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Parti seul pour une balade en pleine nature qui devait durer deux heures il était prévu que je traverse l’île d’Ishigaki d’Est en Ouest (dans sa plus petite largeur, certes). Grimpette sur un sommet culminant de l’île, puis descente de l’autre coté, pour me faire bourgeoisement récupérer sur un bord de
route par l’entité plurielle Ludo-Naoko (Aparté : je ne peux plus raconter une blague grivoise à l’un sans que l’autre en soit au courant dans la minute. Et
moi : « Eeeh, mais non, fallait pas l’traduiiire ! »)
Avouons-le tout de suite : les trois premiers quarts d’heure furent un peu pauvres en aventures et en contact avec la nature sauvage. Une
longue route en pente, impeccablement entretenue qui traversait l’île en faisant des lacets, au milieu d’une forêt, qui, de la route, semblait tout aussi bien
entretenue. A part une belle vue sur le Nord de l’île et sur la canopée luxuriante, et un joli crabe de terre dans
un caniveau, peu de choses intéressantes à se mettre sous la dent. Ah, si : un panneau :
« Attention aux oiseaux ! ».
Près d’un col, un petit chemin discret et très mal indiqué partait sur la droite : il s’agissait à vue de nez bien du chemin indiqué dans
la brochure. Et là, commençait l’entrée dans ce qui était la jungle tropicale de l’île. Le chemin, après quelques mètres à peine, devint cahoteux, glissant, et mal balisé pour le reste de la
balade. Un peu ce que je cherchais, après avoir connu l’organisation parfois un peu carrée de toute activité touristique dans ce pays.
Je tombai alors sur un très beau lézard, d’un type bien
différent des lézards à queue bleue très répandus par ailleurs sur toutes les îles. Puis sur une multitude d’espèces de
ténias oranges et gluant, qui parsemaient le chemin (et feront l’objet, je crois, d’un autre article pour eux tout seuls), que je n’ai, à ce jour, pas encore identifiés.
Divers insectes aux couleurs chatoyantes traînaient évidemment un peu partout. En particulier, ces espèces de punaises, d’une couleur vert métallisé, et aux pattes rouge vif. De temps en temps,
j’entendais des « plocs » de ci de là, indiquant que de gros scarabées feignants se laissaient tomber des arbres, mais heureusement, je n’ai rien reçu dans le cou (je précise que j’aime
bien VOIR les insectes, mais j’ai la phobie de leur contact).
Et à ce sujet, le clou de la promenade reste cette exceptionnelle araignée (et aussi là), d’une
taille jusque-là inédite pour moi. Cette autre vue avec une pièce de cent yens en avant, donne une meilleure
idée de la taille de la bête. L’émotion fut d’autant plus forte qu’elle avait tissé sa toile en travers du chemin, qu’elle se situait à hauteur d’homme, et que je m’aperçus de sa présence 20
centimètres avant de la percuter de plein fouet. J’ai mis quelques secondes avant de reprendre mes esprits (NDLudo : il fut encore sous le choc les jours qui
suivirent)....
Je ne trouvai jamais le sommet de l’île : une bifurcation ratée quelque part, et j’étais déjà en route sur l’autre versant, sans vraiment
me rendre compte où j’étais. Le retour à la civilisation fut aussi brusque que le départ : au détour d’un virage, sans aucune orée annonciatrice, je retombai sur une route de campagne, de
laquelle je pus me rendre compte, a posteriori du chemin parcouru.
J’avoue, vu les conditions, je crois que je n’aurais pas pu tenir beaucoup plus longtemps.
C’est quand même curieux, le Japon : les endroits civilisés y sont organisés à l’excès, mais a contrario, la nature, la vraie, avec
lequel le contact semble par ailleurs en permanence découragé, me parait plus sauvage même qu’en France...
A suivre…
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