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Lundi 19 juin 2006

Après le « R » de rue, voici le « S » de :

 

Shumi 趣味

 

J’ignore si le mal touche toutes les tranches d’âge mais il semblerait que les écoliers, collégiens, lycéens et étudiants de fac possèdent la même vision des shumi.

Après avoir posé la question Shumi ha nan desuka 趣味は何ですか (« Quels sont vos loisirs ? ») aux personnes sus-mentionnées, on se demande vraiment si le terme désigne bien les loisirs.

La réponse la plus fréquente restera quoi qu’il advienne « dormir » !

Oui, « dormir » arrive en tête. Un loisir, en ce qui me concerne, consiste en une activité que l’on prend plaisir à effectuer régulièrement pour se changer les idées et que l’on peut partager avec autrui.

Primo : « dormir » n’est pas une activité, à moins de souffrir de somnambulisme, de travailler comme testeur bénévole de matelas ou de tenter le record du monde de sommeil consécutif.

Secundo : Bien qu’agréable, je ne peux pas dire que je prenne du plaisir à dormir. En m’allongeant sur le futon 7 à 8 heures avant de démarrer une journée de boulot, mon taux d’adrénaline ne me pousse certainement pas à crier : « Génial ! Je vais écraser sec ! Youpi ! » en bondissant comme une gazelle sous acide.

Tertio : Cela ne me change en rien les idées, au contraire. Je vais ruminer les mauvais moments de la journée, et en produire une soupe incompréhensible mais traumatisante qui me rejaillira à l’esprit le lendemain comme un air de déjà-vu.

Quarto : Si je dors avec ma femme, je ne partage pas vraiment les mêmes rêves (Dieu l’en préserve !). Et puis de toutes façons, elle prend toute la couette.

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Plus censés, beaucoup d’hommes d’âge mur vous répondront volontiers qu’ils aiment le golf. Bien que totalement insensible à cette pratique que j’estime plus soporifique qu’un arrêt de droit commercial narré par un asthmatique pointilleux, il faut bien admettre que s’escrimer à faire rentrer une balle dans un trou dans la pelouse tient tout du loisir.

Et puis si les amateurs n’appréciaient ce sport, imaginez le gâchis que constitueraient toutes ces énormes infrastructures d’entraînements clôturées de quelques dizaines de mètres de hauteur de filet et de grillages qui défigurent le paysage déjà pas mal torturé par les fils électriques et les bâtiments dans tous les sens.

Numéro un dans l’industrie du loisir (chez les adultes), on trouve le pachinko (machine à sous) mais curieusement, personne n’avouera jamais qu’il s’y rend toutes les semaines. Je vous en reparlerai dès que j’aurai trouvé des boules Quiès efficaces.

PS : Dormir ne fait pas partie des loisirs de Naoko. Elle s’est juste prêtée au jeu pour les besoins du blog.

par Ludo publié dans : ABC
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Mardi 13 juin 2006

Après le « Q » de quotient, voici le « R » de :

 

Rue

 

Dans un pays bénéficiant d’une image aussi rigide que le Japon, la rue fait figure de paysage anarchique avec des distributeurs tous les dix mètres, des constructions dans tous les sens et des logements sans harmonie architecturale. En plus de ce désordre visuel, les rues, à l’exception de quelques grandes artères, ne portent pas de nom mais un numéro. A moins de faire appel à un agent de police du quartier, vous avez toutes les chances de vous perdre lorsque vous recherchez une adresse (à moins de faire appel à ce logiciel) où ne figurent en général que le nom de l’arrondissement, les numéros de districts et de sous-districts.

Le terme « rue » devrait d’ailleurs faire place dans la plupart des cas au mot « ruelle ». Les routes demeurent si étroites que l’on se demande vraiment si la DDE locale n’a pas abusé en les déclarant à double sens. Il n’est pas rare qu’un véhicule fasse marche arrière pour en laisser passer un autre.

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En pole position des accidents de la route du pays, la préfecture d’Aichi a trouvé un moyen surprenant mais efficace pour enrayer le problème : en effaçant la ligne centrale. Cela pousse les automobilistes à ralentir par prudence. La position de certains poteaux électriques empiétant allégrement sur la chaussée les poussait à griller le marquage au sol de toute manière.

Depuis début avril, afin de mettre un frein à l’accumulation des déchets sur le bitume, la municipalité de Nagoya a décrété que la consommation de tabac en pleine rue, et surtout aux abords des gares, à l’intérieure de celles-ci (y compris sur les quais) était interdite. Cela ne touchait jusque là que les transports en commun. Dans la pratique, on voit toujours des ossan la cigarette au bec et la police ne bronche pas. Sur le parvis des tours, devant la gare centrale, plusieurs personnes se goudronnent les poumons à quelques mètres du commissariat !

Personnellement je ne suis pas contre cette mesure bien que je ne la considère pas indispensable. Je préférerais en effet que cela touche les restaurants.

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 5 juin 2006

Après le « P » de purikura, voici le « Q » de :

 

Quotient

 

J’imagine que chaque culture possède une approche différente des mathématiques.

Voici comment un Japonais effectue l’opération 72/3. Surprenant non ?

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par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 29 mai 2006

Après le « O » d’onomatopées, voici le « P » de

 

Purikura プリクラ

 

Abréviation de l’Engrish « Print Club », les purikura ressemblent à des petites photos autocollantes dispensées par les machines du même nom. Naoko, comme beaucoup de Japonaises, appartient à la catégorie des passionnés en la matière. Depuis les bancs d’école jusqu’à aujourd’hui elle accumule ses trophées dans plusieurs puricho プリ帳 (carnets de purikura). On y voit ses amies effectuer des pauses humoristiques, des membres de sa famille grimacer, le tout sous une pluie de décors et de commentaires différents.

Comment ça marche ?

Rendez-vous dans une salle de jeux et rejoignez l’endroit où sont regroupées des dizaines de filles (en majorité des lycéennes). Repérez une machine de libre et pénétrez-y. Insérez 400 yens, choisissez l’éclairage des prises et préparez vous à prendre la pause. Acceptez le cliché ou effacez le. Après huit prises environ, un message vous invite à passer derrière la machine.

C’est l’instant où vous pouvez charger les images de tout un tas de frises ou de symboles que vous placez à l’endroit de votre choix. Vous pouvez aussi choisir la couleur et l’épaisseur du tracé de crayon pour écrire ou dessiner vous-même ce que vous voulez. A vous de faire vite malgré tout car le temps demeure limité. Cela, Naoko l’experte l’a bien compris puisqu’elle boucle le tout en moins de temps qu’il ne faut pour le dire alors que je fais souvent preuve d’un manque d’inspiration stressant.

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Patientez ensuite une petite minute pour recevoir votre planche d’autocollants tout chaud. Vous pouvez les partager avec vos camarades sur place car des paires de ciseaux sont disponibles sur le côté de chaque cabine.

Je me souviens avoir aperçu les premières machines de ce genre en France, quoique plus simples, en 1998 mais rien ne semble prouver que la mode se soit répandue comme au Japon.

par Ludo publié dans : ABC
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Mercredi 24 mai 2006

Après le « N » de Nagoyamaki, voici le « O » de :

 

Onomatopées

 

Le japonais peut s’enorgueillir du titre de l’une des langues les plus riches en onomatopées. C’est simple, il en existe pour tout et Naoko étant championne du monde dans ce domaine, j’en apprends tous les jours. Vous connaissiez zaa zaa et guruguru mais qu’en est-il des suivantes :

 

Guuguu : le ronflement

Katankoton : le son d’un train en marche

Korankoron : les pas de quelqu’un qui marche avec des gétas

Pachipachi : un applaudissement

Buriburi : quand quelqu’un coule un bronze

 

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On trouve non seulement des onomatopées pour décrire un son mais aussi pour décrire un état :

 

Pikapika : quelque chose qui brille (d’où Pikachu tire ses origines), quelque chose de très propre

Barabara : quelque chose en désordre, éparpillé

Furafura : lorsque quelqu’un est pris d’étourdissements

Pekopeko : lorsque quelqu’un a faim

Iraira : pour quelqu’un en colère

 

Enfin vous avez shin qui désigne le silence, en particulier celui qui conclut le bide réalisé par un mauvais comédien ou une blague qui tombe à plat en plein cours comme cela m’arrive régulièrement.

La semaine prochaine, j’aborderai le chapitre des cris d’animaux.

NB : Le Brie, ce délicieux fromage que l’on trouve à 650 yens (parfois à 350 yens, une aubaine) dans les supermarchés se dit burii. Qu’arrive-t-il donc quand on double mise ?

par Ludo publié dans : ABC
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