a ses faiblesses. Les Français râlent et font la grève, les Japonais manquent de logique et les Chinois ne considèrent pas le client comme roi.
PS : Ainsi s’achève le compte-rendu de ces deux jours dans la préfecture de Kanagawa avec Naoko. Suite à des critiques sur la taille de certaines photos, j’ai décidé de tout remanier. Beaucoup d’entre elles sont désormais en grand format dans l’album photo, accessibles dans l’encadré du même nom ou en lien dans chaque article. Allez y jeter un coup d’oeil, certaines sont inédites.
par Ludo
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7
Après une bonne vingtaine de minutes passées debout dans un train bondé, les bagages à la main, nous arrivâmes moulus de fatigue à Yokohama. Notre objectif : le Continental Hotel. Le responsable de cet établissement avait fourni des indications claires et précises à Naoko et rejoindre le bâtiment ressemblait à un jeu d’enfant : « sept petites minutes de marche à partir de la gare, vous pourrez voir notre tour en sortant du train ».
Il nous fallu d’abord sortir de cette gare gigantesque. En travaux, celle-ci n’offrait que peu d’informations. Il y a avait bien une carte, mais après l’avoir examinée en détails plusieurs fois nous ne savions quelle sortie emprunter. Cela revenait à chercher le nom d’une station dont on ne connaît pas la ligne sur un plan de métro parisien. Nous décidâmes de nous diriger vers le bureau des renseignements situé à 20 cm de notre position sur le plan. Deux minutes plus tard, nous marchions le long d’une voie souterraine en ligne droite qui semblait se prolonger à l’infini. Dix minutes plus tard, nous nous trouvions là où aurait dû se trouver le bureau des renseignements mais celui-ci avait disparu, sans doute à cause des travaux. Nous optâmes donc au pif pour la sortie nord et aboutîmes à l’air libre, prêts à voir notre hôtel au loin. Pas d’hôtel... Des autoroutes suspendues, des gratte-ciels, tout... sauf notre hôtel. Convaincus par une logique implacable que nous faisions route vers la bonne direction, nous continuâmes notre chemin jusqu’à deviner le sommet de la Landmark Tower, sur le papier : l’immeuble voisin du nôtre. Notre instinct était définitivement le bon et les paroles du réceptionniste ressemblaient de plus en plus à une grosse bourde.
Quarante cinq minutes de marche éreintantes plus tard, nous arrivions à bon port, sept minutes après avoir dépassé la station de métro « Minato-mirai ». Oui l’employé distrait avait confondu le nom des deux gares...
Le Continental Hotel se situe sur une partie du port de Yokohama, très exactement pile en face de la grande roue. La chambre, superbe, nous est revenue tout de même à 12500 yens par personne, ce qui parait ridicule face aux 300000 yens par personne pour la suite du dernier étage de la Landmark Tower. En même temps, payer 300000 yens pour une nuit demeure autrement plus ridicule.
Deuxième ville du Japon ou simple banlieue de Tokyo, Yokohama ne ressemble à aucune autre. C’est simple : on a plus l’impression de se trouver dans une ville nouvelle d’Asie du Sud-est, étant données la taille des buildings, la largeur des routes et la propreté omniprésente.
Les membres liquéfiés par la fatigue accumulée à Enoshima, Kamakura et notre longue marche, nous prîmes une pause bien méritée avant d’aller dîner. Plusieurs restaurants bon marché jouxtent la grande roue mais bizarrement tous ferment a 21h00. Les habitants du coin se coucheraient-ils plus tôt que les poules ? La grande roue reste quant à elle allumée jusqu’a minuit, juste pour faire joli.
Malgré notre état physique digne d’un phoque obèse ou d’un céphalopode sur la terre ferme, nous prîmes juste le temps de nous quérir de nourriture à emporter pour ensuite nous affaler sur les fauteuils de notre chambre et nous délecter de ce qui ressemblait fort à la récompense de notre harassante journée : des sandwichs Subway.
Demain : suite et fin.
par Ludo
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En quittant les grottes, nous savions que nous aurions à reprendre en sens inverse le chemin reliant ces dernières à la gare. Cela signifiait donc que nous devions gravir une bonne pente raide, retraverser les fleurs, redescendre vers les boutiques de souvenir et enfin retraverser le pont pour reprendre le train. Les jambes en compote après la première série d’escaliers, nous décidâmes à l’unanimité de faire une pause dans ce splendide petit jardin pour reprendre des forces grâce à une bonne glace.
Quarante minutes plus tard, nous reprenions la ligne Enoden pour nous rendre à Kamakura, ravis de nous asseoir pendant vingt minutes. Entourée d’une nuée de temples, cette ville est surtout réputée pour son Bouddha en pierre, le plus grand du Japon. La statut de l’Eveillé parait certes imposante mais il me semble que l’édifice, socle inclus, de Toganji à Nagoya demeure plus grand (il faudra que j’y retourne).
Complètement épuisés après cette journée, nous nous sommes cantonnés à la visite de ce lieu avant de mettre le cap sur Yokohama où nous avions réservé un hôtel.
A suivre…
par Ludo
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5
La montée jusqu’à l’arbre sacré ayant déjà mis à l’épreuve nos mollets, nous décidâmes de faire une petite halte après avoir visité quelques temples de taille réduite. La chaleur commençait à se faire sentir (mais pas encore sous les aisselles) tout comme le délicieux fumet de ces petites pieuvres grillées au barbecue sur lesquelles je ne tardais pas à craquer. Rassasiés et d’attaque pour la suite de notre excursion, nous reprîmes le pas et traversâmes ce champ de fleurs jaunes. Etant aussi calé en botanique qu’en cuisine, je m’en tiendrai à cette dénomination vague. S’en suivit une descente très longue et abrupte jusqu’aux grottes qui longent le bord de mer. Chaque pas effectué dans les escaliers me faisait redouter un retour laborieux jusqu’au sommet. Les grottes regroupent quelques statues bouddhiques et demeurent inaccessibles sans lumière. Heureusement une petite bougie nous est fournie et s’avère très utile pour déceler les importantes dénivelées dans la hauteur du plafond. Je me souviens avoir marché près de trois minutes plié en deux et de m’être cogné la tête, au moment où je croyais pouvoir remarcher normalement, sur un panneau qui disait ironiquement « attention à la tête ».
A suivre.
par Ludo
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Le premier temple traversé à Enoshima se spécialise dans la bénédiction des espèces sonnantes et trébuchantes. Le dragon, symbole de l’île, purifie de par son eau toutes les pièces que l’on veuille bien y jeter ou nettoyer, comme quoi il est vachement sympa. Dans le cas d’un simple nettoyage, on peut placer l’argent béni dans les troncs du temple, enfin je dis « troncs » mais il s’agit en fait de sorte de boites en bois recouvertes d’une grille assez large pour laisser passer les pièces. Alors que je prenais ces clichés, une dame nettoyait dans une petite corbeille en osier un billet de 5000 et un billet de 10000 yens, une maniaque de la propreté (avec de l’argent sale ?) ou alors une joueuse de pachinko (machine a sous) sans aucun doute. Le petit temple qui suit est dédié aux amoureux. Moyennant 500 yens, on peut écrire sur une petite planche en bois rose (ema 絵馬) et la disposer sur le présentoir devant l’arbre sacré. Elle contient un coeur central et une partie consacrée aux voeux de l’amoureuse et une autre a ceux de l’amoureux. La plupart des écrits affirment la volonté de telle personne de fonder un couple avec une autre absente, ou le souhait de deux amoureux que leur relation dure éternellement. Nous avons même aperçu celui d’une fille exigeant que l’homme de ses rêves rompe avec sa petite amie, sur un ton plutôt agressif.
A partir de l’arbre cité plus haut, on peut apercevoir le pont dont je parlais avant-hier.
A suivre...
par Ludo
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