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Mercredi 30 août 2006

Après le « W » de washlet, voici le « X » de :

 

Xo !

 

Ce mot très court que l’on écrit normalement kuso くそっ (je voudrais vous y voir, vous, pour trouver quelque chose qui commence par « X ») est beuglé dès lors qu’un Japonais a reverni ses chaussures d’un superbe et moelleux étron que même la technique moderne ne pourrait recréer en laboratoire. Si cela n’arrive que rarement sous ces latitudes à moins de se retrouver en pleine campagne (degré de cambrousse 2, au moins) à l’endroit même où un clebs aux intestins en fin de cycle s’est finalement lâché après une journée de crampes épouvantables et a contribué à dessiner une ligne jaunâtre le long du caniveau.


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Oui, xo, à ne pas confondre avec le cognac de la même catégorie, équivaut à l’expression en cinq lettres favorite des Français. Pourtant elle ne connaît pas la même popularité dans l’archipel puisque les femmes ne l’emploient guère. De plus, elle n’a pas une connotation vulgaire aussi forte qu’en France car on ne dira rien à un enfant qui l’utilise et on entend d’ailleurs parfois ce mot dans les dessins animés. Il serait en fait plus judicieux de le traduire par « crotte », « zut », ou « flûte » mais pas par « caca » qui reste lui, bien fort, si je puis me permettre.

NB : L’écriteau dit « Ben les chiens non plus n’aiment pas les endroits sales ! ».

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 17 juillet 2006

Après le « V » de vélo, voici le « W » de :

 

Washlet

 

Si vous avez lu cet article poilant, vous devez savoir à quel point je suis reconnaissant à l’homme qui a inventé ce dispositif qui nettoie d’un jet toute trace de pneu embarrassante.

De nombreuses toilettes japonaises sont équipées de la sorte et offrent au plus frileux du séant en hiver une assise chaude et agréable bien qu’elle rappelle au novice la désagréable sensation de quelqu’un qui aurait passé des heures sur le trône avant vous.

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Une fois vos offrandes aux dieux des égouts déposées dans le bénitier secret, vous pouvez appuyer sur l’une des touches qui se trouvent sur le panneau de commande sur le côté de la cuvette. Vous pouvez en général régler la température de la lunette, actionner un petit ventilateur qui vous sèche la gouttière et surtout mettre en marche un jet d’eau qui ira purger votre borgne. Bien sûr on peut souvent régler la puissance, la température, et la location du point d’impact. L’usage de papier rose et moelleux reste malgré tout indispensable mais l’opération en requiert une quantité bien moindre.

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 10 juillet 2006

Après le « U » d’ugai, voici le « V » de :

 

Vélo

 

Je ne reviendrais pas sur la difficulté de circuler à bicyclette, ni sur l’encombrement provoqué par des personnes qui se garent n’importe où. C’est mauvais pour ma tension.

Après avoir emménagé dans mon appartement actuel en 2001, je m’étais mis en quête d’un supermarché. A mon grand dam, je n’en avais trouvé qu’un à 20 min à pied. Quatre mois plus tard, las de peiner les bras chargés de victuailles sur cette distance, j’investissais dans un vélocipède. La taille standard s’avérant inadéquate, j’optais pour 2000 yens de plus pour un modèle plus grand, avec une hauteur de guidon toujours trop basse. Il m’en coûtait seulement 12000 yens (85 euros). Fini les courbatures dans les biceps grâce au panier de grand-mère situé à l’avant et le trajet ne durait plus que 7 minutes.

Un an et demi plus tard, mon fidèle destrier commençait à subir les assauts de la rouille. J’ai l’impression qu’on ne peut concilier vélo bon marché et traitement contre la corrosion. A l’heure actuelle, il fonctionne toujours même si les freins hurlent épouvantablement à chaque arrêt brutal. Beaucoup d’autres souffrent des mêmes symptômes mais personne ne semble décidé à huiler cette satanée mécanique. Il faut dire que les modes d’emploi ainsi que les réparateurs déconseillent la chose car ils estiment que cela rend les freins inefficaces… Avant de rencontrer Naoko, j’avais dégoté un gabarit plus important pour 21000 yens (je parle toujours de bicyclette). Celui-ci s’est avéré tout aussi résistant que son aîné à la rouille un an après son achat.

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NB : Voici à quoi ressemble la serrure. Comme tous les vélos ici, une sorte de cadenas sur ressort bloque la roue arrière, mais n’empêche généralement pas les vols plutôt nombreux. Jusque là, rien à signaler. J’utilise en parallèle un antivol plus solide et nous n’attirons pas l’attention comme ceux qui ont investi 50000 yens dans un pliant Peugeot, Mercedes ou Jaguar.

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 3 juillet 2006

Après le « T » de tasshon, voici le « U » de :

 

Ugai

 

Pratique peu courante en Occident, l’ugai ou gargarisme s’apprend dès l’école primaire en tant que mesure efficace contre la propagation des rhumes. On conseille donc aux pioupioux de jouer aux gargouilles à leur retour à domicile puis de se laver les mains.

Pour soigner des maux de gorge naissant, on dilue souvent quelques gouttes d’une solution brune très odorante dans de l’eau avant de faire garagara (onomatopée qui correspond au sujet qui nous intéresse).

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J’avoue avoir adopté le principe, prêt à tout pour éviter les innombrables attaques virales dont je suis la victime sur mon lieu de travail. Dommage que l’on ne force pas les enfants (et les adultes) à mettre leur main devant la bouche en cas de toux ou d’éternuement ni à se moucher !

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 26 juin 2006

Après le « S » de shumi, voici le « T » de :

 

Tasshon たっしょん

 

Si l’on ne rencontre aucune déjection canine (ou presque) dans les rues, on ne peut pas dire que le Japon sente la rose non plus. Si la situation a légèrement changé depuis peu, je me souviens encore qu’il y a trois ans lorsque je me rendais à la gare de Nagoya pour prendre mon train, je devais effectuer de longues enjambées sur une distance de 40 mètres en apnée tellement l’odeur d’urine me prenait à la gorge. La cause reste floue : SDF, salaryman bourré comme un coing, ou ossan incontinent, je ne saurais dire…

Lorsque j’habitais à Juso, banlieue chaude d’Osaka en 1996, la gare prenait une toute allure à partir de 18h. Le quartier (situé à dix minutes de train omnibus), véritable jungle d’izakaya, de bars à hôtesses et de troquets louches attire chaque soir tous les salariés d’Osaka. Les restaurants ouvrant leur porte à 17h, il fallait attendre en général une heure avant de pouvoir apercevoir le premier type ivre-mort en train de se soulager dans une ruelle. Les environs devenaient alors un parcours du combattant où le piéton sobre tentait d’éviter les flaques de vomi et de liquide jaunâtre.

Les commerçants conscients du phénomène et las de nettoyer leur devanture à coup de karsher ont trouvé une parade partielle en collant des mini-représentations de porte de temple rouges en bas des murs. A moins d’avoir perdu toute raison, le sagouin classique renoncera à souiller un signe sacré et ira infecter un autre endroit.

Officiellement interdit par la loi, le tasshon たっしょん, abréviation de tachishonben立ち小便 (l’acte d’uriner debout ailleurs que dans les endroits prévu à cet effet) n’est pas prêt de disparaître. J’ai pu voir à plusieurs reprises, en pleine journée dans certains cas, des vieux sortir leur robinet pour l’ouvrir soit sur le mur d’un parking en retrait, soit derrière un véhicule de livraison, soit sur l’un des bacs à fleur qui sert de barrière entre les deux voies d’une même route (autrement dit le bougre ne se cachait pas vraiment).

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L’exemple le plus traumatisant reste celui du retraité dont le taux d’alcoolémie devait être si fort qu’on aurait pu le flamber sur place. Ayant terminé une journée de cours, j’attendais mon train sur le quai unique de cette petite gare de campagne. Une douzaine d’autres personnes faisaient de même. Soudain, une forme hirsute mais plutôt bien habillée fit son apparition en titubant au moindre de ses pas. Il se tourna tant bien que mal vers un poster publicitaire à quelques mètres de mes pieds et tout en tentant de garder son équilibre, il se mit à faire pleurer popol non sans laisser échapper quelques soupirs de soulagement (il devait chercher le bon poster pour pouvoir se libérer, j’imagine).

A quelques dizaines de mètre de chez moi se trouve un tunnel peu recommandable, baptisé le « tunnel glauque ».

Non seulement on a l’impression que l’on va se faire agresser à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, mais en plus il sent en permanence les odeurs les plus nauséabondes. Un jour je surpris un chauffeur de taxi en train de délimiter son territoire comme un bovin bourré à la bière. Je ne manquai pas de le traiter de dégueulasse. En y réfléchissant, j’avais souvent pu voir des taxis stationnés pendant des heures dans le tunnel alors que leur conducteur dormait à l’intérieur. Je comprends que des SDF ou des alcooliques se laissent aller de temps en temps mais des chauffeurs de taxi ??? Le prochain que je prends en flagrant délit aura sa photo dans Ougl !

par Ludo publié dans : ABC
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