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Mercredi 16 mai 2007

Le tri des ordures ménagères peut s’avérer compliqué dans certaines municipalités. A Nagoya, les matières organiques doivent être placés dans un sac rouge, les matières recyclables dans un sac bleu et les matières non combustibles et non recyclables dans des sacs verts. On ne doit pas mettre dans un même sac bleu les bouteilles en PVC avec leur étiquette et leur bouchon ni les mélanger avec les canettes (boites). Les papiers et les cartons se ramassent à part.

 

A Hotei, patrie du Bouddha le plus laid au monde, cela se passe comme ça. Un petit clic sur l’image.

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par Ludo publié dans : Ougl
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Jeudi 3 mai 2007

Un visiteur lambda lors de son séjour au Japon vous sortira à coup sûr la même remarque : « Lé ru L son tro pur, zy-va, lol » suivie d’une bonne torgnole de ma part pour analphabétisme militant. Certes la propreté des rues n’a souvent pas grand-chose à voir avec de nombreuses métropoles françaises où les glaces à l’italienne au chocolat, renversées, couvertes de mouches (après tout rien ne prouve qu’il ne s’agit pas de chocolat glacé, hein) font ressembler les trottoirs à des murs d’escalade horizontaux. Pourtant la saleté existe bien mais dans une forme bien plus sournoise, comme ce gobelet en plastique isolé dans une salle d’attente de quai de gare (notez aussi l’opacité des vitres, signe évident de l’ignorance totale de l’existence de produits d’entretien). Alors que des poubelles pour tout type de déchets sont disponibles à trois mètres des lieux, un énergumène a trouvé judicieux de laisser là un récipient dont tout le monde se fiche.

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Dans la même salle clairement interdite aux fumeurs, on trouve de vieux mégots ici et là. Vous remarquerez que les cadavres de cigarettes japonaises atteignent une taille si importante qu’on se demande si leur auteur ne s’est pas contenté d’une ou deux bouffées avant de les éteindre.

On retrouve les mégots systématiquement dans les endroits les plus sournois : au-dessus des bouches d’aération du métro, dans les caniveaux des carrefours et devant les combini ou aux abords des gares.

Mais n’allez pas croire non plus que seuls les lieux un peu glauques soient touchés.

Tous les jours, alors que j’emprunte le souterrain de la Lucent Tower, je trouve toujours au niveau des escaliers un mouchoir froissé sur le sol, une canette (boite) de café vide sur la rambarde ou dans le coin et je ne parle pas des mini-flaques de crachats dont la concentration devient plus importante au fur et à mesure que l’on se rapproche de la surface. J’ai même surpris une fois un type se diriger vers l’une des sorties, non pas pour prendre l’air mais pour se mettre légèrement à l’écart alors qu’il glaviotait derrière, une fois de plus, une rambarde d’escalier. J’imagine que déposer son fiel ou ses ordures ainsi provoque moins de scrupules, pour peu qu’ils existent chez ces individus.

Je n’ai jamais compris ce besoin de cracher à tout va et cela m’a toujours choqué de voir des lamas en costume déglairer (copyright Ougl 2007) sur le bitume.

Obéissant sans doute aux mêmes considérations, à savoir : « je suis trop timide pour faire comme tout le monde et c’est plus facile de polluer là, ça n’embête personne », on peut apercevoir de véritables atrocités aux alentours des gares de campagne. Certes l’endroit est moche au départ, mais pourquoi diable vouloir alourdir le tableau. Comme souvent, cela ne sera jamais nettoyé.

Un autre exemple au hasard : alors que j’empruntais le Meitetsu, celui-ci s’arrêta soudainement au milieu de nulle part. De ma fenêtre, je pouvais admirer de nombreuses rizières et quelques maisonnettes sympathiques… ainsi qu’un bosquet dont la base était recouverte d’ordures sauvages.

Depuis quelques mois, je suis devenu plus attentif à ce problème et en toute objectivité, j’en suis venu à la conclusion suivante : soit l’environnement nippon s’est gravement détérioré depuis, soit je sors de plusieurs années de troubles visuels.

par Ludo publié dans : Ougl
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Mardi 27 mars 2007

Si à la base le principe demeure identique, à savoir un chanteur, un micro et un écran où sont surlignées en rythme les paroles, le karaoké au Japon diffère de ce que l’on a l’habitude de voir en Europe. La plupart du temps, on ne crève pas de honte devant la totalité des clients de l’établissement mais juste devant quelques personnes. Les karaoké box se composent donc de pièces privées de différentes tailles que vous pouvez louer pour une heure ou plus en compagnie d’amis ou de collègues. Suivant l’endroit, vous devez payer en plus pour vos consommations ou un en-cas. Dix minutes avant la fin du temps imparti, un coup de fil retentit pour vous informer du temps restant et vous demandant si vous désirez continuer.

Le choix des chansons s’effectue après avoir décortiqué de copieux catalogues où figurent tous les genres, y compris de l’enka, des chansons en anglais, en coréen et généralement deux en français : « la Vie en rose » et « les Feuilles mortes ». On entre ensuite le code de la musique choisie au moyen d’une télécommande et on attend son tour. Les machines peuvent ainsi enregistrer une dizaine de commandes. Au-delà de ce seuil, il est nécessaire d’attendre qu’une piste soit terminée.

Les karaokés connaissent leurs habitués. Naoko avait l’habitude d’y aller toutes les semaines pendant ses années au lycée. Les tarifs pratiqués ne font que rarement mal au portefeuille. J’y ai moi-même passé beaucoup de temps et je reste un grand fan de cette distraction.

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Mon record reste à coup sûr cette séance mémorable dans le quartier de Shibuya à Tokyo en 2004 qui incriminait entre autres Howard, MP et moi-même. Après avoir bien bu après une izakaya, nous décidâmes de poursuivre par une nijikai 二次回, deuxième partie de soirée, et d’aller donc nous égosiller dans un karaoké. Les prix avaient l’air très attractifs : 1000 yens pour une heure avec boissons à volonté. Nous nous époumonâmes comme des vendeurs à la criée qui se seraient cognés le petit orteil dans un pied de lit pendant, accrochez-vous, cinq heures ! Il était trois heures du matin quand nous décidâmes que nous avions tout chanté. Nous passâmes à la caisse et il apparut que l’opération « boissons à volonté » n’était valable que pour la première heure. Nous payâmes en pleurant 9000 yens par personnes ! Vu l’heure avancée, plus aucun transport n’était disponible. Nous rejoignîmes donc à pied le domicile de MP après deux heures de marche, pour tomber pile au lever du soleil…

par Ludo publié dans : Ougl
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Mercredi 14 mars 2007

Si vous croulez sous l’or, dormez sur des liasses de billets et ne savez plus que faire du fruit de vos investissements, si vous aimez le futile, alors je vous conseille fortement de flamber tous vos revenus dans les bars à hôtesses ou à hôtes (ou encore de les verser sur mon compte).

D’après une étude menée par un magasine féminin l’année dernière (dont les sources me paraissent un peu louches pour être honnêtes), une jeune de Nagoya de 20 à 30 ans sur quatre travaillerait ou aurait travaillé dans ce genre d’établissements. Il faut dire que la troisième agglomération du Japon est réputée pour ses bars louches, ses hôtels de passe et ses maisons closes. Dans nos connaissances, plusieurs ont déjà connu une expérience en tant qu’employées dans un cabaret (ou kyabakura キャバクラ), bien que le nom « bar à hôtesse » soit plus désigné.

La clientèle se compose essentiellement de salariés dont la moyenne d’âge oscille entre 45 et 55 ans. Après le boulot, des groupes de collègues vont donc se relaxer à leur manière en vidant leur porte-monnaie pour profiter de la compagnie de quelques jeunes filles, en tout bien tout honneur (les baisers sont par exemple proscrits). Les consommations atteignent des prix purement astronomiques. La boisson la plus cotée depuis quelques années demeure sans aucun doute celle que l’on appelle localement le Donpé pink ドンペピンク, le Dom Pérignon rosé avec des tarifs pouvant dépasser plusieurs centaines de milliers de yen, 200000 yens en moyenne (équivalents à 1300 euros, oui vous avez bien lu). Les hôtesses (comme leurs homologues masculins, les hôtes) sont gradées suivant un classement dépendant de la somme qu’elles auront réussi à soutirer au client au bout d’un mois et donc de la prime qui en découle. Au sommet de la hiérarchie, certaines ont atteint une telle popularité qu’elles pourraient très bien vivre gracieusement des pourboires copieux qu’elles amassent. Sans jamais franchir le pas, elles vont profiter d’une victime fortunée pour se faire payer ce qu’elles désirent : cela commence par les sacs Chanel, puis viennent les montres Cartier et les Mercedes dans les cas les plus extrêmes. Bien sûr tous les clubs n’ont pas les mêmes habitués et certaines filles n’en profitent pas autant que d’autres.

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Je ne me suis rendu à un kyabakura qu’une fois, il y a quatre ans, traîné de force par des collègues japonais, instituteurs. Bien imbibés après avoir trinqué dans une izakaya, ils insistèrent lourdement pour que je les suive dans un club. Ils hésitaient entre plusieurs endroits, comme des gens normaux le feraient avec des restaurants. Italien ? Chinois ? Le choix ici se situait plutôt entre des Japonaises, des Indonésiennes et des Philippines. Finalement, ils optèrent pour les secondes. Nous payâmes d’emblée 5000 yens par personnes (32 euros) pour trente minutes ! J’ignorais que l’on limitait le temps de la sorte. L’endroit particulièrement sombre se composait de plusieurs îlots de banquettes et de tables basses disséminés un peu partout dans une vaste pièce. On nous assigna chacun une fille. Toutes venaient apparemment d’Indonésie à l’exception d’une, la plus douée en japonais du lot, qui venait de Mongolie. Mon hôtesse, franchement mignonne, paraissait aussi franchement jeune et ne parlait ni japonais, ni anglais. Tout portait à croire qu’elle venait de débarquer. A l’aide des trois mots d’Indonésien appris pendant les trois mois de cours de cette langue en fac en option, je ne pus que me présenter et comprendre son nom et son âge : vingt ans. Si j’avais su que ça allait me servir dans une telle situation…

Le temps était compté, et comme des automates, les filles remplissaient en permanence nos verres de whisky, disons plutôt d’une goutte de ce breuvage noyée dans un verre d’eau.

Au bout de deux minutes mes collègues commencèrent à prendre un peu trop leurs aises. L’un tenait les mains de son hôtesse, alors qu’un autre se faisait masser. Dans l’espace canapé d’à côté, des ossan entamèrent un karaoké. Après le premier refrain, les filles de son groupe applaudirent, immédiatement suivies par le manager qui scrutait toutes les tables de loin et les filles à notre table… Tout était calculé, artificiel et malsain. J’imaginais les pauvres se faire fouetter par leur patron si elles ne suivaient pas le mouvement. Je n’avais qu’une hâte : quitter les lieux.

Le temps passa malgré tout très vite et je rentrai chez moi avec un sentiment de pitié vis-à-vis de cette profession.

Un autre sentiment me dérangeait. 5000 yens pour trente minutes…Je préfère les horodateurs, au moins on sait pourquoi on dépense et on a moins l’impression de se faire arnaquer.

par Ludo publié dans : Ougl
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Vendredi 9 mars 2007

Difficile de préférer la voiture dans un pays comme le Japon. Outre la densité du réseau ferroviaire, l’importance du métro dans les grandes villes et les bus, le Japonais moyen peut aussi emprunter le taxi. A Nagoya leur nombre a atteint des proportions gigantesques. A partir de 18 heures, les routes sont envahies à plus de 90% de taxis. Aux alentours de la gare centrale de Nagoya, des embouteillages composés exclusivement de ce fléau, immobilisent le trafic. Ils appartiennent selon moi au degré 2 de l’échelle ouglesque des nuisances. A la différence du degré de cambrousse, l’échelle des nuisances ne définit pas un lieu mais un état à un moment précis.

Degré 5 : Le bruit dans un magasin d’électronique, le passage des trains

Degré 4 : Les annonces de train, les escalators qui parlent, les fumeurs dans les restaurants

Degré 3 : Les vieux qui se traînent, les vélos qui gênent le passage, ceux qui reniflent toussent et se nourrissent de leur glaire d’une manière ou d’une autre dans les transports en commun

Degré 2 : Les voix pour les élections, les camions noirs de l’extrême droite, les taxis, les camions qui effectuent des manœuvres, les témoins de Jéhovah

Degré 1 : Les pigeons

Saviez-vous que la plupart des accidents de la route touchant des étrangers (que vous soyez au volant, à vélo, ou même à pied) sont causés par les taxis ?

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Depuis ma première arrivée au Japon, j’ai dû en éviter une vingtaine. Une fois seulement, je ne pus rien faire.

Je me rendais à vélo au seul commerce d’électronique de l’époque, avant que Bic ouvre ses portes, situé à une vingtaine de minutes de mon appartement. Comme le veut l’usage, je parcourais les trottoirs et profitais, comme les piétons, des feux pour traverser les passages cloutés. Après avoir franchi une première moitié de carrefour, et sachant que je devais me dépêcher si je voulais atteindre l’extrémité du second, j’accélérai tout en gardant à l’œil la couleur verte du bonhomme électrique qui m’invitait à le rejoindre. Alors que je me trouvais à une quinzaine de mètres du but, je vis un taxi débouler lentement par la gauche. Etant donné le ralentissement qu’il avait effectué, j’en conclus qu’il m’avait vu et qu’il allait s’arrêter pour de bon dans la seconde qui suit. A ma grande surprise, il continua sa course au même train. Dans l’état actuel des choses, l’impact paraissait inévitable. Je me mis alors à faire retentir ma sonnette comme un malade. Trop tard. Mon vélo, après avoir réalisé un virage sur la droite épousa de tout son long la carrosserie noire du taxi. Je perdis l’équilibre et tombai sur le capot et sur une partie du pare-brise. Le chauffeur freina enfin. Tout s’était heureusement produit très lentement. Malgré un léger mal de coude et la roue avant légèrement voilée, je n’avais subi aucun dégât. La conductrice, terrorisée, ne m’avait vu qu’au dernier moment, ce qui parait incroyable quand on sait qu’elle s’engageait dans un carrefour où j’avais la priorité. A aucun moment il ne lui était venu à l’esprit de jeter un œil à sa droite ! Ultra énervé, je lui jetai un regard noir tandis que je lui montrai du doigt le feu pour piéton. Malheureusement, durant cet incident, il avait eu le temps de repasser au rouge… Quoi qu’il en soit, la fautive savait très bien qu’il était vert au moment où je l’avais percutée. Elle me demanda si ça allait et s’inclina plusieurs fois en signe d’excuse. Content de m’en être sorti indemne, et encore sous le choc, je ne pus me mettre franchement en colère et fis signe à mon agresseur que tout allait bien. Il n’est pas dans ma nature de chercher la bagarre mais si j’avais voulu, j’aurais très bien pu engager des poursuites et empocher un bon pactole d’après ce que j’ai entendu. En l’absence d’assurance du côté du cycliste, le conducteur, même s’il est dans ses torts peut demander des dommages et intérêts culottés se chiffrant parfois à plusieurs millions de yens. Voilà pourquoi je ne rechigne pas à payer les 1000 yens annuels de prime pour mon bicycle… Bref, le chauffeur était donc une chauffeuse, chose assez rare. En général le chauffard de taxi répond à ce portrait-robot : la soixantaine, le crâne dégarni, des prothèses dentaires dorées et un uniforme composé d’une veste qu’il ne porte que rarement, d’une chemise blanche, d’une cravate noire, de gants blancs et d’une casquette noire. Son véhicule empeste le tabac.

Il s’occupe de deux manières : en conduisant des clients, en se garant n’importe où pour roupiller tout en laissant le moteur en marche afin de profiter du chauffage ou de la climatisation et de la radio. Cette mauvaise habitude demeure largement répandue, et il ne se passe pas une journée sans que je n’en voie se la couler douce tout en polluant l’atmosphère. Comme nous l’avons vu précédemment, les pires n’hésitent pas à se soulager où bon leur semble.

Le chauffeur de taxi nippon reste de plus le pire des flemmards. Sachez qu’ils ne vous ouvrent jamais la portière. Ils appuient juste sur un bouton et celle-ci s’ouvre automatiquement.

Afin de conclure ce pamphlet ce portrait empli d’objectivité, retenez ceci : seuls les pigeons sont pires que les taxis.

par Ludo publié dans : Ougl
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