Pendant cette année en primaire
(qui vient de s’achever), j’eus l’opportunité de découvrir différents plats préparés par la cantine de mes écoles, du bon mais surtout du moins bon, et parfois même du très mauvais.
Voici, rassemblés dans une seule image de grande taille (disponibles après un clic), l’équivalent de plusieurs jours de pitance. Vous
remarquerez certaines redites, notamment au niveau du bouillon aux œufs et aux légumes et du riz. Certains plats ne sont pas particulièrement abjects mais leur répétition vous pousse à les haïr.
C’est ainsi que je ne peux plus avaler de gomoku gohan 五目御飯, ce riz au gobô 牛蒡, une racine, servi au moins une fois par semaine. Ce dernier, que je déguste toujours froid, se mange lentement, très lentement. Imaginez que vous tentiez de faire passer une
grosse boule de pain dans votre œsophage et que vous la sentiez descendre petit à petit vers l’estomac. Très étouffe-chrétien et pas fameux, le gomoku gohan provoque chez moi une baisse
instantanée du moral. Si vous trouvez à redire à ces repas, je vous rappelle que ceux
auxquels Naoko a eu droit cette année étaient bien pires.
par Ludo
publié dans :
Tribulations gustatives
9
Lorsque je montre à mes élèves des photos des denrées que l’on a l’habitude de savourer en France, je ne manque jamais d’accompagner mes
images de foie gras et de raclette, de clichés d’escargots et de cuisses de grenouilles. La plupart du temps, la réaction reste la même : beurk. Je leur explique
alors que pour un étranger, le fait de manger de la pieuvre, des têtes de crevette, du calmar cru ou du concombre de mer peut faire le même effet mais on me répond toujours que cela n’a rien à
voir. Il s’en suit des questions du type : « est-ce que les Français mangent des vers ? ».
Même si cela reste marginal, il existe des mets japonais qui pourraient provoquer un certain dégoût de la part même des habitants de
l’archipel. Lors de notre visite d’Ochobosan, nous traversâmes une rue commerçante où
de nombreux magasins vendaient diverses denrées : outre les classiques taiyaki 鯛焼き(beignet en forme de poisson fourré à la crème) et yakitori 焼き鳥(petite brochette de poulet), on pouvait aussi voir des brochettes de
suzume スズメentiers (moineaux). Sur le cliché on peut apercevoir des shinbae 新バエ. Un petit clic sur l'image pour un agrandissement.
A première vue, et sachant que hae veut dire mouche, je pris la chose pour des insectes. Après tout cela ressemble fort à des
abeilles. Ce que j'ignorais, c'est que hae désigne aussi un poisson. Tout fier d'avoir une photo choc sur le coup, j'avais déjà imaginé un article. Malheureusement, je n'appris la chose que beaucoup plus tard. J'aurais dû prendre des photos des moineaux. Vous les auriez vu avec leurs petites pattes
recroquevillées...
Un jour, je vous apporterai des preuves accablantes ! Dans d’autres régions, sachez que l’on mange des criquets grillés et des larves
d’abeilles…
En attendant, je vous ressers un peu de fouille ?
par Ludo
publié dans :
Tribulations gustatives
6
Parmi tous les aliments exotiques qui composent la cuisine japonaise, il en demeure un qui sort du lot tellement sa comestibilité pourrait être mise en doute par un Européen moyen : le concombre de mer.
A l’âge de 15 ans, j’eus la chance de pratiquer la plongée à quatre reprises en Corse et de voir à l’état naturel ce que l’œil profane pourrait prendre pour de vulgaires étrons à haute teneur en bronze puisque ceux-ci vivent sur les fonds marins. On a beau savoir qu’il s’agit d’un animal et non d’excrément, on refuse toujours de toucher la chose. Je fus donc très surpris d’en avoir pour la première fois dans mon assiette avec une sauce aux prunes salées il y a quatre ans.
Le namako 海鼠, comme on le nomme ici, se consomme en tranche (ou ce qui y ressemble) et sa consistance sous la dent demeure gélatineuse au départ puis légèrement dure par la suite. Imaginez du cartilage entouré de blanc d’œuf.
Naoko le prépara ce jour-là avec de la sauce de soja. Simple, curieux, pas désagréable sans pour autant déclencher des torrents de salive à sa simple évocation, le concombre de mer prouve que dans la mer, tout est bon.
par Ludo
publié dans :
Tribulations gustatives
5
Mercredi 27 décembre 2006
Voilà ce que l’on nous infligea comme repas en novembre dernier à l’école. Je n’avais pas eu pire depuis ces deux jours mémorables où on nous servit une salade de fruits mélangée à des pâtes froides et de la mayonnaise. Rien que d’y penser, j’en frissonne encore.
Ne jurerait-on pas que la chose a été digérée au préalable? Vous avez devant vos yeux le terrifiant plat appelé Pine-potato. Je ne sais quel esprit agité a ainsi donc eu l’idée sadique de mélanger de la patate avec de l’ananas en une espèce de purée lourde, pâteuse et, pour couronner le tout, froide.
Horrifié à la vue de l’assiette, je fis en sorte de l’ingurgiter en dernier et le plus vite possible, avec un maximum de thé vert pour faire passer la pilule, au risque de m’étouffer. Je ne m’étais pas trompé, c’était infect. Déjeunant avec les gamins, il m’est impossible de montrer un mauvais exemple en laissant de côté ne serait-ce qu’une bouchée, si abominable soit-elle.
Après le repas, j’appris qu’il s’agissait en réalité de patate douce. D’ordinaire, grand amateur de ce légume, j’aurais pu accepter avec le sourire son association avec de l’ananas si la recette avait omis la présence de sel et de mayonnaise… La redoutable Pine-potato fut ainsi distribuée dans toutes les écoles de la zone académique. Parmi les quatre écoles où j’officie, je ne connais personne qui ne s’est pas plaint de cette aberration culinaire.
Une de mes collègues japonaises m’apprit même que pour sept de ses élèves, la pitoyable pitance n’avait fait qu’un bref séjour dans l’estomac avant de recouvrir le sol de la classe.
PS : Mille excuses une nouvelle fois, si vous êtes à table (en même temps, ce n'est pas bien de manger devant son PC).
par Ludo
publié dans :
Tribulations gustatives
8
Nous avons remarqué, lors de notre après-midi à Osu juste avant notre départ pour la France,
la présence d’un restaurant de cuisine taiwanaise à emporter. Sur un emplacement parfait, juste à côté d’un grand magasin d’électronique en pleine shôtengai 商店街(rue, souvent couverte, remplie de boutiques), il fait office de fast-food un
peu original. Sur la devanture, un écran passe en permanence des
concerts de musique locale alors que le chef prend les commandes à l’aide d’un micro-casque avec une énergie qui pousse à la sympathie.
Nous y avons dévoré des karaagé 唐揚げ(viande panée) franchement savoureux, juteux et épicés comme il faut. Nous y retournerons pour découvrir plus en profondeur le menu.
PS : Ne manquez pas l’autre
article du jour !
par Ludo
publié dans :
Tribulations gustatives
8
Commentaires