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Lundi 10 septembre 2007

Nos vacances à Okinawa débutèrent le 21 août d’une drôle de manière. Notre avion atterrit à Naha, la plus grande ville de la préfecture avec une bonne heure de retard car « un accident assez grave », dixit notre pilote, avait eu lieu. Un appareil de la compagnie China Airlines en provenance de Taiwan avait rencontré un problème de réacteur à l’atterrissage et tous ses occupants avaient été évacués in extremis via les toboggans gonflables. Les derniers quittaient encore le cockpit alors qu’une grosse explosion se produisait. Heureusement on ne déplorerait aucune victime.

 
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A notre arrivée, nous pûmes voir la carcasse encore fumante du Boeing arrosée abondamment par des camions de pompiers. Deux jours plus tard, alors que nous reprîmes l’avion pour l’archipel de Yaeyama, nous passâmes juste à côté de l’épave et nous pûmes nous rendre mieux compte de l’ampleur de l’affaire en voyant les deux côtés de l’engin. Six jours plus tard, lors de notre retour à Nagoya, la tôle calcinée accueillait encore les voyageurs de passage à Naha.

 

A suivre

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Vendredi 7 septembre 2007

Ce véhicule essayé par Naoko, Howard et moi-même au musée du robot de Nagoya est génial. Quelques minutes d’adaptation restent néanmoins nécessaires.

 
 

Et puis après on peut frimer. Sachez qu’il vous en coûtera près de 7000 euros en Europe.

par Howard & Ludo publié dans : Ambiances
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Jeudi 6 septembre 2007

Mes premiers jours en quatrième démarraient dans l’angoisse. Mon nouveau professeur de mathématiques, Madame Rosemary (nom fictif), était parvenue à faire planer un sentiment de frayeur continu sur toute personne qui se trouvait dans son périmètre. Enceinte, mais déjà d’un certain âge, elle ne tolérait pas qu’une mouche vole et sanctionnait le moindre bruit d’excès de voix terrifiants. Continuellement de mauvaise humeur, elle semblait détester sa profession au plus au point ainsi que les enfants. Le pauvre môme qu’elle attendait allait en baver, c’était une certitude. Nous ne subîmes ses foudres que pendant quelques semaines puisqu’elle s’absenta par la suite pour congé maternité. Lorsqu’elle arrivait dans le couloir et qu’elle voyait un cartable posé du mauvais côté, elle donnait un grand coup de pied dedans et si quelqu’un avait le malheur de la saluer, elle répondait « J’aime pas qu’on me dise bonjour ». Elle fut remplacée par un être humain et nous respirâmes un grand coup.

Hélas, en parallèle, je suivais mes premiers cours de latin avec une prof de légende, Mademoiselle O. Au bord de l’âge de la retraite, elle ne payait à première vue pas de mine avec des cheveux blancs bouclés, une petite taille, une silhouette peu impressionnante et des lunettes. On lui aurait laissé sa place volontiers dans le bus.

 
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Et pourtant, je ne connus jamais pire tyran. Nous suivions scrupuleusement le livre de texte et elle nous distribuait souvent des textes à traduire, thèmes ou versions. Les contrôles étaient fréquents et leur évaluation sans concession. Elle classait les erreurs en deux types : contresens et faux sens. Je n’ai plus à l’esprit le barème des points mais il me semble que les premiers étaient sanctionnés de deux points et les deuxièmes de trois points. Au bout de cinq petites erreurs, les notes tombaient donc immanquablement sous la moyenne et les plus mauvaises copies recevaient ainsi des points négatifs !

Mais là où Mademoiselle M. prenait vraiment du plaisir, c’était dans les interrogatoires interrogations orales qui avaient lieu au début de chaque cours. Nul ne pouvait prédire quand son tour allait survenir puisque tout se jouait selon l’humeur du bourreau. Lorsqu’elle annonçait le nom de celui qui allait passer dans ses griffes, nous pouvions tous entendre son écho se répéter imaginairement dans nos oreilles :

-         Monsieur Martin ! (… artin… rtin… tin… tin…) Que veut dire « non tantum sed etiam »?

-         Euh…

-         Vous n’avez pas revu votre leçon ?

-         Si mais…

-         Alors que veut dire « non tantum sed etiam » ?

-         Euh… « Pas seulement »…

-        

-         « Mais encore ».

-         A la bonne heure !

Martin s’en était sorti mais pas suffisamment bien. On lui avait dit « à la bonne heure ». Il allait donc recevoir une note moyenne pour avoir hésité et notre tourment allait se poursuivre jusqu’à ce que la Bête soit rassasiée.

-         Monsieur Dupont ! (…upont… pont… pont) Conjuguez moi le verbe capere au présent.

-         Capo, capes, …

-         Pardon ?

-         Capo…

-         Retournez à votre place ! Zéro.

Aïe. Nous savions tous à ce moment que nous allions passer à l’abattoir puisque la vieille dame s’était muée en un requin pris d’une frénésie meurtrière après avoir senti l’odeur de la peur.

-         Monsieur Ludo (NDLudo : non, ce n’est pas mon nom de famille). (udo… do… do…). Venez au tableau… Conjuguez moi le verbe capere au présent.

Pourquoi, mais pourquoi donc, dans les moments de tension les plus intenses, fallait-il que cela tombe sur moi ? Je m’avançai alors tout penaud vers son bureau, déjà conscient de mon sort. N’allez pas croire que je n’avais rien préparé (bon ça a dû arriver deux ou trois fois). La pression était telle que nous cherchions à tout prix à éviter la moindre bévue, jusqu’à douter de nos propres révisions. Plus les échecs se suivaient et plus le seuil de tolérance de notre tortionnaire diminuait.

-         Capeo ?

-         Zéro !

Et elle pouvait continuer comme ça et humilier d’une tête de toto une dizaine d’élèves d’affilée.

Personne n’y échappait. Son esprit machiavélique avait en outre établi que chaque semaine, nous devions changer de place en passant au rang de derrière. Au deuxième cours, ceux qui avaient obtenu les places au fond s’étaient réjouis un peu trop vite puisqu’ils avaient été continuellement sollicités durant le cours : interro orale, questions inopinées et commentaires désobligeant pour clore le tout. Il apparut par la suite que la meilleure place restait celle du premier rang, à condition de garder un profil bas et de prier pour que ses camarades qui passaient à l’oral s’en sortent bien et ne déclenchent pas une vague de zéro frappant à l’aveugle.

Curieusement les moyennes apparaissant sur les bulletins de fin de trimestre demeuraient beaucoup plus élevées que prévues. Il faut aussi admettre que j’avais acquis à l’instar de mes camarades de collège et contre toute vraisemblance un niveau très élevé en latin une fois au lycée puisque les autres ne cessaient de m’appeler à l’aide pendant les contrôles de version, attendant avec impatience que je daigne leur griffonner un bout de phrase traduite. J’abandonnai finalement cette langue morte en début de terminal. Aujourd’hui, malheureusement, j’ai tout oublié.

Que penser des méthodes de Mademoiselle O ? Après tant de stress, d’injustices et parfois de termes humiliant ou choquant, j’avoue n’avoir jamais autant haï un enseignant. Et pourtant, elle était parvenue à faire de nous de bons latinistes.

NB : A l’époque de la photo, je n’éprouvais apparemment aucune crainte pour aller au tableau.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Mercredi 5 septembre 2007
On trouve deux warpzones à Nagoya, l’une sous la gare centrale, l’autre à Sakae. Ces galeries souterraines tentaculaires s’étendent sur plusieurs kilomètres et la foule qui la peuple ne facilite pas l’orientation des nouveaux venus.

par Howard & Ludo publié dans : Ambiances
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Mardi 4 septembre 2007

Certains stéréotypes ont la vie dure, d’autres sont vrais : les Japonais sont souvent tatillons.

Toutes les écoles du monde ont au moins utilisé une fois dans leur histoire des schémas illustrant la parfaite posture assise d’un élève. Celui-ci, comme paralysé par un manche à balai profondément planté dans son anatomie fait souvent figure de gros fayot (ce n’est pas moi qui le dit, c’est Gotlib). La touche japonaise diffère des autres par l’ajout de données on ne peut plus capitales comme l’angle que doivent adopter telle ou telle partie du corps (90 degrés pour les avant-bras avec le reste du tronc, et entre 10 et 20% pour l’inclinaison de la tête). Dans la pratique, aucun gamin ne se tient de la sorte. On en voit placés en tailleur, ou une jambe à l’équerre tandis que l’autre est posée sur le casier situé sous le bureau, ou les deux pieds sur la chaise avec les genoux près du visage, ou encore la moitié du corps affalée sur la table.

 
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Notez le sérieux de ces instructions, sans doute anciennes puisque l’on ne décèle aucun message kawaiiste.

par Ludo publié dans : Ecoles
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