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Mardi 17 juillet 2007

Voir les épisodes précédents.

 

9h43

Premier cours de la journée. Pas de chance, je démarre avec les deuxièmes années (CE1). Cette année j’enseigne aussi aux classes en dessous du CE2, chose que je n’avais jamais faite auparavant. Si les premières années ont gardé un semblant de naïveté et d’innocence qui les rend réellement craquants, j’estime que les deuxièmes années s’apparentent autant à l’être humain qu’un pigeon à un pneu. Il serait en fait plus juste de les ranger parmi les bêtes. En général quand vous débarquez dans la salle de classe, la moitié des effectifs manque, pendant que l’autre se rue vers vous pour vous tripoter partout. Je dis bien « partout ». Alors que j’évite les nombreux kancho que l’on veut m’infliger (je suis devenu un expert), d’autres me caressent les bras en hurlant la bave aux lèvres : « Super ! Des poils ! ». Après cinquante remontrances où le ton monte de plus en plus, les monstres ont gagné : je pousse une gueulante dont l’efficacité s’avère réelle puisqu’ils s’arrêtent bien pendant trois secondes. La cloche sonne et il reste toujours une dizaine de gamins absents, sans compter la prof que « j’assiste ». Je somme les derniers obsédés pilophiles de s’asseoir afin que nous puissions procéder aux salutations. Je profite du semblant de silence occasionné par cet exercice pour démarrer le cours. D’autres rejoignent enfin la pièce. Sitôt le premier mot prononcé, une dizaine de marmots se met à discuter. C’est sûr, je vais encore en baver aujourd’hui… La prof daigne enfin me gratifier de sa présence, ce qui remet un peu d’ordre pendant cinq secondes.

 
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10h30

La cloche met fin à cet enfer. Une fois de plus j’ai passé une demi-heure à gueuler pour rien et un quart d’heure à tenter de donner des explications et faire des jeux. Un jeu prévu pour les quinze dernières minutes ne put durer que trois. N’allez pas croire que je n’étais pas épaulé. Ma collègue japonaise plus exténuée encore, n’arrêtait pas de se rendre à droite et à gauche pour faire taire les fautifs. Je n’ai la plupart du temps pas trop à me plaindre des autres classes même si cela dépend des établissements (un en particulier me donne du fil à retordre à tous les niveaux) mais il arrive très fréquemment que j’en sue avec ces maudits CE1 et ces maudits CM1. Quoi qu’il en soit, le reste de la matinée s’annonce plus calme avec deux autres cours. En attendant, je savoure mes vingt minutes de pause après un passage aux toilettes. J’ai pris l’habitude de me laver les mains après chaque cours. Non seulement je n’ose imaginer où certains morveux (littéralement j’entends) ont mis leur main, mais avec l’expérience, j’ai remarqué qu’en passant par ce petit cérémonial, je tombais beaucoup moins malade ! Les écoles, sans nul doute possible, représentent de véritables nids à virus avec de nombreux enfants peu regardant avec l’hygiène qui ne se lavent pas les mains et/ou toussent la bouche non couverte sans prévenir.

Ensuite, j’ai toujours détesté avoir les mains rêches après avoir touché des craies.

 

10h50

Le deuxième cours se déroule sans embûche.

 

11h45

Début du troisième cours.

 

A suivre

par Ludo publié dans : Ecoles
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Mardi 10 juillet 2007

La série 24h rempile pour sa troisième saison.

 

6h04

Nouvelle zone académique oblige, je dois désormais me lever beaucoup plus tôt si je souhaite arriver à l’heure à l’une de mes cinq écoles éloignées de toute civilisation. Comme toujours je dois faire en sorte d’arriver avant 8h30 mais le peu de trains disponibles pour cette zone m’oblige à débarquer une demi-heure plus tôt.

Deux d’entre elles m’autorisent cependant à les rejoindre plus tard, avant le début de la deuxième heure généralement fixé vers 9h40 mais, encore une fois, le peu de trains ne me laisse pas beaucoup de liberté puisque je n’atteins ma destination qu’à 9h. Au final je ne bénéficie que de 30 minutes supplémentaires de sommeil deux fois par semaine…

 

6h47

Je quitte notre domicile en direction de la gare. Le souterrain de la Lucent Tower que j’empruntais avec beaucoup de plaisir en raison du temps précieux qu’il me faisait gagner n’est pas encore ouvert et je dois comme au bon vieux temps utiliser le chemin à l’air libre.

 

7h00

Je fais la queue devant le train. A ma gauche, une autre file de personnes visant la même rame s’est formée. Très curieux quand on pense que sur l’autre quai, et malgré les panneaux qui invitent les gens à le faire, tous se tiennent bêtement sur une file unique. A croire que le QI diffère d’un quai à l’autre…

Tout va bien aujourd’hui, mon collègue G. n’est pas là. Ce Britannique très sympa au demeurant me tient la causette sans interruption pendant une bonne partie du trajet : 40 minutes en moyenne. Je lui dirais bien que je ne me ferai jamais à ces nouveaux horaires, que le zombie autiste que je suis au réveil n’a guère envie de socialiser mais il le prendrait mal. G. fait preuve d’une certaine susceptibilité si l’on en croit ses dires. Il se plaint sans arrêt de ses écoles sans que je lui aie demandé quoi que ce soit :

-         Je suis allé voir le principal parce que plusieurs élèves m’appelaient poil de nez.

-         Ah ?

-         Du coup je me les suis coupés. Comme ça ils ne me diront rien.

-         Ah ?

Notez à quel point je m’intéresse à la conversation. Dans le cas des poils de nez, il faut dire que notre homme les avait sacrément longs. Je l’avais aperçu pour la première fois il y a quelques années et la première chose qui m’avait frappé restait sa pilosité nasale. Imaginez une crête de hyène dans un dé à coudre. Cette année donc, dès que nous fîmes connaissance, je ne pouvais m’empêcher de regarder ces buissons touffus.

Bref, alors que je n’aspire qu’à m’assoupir, son moulin à paroles ne cesse jamais. Aujourd’hui donc, je suis seul et, cerise sur le gâteau, j’ai déniché une place assise !

 

7h40

C’est l’heure du changement de train. Je dois sortir le plus vite possible en évitant ces abrutis de lycéens et lycéennes qui bloquent les portes à l’intérieur comme à l’extérieur, descendre les escaliers en slalomant entre d’autres abrutis de lycéens et lycéennes qui arrivent en sens inverse, courir sur cinquante mètres en contournant des sots de lycéens et lycéennes qui sortent de la gare, gravir au galop un autre escalier en me frayant un chemin entre des crétins de lycéens et lycéennes qui vont dans la même direction, me rendre au bout du quai en valsant entre des imbéciles de lycéens et lycéennes puis m’insérer dans un wagon déjà bondé de crevures de lycéens et lycéennes, le tout en moins de deux minutes. Non, les lycéens et lycéennes ne me mettent pas de bonne humeur. Sitôt en voiture, le train part. Trois ou quatre arrêts plus tard, il se vide enfin et je peux voir un autre de mes collègues, I., encore un Britannique. Nous nous connaissons de longue date et partageons un goût prononcé pour les matins calmes.

 
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8h00

Je descends du train et me dirige vers le parking deux roues où m’attend le vélo prêté par l’école. Aujourd’hui, je me rends à celle qui se trouve en bord de mer.

 

8h15

Près d’une heure et demi après le départ de la maison, j’arrive enfin à bon port (port/mer=humour). Pour certains établissements je mets jusqu’à 1h40. Dès mon entrée dans la salle des professeurs, la réunion matinale démarre. Ces minutes inutiles m’ont toujours exaspéré mais je crois que cela a atteint un summum cette année. La sous-directrice mène le bal et n’omet aucun détail. On y parle de tout : problèmes avec certains élèves, pertes d’objets, directives du rectorat, préparation à l’événement bidule. Jusque là rien d’extraordinaire me direz-vous. Puis elle place une ou deux anecdotes, suivie du principal et du responsable des professeurs. Tout se déroule cependant dans une ambiance bon enfant. Viens ensuite le discours... Tous les jours, un prof différent doit parler pendant quelques minutes. A ce moment la tension monte d’un coup car la victime est choisie dans la seconde. Pour clore ce meeting, j’entre en scène. Je dois chaque semaine apprendre une phrase en anglais à mes collègues après l’avoir écrite sur un tableau blanc. Cette « leçon » ne dure pas plus de deux minutes mais je m’en passerais bien.

Alors que ce type de réunion se trouve expédiée en cinq, voire dix minutes ailleurs, ici elle dure près de vingt minutes !

 

8h35

Je peux enfin préparer mes cours de la journée.

 

8h50

Il me reste approximativement une heure avant la première classe que je mets à profit en prenant soin d’Ougl puisque dans toutes mes écoles je bénéficie d’un accès internet à mon bureau. Je n’apporte mon PC portable que les mardis et mercredis (parfois les jeudis aussi).

A suivre

par Ludo publié dans : Ecoles
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Mardi 5 juin 2007

Je l’avais dit : ce sera ma dernière année en tant qu’assistant professeur d’anglais. Décidé à ne plus me laisser enquiquiné par des gosses vulgaires et mal élevés, j’avais démarré l’année sur la défensive et sans me faire trop d’idées. Je n’eus raison que pour l’une de mes cinq écoles dont nous reparlerons à l’occasion. Pour le reste, je fus agréablement surpris de tomber sur une zone académique où les gamins savent en général mieux se tenir. Pour trois établissements, il subsiste bien quelques éléments perturbateurs mais on parvient à ses fins.

 

Les plus doués en arithmétique auront noté qu’il reste une école que je n’ai pas mentionnée. L’école Také (nom fictif) fait figure de paradis de l’enseignant. Située à vingt minutes de vélo d’une gare de campagne isolée, elle se tient au sommet d’une colline au sein d’une forêt de bambou. De taille très réduite (bien que la photo en donne une impression différente), elle accueille à peine plus d’une centaine d’enfants. L’atmosphère y est donc très détendue avec des classes de 17 à 23 ! Les élèves y affichent une forme rare et personne ne dort. Tout le monde fait preuve de beaucoup d’enthousiasme et d’intérêt. C’est aussi la première fois que je puis remarquer l’absence d’ijimé. Comme dans la quasi-totalité des écoles du pays, les enfants vont planter le riz dans une rizière précise chaque année. Ici, ils récoltent en plus le thé puisque l’école en produit.

 

Les professeurs arborent toujours un grand sourire et les rires inondent assez souvent la salle des profs. Cela tranche singulièrement avec ce que j’ai eu l’habitude de vivre jusqu’à lors avec des ambiances d’enterrement quotidiennes et des tronches d’agents comptables de mauvais poil parlant politique et moins expressifs que des couvercles de casseroles (c’est une image, personne ne parle politique au Japon).

 

C’est l’une des rares écoles d’où je ressors satisfait de ma journée et où je considère mon travail comme une chance.

 
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Le mois dernier, en raison d’un vent à décorner les narvals (vachement plus dur à décorner que les bœufs, essayez), on se proposa pour me ramener en voiture à la gare. Il faut dire que la route n’est pas de tout repos avec bien sûr une montée vertigineuse en fin de parcours à l’aller pour accéder à l’établissement mais aussi une pente assez pénible pour franchir un pont (dans les deux sens), auxquels il faut ajouter un vent puissant continu et comme par hasard toujours dans le sens inverse de la course (je n’ai jamais compris pourquoi). Mon conducteur, un instituteur responsable des CE1 me tapa un peu la causette. Je lui demandai combien d’années il avait passées dans ce lieu de rêve et il m’avoua qu’il venait de démarrer. Auparavant il œuvrait dans un endroit, tenez-vous bien, au moins aussi agréable, sinon plus. « Quoi ? Ca existe ? » pensai-je alors. Il travaillait sur une petite île. Les effectifs se chiffraient à moins de dix étudiants, soit un par classe dans certains cas. Pendant le repas, tous se réunissaient dans le bureau du principal ! Lorsque le vent se faisait un peu trop fort, le bateau navette restait au port et cela faisait une journée de congé ! Notre homme ne boude néanmoins pas son plaisir aujourd’hui car il sait bien qu’il fait encore partie des privilégiés.

PS : Un grand merci à Bakemono qui m'a assisté quatre jours durant afin de redonner à Ougl sa forme et ses couleurs !

par Ludo publié dans : Ecoles
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Lundi 30 avril 2007

Les murs de la salle utilisée pour les cours de cuisine sont toujours tapissés d’une flopée de posters aux conseils fort utiles. L’accent est mis sur la concentration : on doit regarder ce que l’on fait. Un petit clic sur l’image !

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Admirez l’air béat de la jeune cuisinière imprudente alors que son camarade panique. Je ne crois pas que l’on puisse retranscrire de meilleure manière la distraction dont font preuve les enfants en bas âge.

par Ludo publié dans : Ecoles
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Mercredi 18 avril 2007

Je viens de démarrer ce lundi une nouvelle année scolaire, sans doute la dernière en tant qu’ALT. Cela fait désormais cinq ans et demi que j’effectue ce boulot et je dois dire que cette année fut l’une des pires. Je ne reviendrais pas sur les élèves, la pire cuvée de primaires depuis mes débuts.

Ce cru 2006-2007 s’avéra dès le début infect quand le rectorat nous imposa un programme de cours complètement aberrant. Différents professeurs, curieusement tous japonais, avait été chargés au préalable de plancher sur une année en particulier (CE2, CM1, CM2 ou 6ème). En parallèle d’autres enseignants avaient préparé les imprimés destinés aux élèves et visiblement les deux parties ne s’étaient pas entendus sur la formule à adopter au final. Par exemple, si le programme stipulait une réponse par « No, it isn’t », les copies disaient « No, it is not ». Cela n’a l’air de rien comme ça mais c’est le détail qui change tout. Lors du premier cours sur ce problème, je dus lutter pour que mes brebis retiennent la première formule mais j’ignorais alors que pour un élève japonais de primaire, à fortiori dans une classe difficile, c’était mission impossible.

Là où le programme demeurait le plus inintéressant, c’était pour les CM2. Chacun de mes cours étaient répétés par l’instituteur la semaine suivante alors que je me trouvais dans une autre école. Donc un même sujet était expliqué deux fois. Pour les CM2, c’était vraiment rébarbatif. Prenons par exemple les parties du corps. Outre le vocabulaire à retenir, il y avait aussi la phrase « What is this ? » et sa réponse étrange « It’s a finger ». A moins d’en trouver un derrière une porte, je ne vois pas à quoi peu servir la chose. Après le cours de révision avec l’instit’, on en remettait une couche une troisième fois mais cette fois-ci avec « Is this a finger ? » et « Yes, it is/ No, it’s not », le tout ressassé une quatrième fois en mon absence… Ce manège fut appliqué de même pour les couleurs, les sports etc. jusqu’à la fin de l’année !

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Toutefois, la chose qui me fit pousser le plus de cris fut l’intégration systématique de chansons, pour TOUS les cours. Les chansons, à la base, je n’ai rien contre. Il n’y a d’ailleurs pas meilleur moyen pour apprendre l’alphabet. En revanche, perdre dix minutes d’un temps déjà compté à cet exercice me parait ridicule, surtout pour des gamins qui ne savent pas encore s’exprimer en anglais autrement que par des mots. La plupart des chansons choisies nécessitaient un niveau que j’estimais déjà élevé pour des collégiens, alors pour des primaires… Le vocabulaire n’y était pas évident et le rythme beaucoup trop rapide. Les chansons possèdent à mon sens un effet néfaste : elles vous font disparaître pour le reste de l’heure la concentration de la totalité des gamins. Une fois la musique en route, la classe se divise en deux groupes : une majorité regarde dans le vide en attendant que ça se passe et le reste se met à gesticuler et à brailler des mots avec une ressemblance de 5% avec les paroles. Une fois la musique arrêtée, il devient impossible de reprendre le contrôle à moins de pousser une gueulante. J’entends déjà certains lecteurs me dire que d’apprendre par la musique ce qu’ils viennent d’entendre de la bouche de leur professeur ne peut pas vraiment leur faire de mal. Le problème c’est que dans 80% des cas, les chansons de la journée n’avaient absolument aucun rapport avec la leçon ! Du coup, à l’exception d’une ou deux classes parmi mes 41 de l’année dernière (où les enseignants insistaient lourdement), je faisais l’impasse sur ces bêtises. Je dois dire que cela ne fut pas du goût de tous. Qu’est-ce qu’on a pu me pourrir la vie avec ces satanées chansons ! A mes débuts, je manquais clairement d’expérience et accueillais à bras ouverts tous les conseils que les collègues pouvaient me donner. Un an plus tard, tous encensaient mon travail (si si) et jamais on ne me fit une seule remarque sur mon travail. Or cette année, le tiers d’entre eux se plaignaient en plein milieu d’une cession car il remettait en cause continuellement mes méthodes pourtant éprouvées ailleurs (je vous renvoie à cet article).

Mon employeur perdit le contrat qui le liait avec ce rectorat à la fin du mois dernier. Une entreprise concurrente fut choisie car son offre demeurait plus intéressante financièrement. Tous mes collègues étrangers travaillant pour cette zone furent donc priés d’aller voir ailleurs alors qu’une proposition scandaleuse fut faite à certains : on a peut-être un boulot pour vous mais cela implique une baisse de salaire. Je refusai la première fois quand on me demanda si j’acceptais pour 76000 yens de moins. Deux semaines plus tard, n’ayant rien de tangible entre les mains, je disais oui à une deuxième offre à 50000 yens de moins.

Bref depuis lundi, j’ai changé de zone académique. J’officie toujours dans le primaire mais ce sera ma dernière année en tant que prof d’anglais. Je vous promets un article dans quelques mois à ce sujet.

Critiqué par les instituteurs, usé par les mômes turbulents et poignardé dans le dos par ma propre boîte, je garde donc un goût plus qu’amer de cette année scolaire. Une seule chose me réchauffe encore le cœur, les paroles d’une élève de CM2. Elle m’avoua qu’elle aimerait bien refaire le « même jeu » (un baccalauréat, la seule activité qui ne figurait pas au programme) la semaine prochaine parce qu’il était très amusant. Elle ignorait qu’il n’y avait plus d’autre cours. Elle me dit alors « bon ben l’année prochaine alors ». Je lui répondis que les chances pour que je revienne dans la même école étaient minces (sachant pertinemment que tout était perdu). Elle fit alors la moue en disant « je ne veux pas d’un autre prof. Parmi tous ceux que j’ai eus, vous êtes le meilleur. Les autres, ils se contentent de balancer du vocabulaire et ne sont pas drôles ». Les larmes à l’œil, je lui dis merci.

par Ludo publié dans : Ecoles
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