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Oui d'accord, c'est écrit tout petit mais ce n'est pas une raison pour l'ignorer. Tout commentaire lié à ces critères, au rap, à Michel Drucker et à la défense des pigeons ne sera pas publié.
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Mercredi 21 février 2007

Après le « G » de gara, voici le « H » de :

 

Haken no hinkaku ハケンの品格

 

Début janvier 2007, Naoko et moi-même sommes tombés par hasard sur un nouveau feuilleton télévisé (un drama comme on dit ici) baptisé Haken no hinkaku ハケンの品格. Avec pour héroïne la belle Shinohara Ryôko, cette série dépeint les aventures d’employées intérimaires dans une entreprise. L’une, débutante manquant d’expérience, accumule gaffes sur gaffes et peine à s’acclimater avec ses collègues qui ne lui font guère de cadeaux, alors que la seconde, ultra-qualifiée, s’avère plus performante et efficace que les salariés de l’entreprise. Cette dernière, payée 3000 yens de l’heure, expédie en deux temps trois mouvements toute tâche qu’on lui donne : elle tape à une vitesse ahurissante sur son clavier, s’y connaît en informatique, sait découper dans les règles de l’art un thon entier, parle couramment russe, sait conduire une pelleteuse etc.

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On pourrait facilement qualifier la chose de caricature, mais là où la série prend tout son intérêt, c’est dans l’attitude de ses personnages. Les deux intérimaires font l’objet d’une sorte de discrimination au sein de la société du fait de leur statut. La débutante se fait plutôt exploiter, alors que l’autre, avec un sens de la répartie aiguisé et un regard tueur, ne se laisse pas faire. Mieux : elle arrive juste avant neuf heures le matin, quitte son bureau à midi pile pour la pause déjeuner et rentre chez elle à 18h pétantes. Dans un pays comme le Japon, un tel comportement reste mal vu même si les intérimaires n’ont aucune raison de rester plus longtemps. Les salariés normaux effectuent quotidiennement des heures supplémentaires (souvent non-rémunérées). Cela est dû parfois à la quantité de travail mais aussi à une question de rythme. Dans les écoles, on demande fréquemment aux profs à temps partiel d’aider un peu en restant un peu plus, même si cela ne leur rapporte rien et qu’ils n’ont pourtant rien à faire dans l’après-midi. Naoko vit ça tous les jours.

Pour ce qui est de la discrimination entre travailleurs à temps plein et les autres, j’ignore si cela se produit comme le feuilleton veut nous le laisser penser. J’en doute.

Quel message veut-on donc nous faire entendre ? Parmi les sponsors, on retrouve deux agences d’intérim. L’orientation de la série montre qu’on peut être bien payé en travaillant ainsi, être polyvalent et ne pas craindre le chômage à condition de persévérer. La novice, d’abord tentée d’abandonner sa mission en cours pour un poste mieux payé, renonce et reste finalement là où elle avait commencé, pour sa propre expérience. On chercherait à appâter des employés potentiels en les faisant rêver avec des horaires humains et l’absence de pression de la hiérarchie que l’on ne pourrait pas mieux s’y prendre.

Si cette pure propagande commerciale pouvait avoir un effet sur le monde du travail nippon, j’en serais ravi.

A suivre...

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 22 janvier 2007

Après le « F » de futon, voici le « G » de :

 

Gara

 

Ce mot, souvent utilisé en suffixe et signifiant « motif » demeure de nos jours indissociable du kitch le plus sauvage. Depuis quelques années, cette mode a frappé l’archipel et depuis nous avons sombré un peu plus dans le chaos vestimentaire.

Beaucoup de jeunes, généralement des étudiantes en fac, mais aussi des femmes âgées (obasan) ont succombé à ce style. Il n’est donc pas rare de trouver du gara sur des sacs à main, des vestes, des chaussures, des sous-vêtements, des porte-monnaie et des peluches. Examinons donc ces différents gara.

 

Hebigara 蛇柄: l’imitation « peau de serpent » a généralement la préférence des hommes (comprendre « beaufs »).

Ushigara 牛柄 : La simili peau de vache se voit sur les sacs et les chaussures. Elle a généralement du succès chez les moins de 20 ans.

Shimaumagara シマウマ柄 : Reprenant les mêmes teintes que ushigara, la peau de zèbre s’avère nettement plus populaire chez toutes les jeunes filles.

Hyôgara ヒョウ柄 : La plus plébiscitée par toutes les tranches d’âge et aussi celle que l’on voit sur tout ! Oui on trouve des slips léopard dans toutes les lingeries. Hyôgara rime d’ailleurs souvent avec nagoyamaki.

Pinkpanthergara ピンクパンサー柄 : Il s’agit de hyôgara mais sur un fond rose. Prêt à sauter sur le moindre filon de mauvais goût, la société responsable de la souris en short a mis en vente des peluches des personnages crétins de son univers, bariolés de ces immondes motifs. Vous vouliez des personnages plus laids encore ? C’est gagné !


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PS : Cette photo prise hier soir lors de l'émission comique Warai no kin medaru 笑いの金メダル où deux équipes s'affrontent en utilisant des comédiens dont la mission consiste à récupérer le maximum de balles de ping-pong récupérées après que l'un des spectateurs ait pouffé de rire une fois. Ces balles sont ensuite transformées en points. Le public est changé après chaque joute. Ici c'était le tour d'un panel représentatif d'obasan d'Osaka. Comme vous pouvez le remarquer, tous les motifs de panthère sont représentés.

A suivre

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 15 janvier 2007

Aujourd'hui, un article pas drôle.

Après le « E » d’enka, voici le « F » de :

 

Futon

 

L’essayer, c’est l’adopter. Moi, qui des années durant dormais dans un lit double en diagonal du fait de ma taille, je m’adaptai sans problème dès le premier contact lors de mon premier jour au Japon en 1995. Le matelas, quoique plus petit, ne m’empêchait en rien de trouver le sommeil. Si vos pieds dépassent du lit en temps normal et que le fait qu’ils se retrouvent en plein vide vous provoque quelque inconfort, tout s’arrange dans le cas du futon puisque vos pieds trouvent si je puis dire une assise sur le tatami quelques centimètres plus bas. Plusieurs jours d’entraînement s’avèrent par contre nécessaires aux dormeurs sur le ventre qui habitués à un angle de 90 degrés entre leurs jambes et leur pieds sont contraints à un dépliement de 160 degrés au moins. Cela peut faire mal au début.

Autre avantage : en l’absence de drap, la préparation du futon et son rangement s’effectuent en deux temps trois mouvements.

Ce que l’on appelle communément futon se divisent le plus souvent en deux parties :

-      Shikibuton 敷布団 : qui se place en dessous comme un matelas. On peut en mettre deux pour accroître le confort.

-         Kakebuton 掛け布団 : qui sert de couette.

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Voilà j'avais prévenu.

A suivre...
par Ludo publié dans : ABC
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Mercredi 10 janvier 2007

Après le « D » de Death Note, voici le « E » de :

 

Enka

 

Une dame d’âge mur se dirige au centre de la scène ceinturée de faux cerisiers en fleurs, un micro à la main. La musique se met en route : une introduction avec des violons dont toutes les notes semblent avoir déjà été entendues puisqu’on devine la fin de chacune de ses mesures. Puis la dame prend un air triste et se met à reprendre la mélodie esquissée à l’ouverture du morceau non pas en la suivant scrupuleusement mais en effectuant des distorsions de tonalité sur sa voix, comme si un accordeur de guitare réglait une corde tantôt trop haut, tantôt trop bas pour finir par trouver le ton juste, le tout en l’espace de trois secondes.

Voilà à quoi ressemble l’enka 演歌, la chanson japonaise.

Les sonorités de ce type de musique demeurent très facilement reconnaissables et une introduction pourrait facilement servir à plusieurs morceaux tellement on a l’impression qu’elles se ressemblent. D’ailleurs je jurerais qu’on nous pond les mêmes notes à chaque fois.

Les interprètes adoptent parfois des mines si dramatiques qu’on parierait qu’ils vont mourir de mélancolie comme des caliméros dépressifs. Fréquemment ces derniers essuient d’ailleurs une larme à la fin de leur prestation.

Chaque année, à la Saint Sylvestre, une émission de NHK bat tous les records d’audience : le kôhaku utagassen 紅白歌合戦. Deux équipes, une rouge et une blanche (kôhaku 紅白) composées de célébrités de la musique allant du groupe de rock, au boys’ band en passant par les chanteurs d’enka s’affrontent. Je me souviens de la seule fois où j’assistai à ce programme interminable, lors de ma toute première année au Japon en 1995. Ma famille d’accueil particulièrement friande d’enka applaudissait chaque entrée en scène de l’une des grandes figures du domaine et finissait par deux fois plus de frappage de paumes de main, suivis par des torrents de larme. Face à un tel spectacle, ma mâchoire s’en décrocha et je choisis de regagner ma chambre au bout d’un quart d’heure. Je vous rassure tout de suite, tous les Japonais ne sont pas comme ça et les amateurs d’enka n’éclatent pas tous en sanglots à chaque fin de chanson.

 

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PS : Howard, MP et Naoko ne chantaient pas d'enka à ce moment-là.

A suivre

par Ludo publié dans : ABC
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Jeudi 4 janvier 2007

Après le « C » de chiri, voici le « D » de :

 

Death Note

 

N’avez-vous jamais rêvé de pouvoir occire sans être inquiété et sans courir aucun risque vos pires ennemis, des dictateurs sanguinaires ou des meurtriers laissés impunis ? Non ? Moi non plus remarquez. Par contre si on me donnait le pouvoir d’envoyer une armada de pigeons déféquer tous les jours sur le cuir chevelu d’une des personnes citées plus haut, je ferais des malheurs. Bref, imaginez que vous n’ayez qu’à écrire le nom de la personne à laquelle vous désirez nuire sur un cahier spécial (Death note, abréviation de « death notebook ») en ayant bien en tête son visage pour qu’elle s’éteigne d’une crise cardiaque subite quinze minutes après que vous ayez refermé le cahier (dans le cas où nous n’avez écrit que son nom) ou qu’elle succombe de manière plus tordue (après que vous ayez pris soin d’en rédiger la mise en scène).

Cette aventure déclinée en premier lieu en manga, puis en dessin animé eut droit à une version avec des personnes en chair et en os en novembre dernier. A la vue de la bande annonce, j’avais du mal à cacher mon scepticisme face au faciès des deux acteurs choisis comme personnages principaux et devant l’aspect légèrement kitch de l’ensemble. Pourtant, Naoko et moi avons tout de suite été capté par l’atmosphère incroyable qui s’en dégageait dès la première minute pour ensuite être totalement conquis.

Comme des millions de téléspectateurs nippons ce jour-là, nous assistâmes à une première en matière de marketing audiovisuel : le téléfilm s’achevait en queue de poisson et nous invitait à voir la seconde partie au cinéma. Nous ne nous sommes malgré tout pas rendus dans les salles (n’oublions pas qu’une place coûte très cher ici) mais guettons de très prêt la sortie du DVD.

Le scénario captivant et riche en retournement vaut vraiment le détour et relance plusieurs questions brûlantes : la peine de mort est-elle nécessaire,la justice (ceux qui la font ou croient la faire) fait-elle son travail avec une vraie impartialité et sans abus etc.

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Et vous quel genre de cahier doté de quel pouvoir utiliseriez-vous ?

Outre le Pigeon note, j’ai pensé aux recueils suivants :

-         Fourmis notes : dans la seconde qui suit la rédaction du nom, la victime est prise de terribles engourdissements dans les jambes (que vous pouvez alors taper à loisir)

-         Torgnoles note : dans la seconde qui suit la rédaction du nom, deux grandes baffes (avec ou sans hareng)

-         Tourista note : une demi-journée après la rédaction du nom, cinq kilos (litres ?) dans la cuvette ou ailleurs.

A suivre...

par Ludo publié dans : ABC
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