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Mercredi 11 juillet 2007

Il ne faut pas prendre les redoutables cerfs de Nara à la légère. La moindre erreur causerait votre perte. Afin d’avertir les touristes de passage (mais uniquement ceux qui savent lire le japonais), la municipalité a disposé divers panneaux d’information un peu partout. On y apprend entre autres que :

- de mai à juillet, les biches mettent bas et que pendant plusieurs semaines, elles vont se montrer très protectrices et agresser quiconque touche leur progéniture.

- de septembre à novembre, il faudra éviter de chercher des noises aux males en rut.

- parfois des chiens coursent les cerfs et que l’automobiliste doit rester vigilant au cas où une bête à corne surgit sur la chaussée.

 
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En complément on trouve d’autres pancartes toutes aussi sérieuses et jouant sur le même ton grave. Il ne faut pas :

- lâcher son clebs ni l’abandonner dans le parc.

- pas nourrir les cerfs avec autre chose que les sembei dédiés.

- jeter des ordures car ces bêtes aiment mâcher tout ce qui se trouve à portée de naseaux.

- s’amuser à leur faire du mal.

J’appelle ça la prévention kawaiiste.

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Mardi 26 juin 2007

Les cerfs. Ces êtres étranges venus d'une autre forêt. Leur destination: les gens qui ont des trucs bons à manger dans les mains. Leur but: en faire leurs esclaves. Ougl les a vus. Pour nous, tout a commencé par une journée ensoleillée, le long d'une route plutôt encombrée de Nara, alors que nous cherchions un raccourci pour nous rendre au temple de Tôdaiji que nous trouvâmes... peu après. Cela a commencé par des créatures aux bois naissant, et par des touristes que le manque de sommeil et la foule avaient rendu trop las pour continuer leur route. Cela a commencé par l'arrivée d'un troupeau venu d'une centaine de mètres vers la droite (c’était même indiqué ici et ). Maintenant, Ougl sait que les cerfs sont là, qu'ils ont pris tout ce qui trouvait sur leur chemin, et qu'il nous faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Jeudi 21 juin 2007

Je remarquai la chose dès le premier jour de travail en avril dernier, alors que j’étais assis dans le train qui me ramenait à domicile : un type enveloppé montrait du doigt, l’air ravi l’express dans lequel je me tenais, en gardant la pose pendant de longues secondes.

 

Le jour suivant, à tout hasard, je jetai à nouveau un coup d’œil à l’endroit de la veille pour me rendre compte que cela n’avait rien d’une coïncidence : il était encore là, toujours aussi béat, l’index inlassablement pointé dans ma direction. Puis j’en parlai à mes collègues qui fréquentent la même ligne et qui bien que l’ayant utilisée depuis plusieurs années ne l’avaient jamais remarqué. Les semaines se suivirent et cela devint rapidement un jeu. Il semblerait donc qu’il soit présent tous les jours de la semaine, sauf parfois le mercredi, entre 16h00 et 17h00 en haut de la même passerelle piétonne.

 

Voici en vidéo un très bref aperçu de la scène. Il apparaît vers la fin sur la gauche, légèrement en hauteur.

 

 

Ma caméra ne me donnant pas de résultats satisfaisants, je décidais de faire appel à mon fidèle Eos.

 

Première tentative. Je récupérais deux bons clichés : un premier où l’on devine notre homme et un deuxième où on commence à découvrir ses traits et sa posture.

 

Deuxième tentative avec le téléobjectif : après une première photo plus réussie que la fois précédente, la seconde montre parfaitement le visage et son expression à mi-chemin entre la fascination et l’absence totale de réflexion.

 

Troisième et ultime tentative (encore une fois avec le téléobjectif) : une seule image réellement exploitable dans le lot permet de reconfirmer qu’il s’agit bien de la même personne. La propreté de la vitre du train laissant à désirer, la qualité de l’image s’en ressentit.

 

A qui avons-nous affaire ? A un simple d’esprit qui profite d’une permission quotidienne de l’asile pour rejoindre son promontoire et crier « Train ! » pendant une heure ? A un ancien employé des chemins de fer possédant encore des réflexes professionnels ? A quelqu’un qui dénonce ainsi les nuisances sonores ? Mystère…

 

Quoi qu’il en soit, tous les éléments semblent être réunis pour en faire une légende. Tous sauf un : un nom. Toutes les propositions demeurent les bienvenues.

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Lundi 19 février 2007

Comment reconnaître une bicyclette de Japonaise d’âge mur (obasan) d’une autre ?

C’est on ne peut plus simple. On peut y voir :

-         Un panier à l’avant et/ou à l’arrière

-         Un dispositif permettant de fixer un parapluie au centre du guidon

-         Des sortes de guêtres pour avant-bras sur les poignées du guidon.

Je me suis longtemps creusé la tête au sujet des guêtres. Renfermerait-elle un système d’anti-vol par reconnaissance des empreintes digitales qui emprisonnerait les mains de quelque voleur ? Servent-elles à camoufler aux yeux du monde des mains rendues calleuses par le poids des années ? Les utilise-t-on pour éviter les blessures dues aux morsures de chiens bicyclophobes ?

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Non. A priori, elles possèdent deux côtés pratiques. En hiver, elles réchauffent les mimines et contrairement aux gants, on ne risque pas de les perdre quand on fait ses commissions. En été, elles empêchent la peau si délicate des bras de noircir au soleil. Il n’est donc pas rare de voir des obasan en plein mois d’août revêtir la panoplie complète de Darth Vader qui consiste en un pantalon, un polo à manche longue, des guêtres fines sur les poignets en plus de celles du vélo et une visière de golf plus large qu’un pare-brise de bus et de préférence rabattue le plus possible vers le menton.

-         Vous allez souder quelque chose grand-mère ?

-         Non, je vais acheter de l’écran total. On ne sait jamais.

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Dimanche 29 octobre 2006

De nouveau de passage à l’aéroport de Shanghai-Pudong à notre retour de France, nous hésitâmes longtemps avant de refuser de retirer de l’argent pour avoir accès aux boissons des distributeurs automatiques du complexe nettement plus réconfortantes que la pitoyable eau stérilisée disponible dans des bornes disposées tous les vingt mètres. Devoir retirer une certaine somme juste pour un coca ne valait pas vraiment le coup. Amusé de voir que tous les rafraîchissements que nous connaissons bien portaient un nom en idéogramme en Chine, contrairement au Japon où les boissons étrangères ne se voient pas ainsi modifiées, je décidai de prendre un cliché de la machine. C’est là que je constatai que l’appareil avait été importé du Japon et que les Chinois n’avaient pas même pris la peine de retirer les inscriptions nippones « boissons froides » !

 
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Par extrapolation, je crois que l’on pourrait résumer la pensée chinoise ainsi : si l’on peut faire d’une certaine manière, pourquoi s’ennuyer à faire autrement. Autrement dit, ce qui importe vraiment c’est le résultat et pas la forme. Cela expliquerait pourquoi Naoko et moi-même puis ses parents et Daishi fûmes contraints de passer l’immigration alors que nous étions en transit : pourquoi s’embêter à utiliser du personnel pour gérer la chose alors qu’au bout du compte, on arrive au même résultat, à savoir les passagers en transit prêts pour le vol suivant.

 

Une philosophie qui, si elle ne parvient pas à mettre toutes les parties d’accord, s’avère bigrement efficace et économique.

PS : N'oubliez pas l'autre article du jour !

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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