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Vendredi 8 juin 2007

Après une période extraordinaire en primaire, mes années au collège faisaient pâle figure. Je me retrouvais inexplicablement dans la pire classe de sixième où plus du tiers des garçons fumaient déjà. Le peu d’amis que je m’étais créés n’étaient pas ce que l’on peu qualifier d’élite. Leur attitude rebelle et leur dégoût du système scolaire avait vite fait germer dans mon esprit si pure (si si) le côté obscure de la force. J’en fis les frais lors d’un contrôle d’histoire-géo. Je n’avais absolument pas préparé la chose et étais incapable de répondre aux questions tout comme mon voisin. Ce dernier par contre disposait d’un point de vue privilégié sur son propre voisin de droite qui paraissait tout connaître. Selon le principe du téléphone arabe, je me mis à rédiger en toute confiance. Bilan : mon voisin écopait d’un 3/20 et votre serviteur d’un 2/20. Je décidais par la suite de ne plus jamais tricher et de me mettre au boulot.

 
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En quatrième, l’arrivée de nouveaux professeurs et de nouvelles matières ne contribua guère à me faire aimer le collège. J’héritais de trois nouveaux enseignants : pour l’espagnol et le latin que je venais de démarrer et pour l’histoire-géo. La première, cubaine castriste nous faisaient des éloges de Fidel en nous affirmant que tout le monde l’aimait là-bas et qu’il n’était pas un dictateur. Sa voix assourdissante et le sifflement horrible des « S » n’en finissaient pas de me donner la migraine. La deuxième, la plus terrifiante du lot, fera l’objet d’un prochain article. La troisième enfin, communiste et fière de l’être (décidément), ne m’aimait pas, sans que je puisse trouver une explication. Mes résultats dans sa matière, sans être fantastiques, n’étaient pas mauvais et je ne dérangeais jamais son cours. Lors de l’entretien de passage au lycée, cette mesquine, alors prof principale, fit la moue quand ma mère lui dit « bon, ben il n’y a pas de problème n’est-ce pas ? ». Elle répondit par un « C’est jouable » peu convaincu. Mes résultats généraux excellents, en particulier en français, en math et en langues étrangères lui paraissaient douteux. Ma moyenne en français n’était pas représentative puisque d’après elle le prof m’avait surnoté ! Nous quittâmes la pièce, écoeurés par cette mauvaise foi flagrante.

 

Ces quatre années furent marquées non seulement par le peu de considération d’une partie du corps enseignant vis-à-vis de ma personne mais aussi de la difficulté à trouver des amis proches. Les cours de dessin, d’un ennui épouvantable, étaient redoutés de tous car leur responsable, très sévère notait suivant son humeur, et au-dessus de la moyenne qu’une fois tous les trimestres sans que nous n’ayons droit à une seule explication avant de démarrer une tâche. Un jour, d’un commun accord, toute la classe décida de sécher le maudit cours, motivés par l’annulation des deux heures précédentes. Les fondements du projet reposaient sur l’unité du groupe. Tant qu’une majorité était absente, nous pouvions invoqué naïvement le fait que nous pensions que tous les cours de l’après-midi avaient été supprimés.

 

Tout content de participer à ce plan infaillible, je rentrais chez moi prématurément. Le lendemain, je reçus ma seule et unique heure de colle pour absence injustifiée. J’avais été le seul à sécher !

 

NB : J’étais en sixième lors de la prise de cette photo.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Jeudi 7 juin 2007

Cela faisait très exactement dix ans que je n’avais pas mis les pieds dans le célèbre quartier d’Akihabara, Akiba, pour les intimes, à Tokyo, et je dois dire que cela a pas mal changé. A l’origine spécialisée dans les magasins d’électronique, cette partie de la ville s’est petit à petit muée en paradis de l’otaku. Il suffit de lever les yeux pour tomber sur des boutiques de vêtements de cosplay, c’est-à-dire des panoplies dérivées de héros de manga, dessins animés ou jeux vidéo. Ce look ringard se retrouve d’ailleurs dans les rues où des maids (soubrettes) n’éprouvent aucun ridicule à déambuler de la sorte. Autour d’elles : la gente masculine des neuneus, ainsi qu’une partie des filles bas du front qui se retrouvent dans cet accoutrement et tout un tas de curieux dont nous faisions partie. Bon d’accord, on se demande aussi pourquoi certains sont là : comme ce vieil homme qui faisait des exercices d’assouplissement debout sur la route.

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Les neuneus, appelés Akiba-kei, se reconnaissent très aisément. Ils ont le front huileux, un début de calvitie, un catogan, des lunettes, une chemise à carreaux, un sac à dos et donnent vraiment l’impression de par leur rictus coincé qu’ils profitent d’une permission donnée par leur psychiatre traitant pour faire une cure de niaiserie.

 

Les soubrettes se retrouvent à tous les coins de rue et la plupart d’entre elles distribuent des dépliants vantant des salons de café tenus par des créatures de leur espèce où le client est accueilli comme un époux rentrant du travail par une voix de crécelle émanant d’une servante cucul. Certaines refusent qu’on les prenne en photo. A notre approche, celle en jaune aperçut mon appareil (photo) dont l’obturateur couvrait néanmoins l’objectif et prise de panique se réfugia derrière un pylône alors que je demandais à la deuxième la permission pour prendre un cliché. Elle refusa et nous poursuivîmes notre route pendant que l’autre sortait timidement de sa cachette ! Tout cela n’est-il pas un peu paradoxal ? De toute façon, j’avais au préalable immortalisé la scène de dos (^_^)Y.

 

D’un goût plus douteux encore dont seul le Japon a le secret, nous tombâmes aussi sur des pseudo nonnes.

 

Vous l’aurez compris : Akihabara représente un repère de fous au même titre que Harajuku et Shibuya.

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Mercredi 6 juin 2007

Vous connaissiez déjà notre logement mais j’imagine qu’avec les clichés présentés on ne se rendait pas bien compte de l’échelle. Attention à la tête !

par Ludo publié dans : Ambiances
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Mardi 5 juin 2007

Je l’avais dit : ce sera ma dernière année en tant qu’assistant professeur d’anglais. Décidé à ne plus me laisser enquiquiné par des gosses vulgaires et mal élevés, j’avais démarré l’année sur la défensive et sans me faire trop d’idées. Je n’eus raison que pour l’une de mes cinq écoles dont nous reparlerons à l’occasion. Pour le reste, je fus agréablement surpris de tomber sur une zone académique où les gamins savent en général mieux se tenir. Pour trois établissements, il subsiste bien quelques éléments perturbateurs mais on parvient à ses fins.

 

Les plus doués en arithmétique auront noté qu’il reste une école que je n’ai pas mentionnée. L’école Také (nom fictif) fait figure de paradis de l’enseignant. Située à vingt minutes de vélo d’une gare de campagne isolée, elle se tient au sommet d’une colline au sein d’une forêt de bambou. De taille très réduite (bien que la photo en donne une impression différente), elle accueille à peine plus d’une centaine d’enfants. L’atmosphère y est donc très détendue avec des classes de 17 à 23 ! Les élèves y affichent une forme rare et personne ne dort. Tout le monde fait preuve de beaucoup d’enthousiasme et d’intérêt. C’est aussi la première fois que je puis remarquer l’absence d’ijimé. Comme dans la quasi-totalité des écoles du pays, les enfants vont planter le riz dans une rizière précise chaque année. Ici, ils récoltent en plus le thé puisque l’école en produit.

 

Les professeurs arborent toujours un grand sourire et les rires inondent assez souvent la salle des profs. Cela tranche singulièrement avec ce que j’ai eu l’habitude de vivre jusqu’à lors avec des ambiances d’enterrement quotidiennes et des tronches d’agents comptables de mauvais poil parlant politique et moins expressifs que des couvercles de casseroles (c’est une image, personne ne parle politique au Japon).

 

C’est l’une des rares écoles d’où je ressors satisfait de ma journée et où je considère mon travail comme une chance.

 
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Le mois dernier, en raison d’un vent à décorner les narvals (vachement plus dur à décorner que les bœufs, essayez), on se proposa pour me ramener en voiture à la gare. Il faut dire que la route n’est pas de tout repos avec bien sûr une montée vertigineuse en fin de parcours à l’aller pour accéder à l’établissement mais aussi une pente assez pénible pour franchir un pont (dans les deux sens), auxquels il faut ajouter un vent puissant continu et comme par hasard toujours dans le sens inverse de la course (je n’ai jamais compris pourquoi). Mon conducteur, un instituteur responsable des CE1 me tapa un peu la causette. Je lui demandai combien d’années il avait passées dans ce lieu de rêve et il m’avoua qu’il venait de démarrer. Auparavant il œuvrait dans un endroit, tenez-vous bien, au moins aussi agréable, sinon plus. « Quoi ? Ca existe ? » pensai-je alors. Il travaillait sur une petite île. Les effectifs se chiffraient à moins de dix étudiants, soit un par classe dans certains cas. Pendant le repas, tous se réunissaient dans le bureau du principal ! Lorsque le vent se faisait un peu trop fort, le bateau navette restait au port et cela faisait une journée de congé ! Notre homme ne boude néanmoins pas son plaisir aujourd’hui car il sait bien qu’il fait encore partie des privilégiés.

PS : Un grand merci à Bakemono qui m'a assisté quatre jours durant afin de redonner à Ougl sa forme et ses couleurs !

par Ludo publié dans : Ecoles
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Lundi 4 juin 2007

Après le « L », voici le « M » de :

 

 

 

Marathon

Bon je l’avoue, j’ai toujours ressenti une profonde aversion pour la course d’endurance. A l’aise sur courtes distances, en sprint par exemple, mes jambes d’athlètes exagérément musclées accusaient toujours sérieusement le coup quand on leur demandait de couvrir plus de 200 mètres. Je pense que la raison restait avant tout psychologique. Franchement, quel est donc l’intérêt de courir longtemps ? Courir pour traverser un passage piéton sur le point de passer au rouge, je comprends. Dévaler un escalier au galop et se précipiter dans les toilettes pour assouvir une furieuse envie, je comprends. S’infliger le supplice des jambes molles, du point de côté, des ampoules à chaque orteil et suer comme un lutteur de sumo en train de passer un examen dans un spa, l’a pô compris.

A en croire la grille des programmes de la télévision, les Japonais raffolent de marathon. Mon manque d’objectivité me laisserait même penser que tous les dimanches sont consacrés à la chose.

 
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Je conçois, difficilement, mais je conçois quand même que l’on puisse apprécier de participer à ce type d’événement. Je reconnais que les protagonistes font preuve d’un énorme courage surtout quand ils subissent l’humidité en été. J’éprouve plus de mal à saisir où réside l’intérêt de suivre l’affaire à la télévision mais cela n’engage que moi.

Ca change du baseball et du golf remarquez.

 

PS : Désolé Pascal. Sache que j’apprécie par contre beaucoup le jokari.
NB : Non, ce n'est pas une marathonienne sur la photo mais une jeune fille travaillant dans le temple de Tadotaisha.

A suivre...

par Ludo publié dans : ABC
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