L’un des plus gros stéréotypes dont souffre la médecine moderne porte sur la chirurgie esthétique et les fortes sommes engrangées par ses praticiens.
On penserait à priori que les spécialistes concernés s’efforceraient de prouver le contraire en faisant preuve d’humilité pour se rapprocher du public et attirer ainsi une plus large clientèle dans leurs spots publicitaires, mais il n’en est rien…
La Takasu Clinic n’hésite ainsi pas à jouer la surenchère lors de ses publicités depuis plusieurs années. On y voit le plus souvent son PDG se rendre à New York en jet privé dans la matinée toujours très occupé à discuter avec des tas de papiers en main, papoter avec des étrangers non identifiés pour le déjeuner sur son yacht, le tout intercoupé de séquences où l’on aperçoit le logo de la firme sur ce qui ressemble à une F1 ou de beautés surmaquillées qui ne sourient jamais. Dans d’autres messages, c’est le chanteur untel qui se prête au jeu du type super occupé qui voyage partout. Bref, quelle que soit la pub, cela se termine par un plan du PDG qui d’une voix austère sans conviction et dans un anglais plus qu’approximatif conclue par le très original slogan : « Yes, Takasu Clinic ».
Pourquoi ces mots précisément ? Pour signifier « Oui, grâce à vous je m’en mets plein les poches », ou « oui, moi je suis riche et pas vous » ou encore « oui, j’ai un jet privé, un gros bateau et un joli costume » ? Qu’en pensez-vous ?
par Ludo
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13
Après toutes ces années passées au Japon, un geste ne finit jamais de me faire sourire.
Lorsque les Japonais font référence à eux-mêmes, ils ne montrent pas leur poitrine du doigt mais leur nez.
Pour schématiser, les Occidentaux considèreraient que le cœur, siège de l’âme, représente le mieux la personne alors que les Japonais
(j’ignore pour le reste de l’Asie), préfèrent leur appendice nasal (qu’ils ont
pourtant moins développé).
Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi ils pointent du doigt cet organe plutôt que le front (ambassadeur de la pensée), les yeux (élément
le plus représentatif d’un visage), ou la bouche (instrument de la parole)…
Des idées ?
PS : Ne manquez pas l'autre article du jour !
par Ludo
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11
Une expression japonaise me hérisse les poils jusqu’au sang (ça fait mal) plus que tout autre à chaque fois que je pose une question simple en cours d’anglais telle que « Est-ce que tu aimes les pommes ? ».
Beaucoup de gamins, habitués à fonctionner dans l’ombre d’une mécanique de groupe bien huilée et à ne fournir que le strict minimum, ne savent pas s’exprimer. Ils ne vont non pas s’efforcer de bien répondre ou de bien répéter mais placer approximativement quelques mots dans ce qu’ils perçoivent comme un brouhaha.
J’ai remarqué que certains professionnels dans le domaine ne disaient que le dernier mot ou que les voyelles marquées d’une phrase. Bref, pris individuellement, ils se retrouvent face à leur triste nullité sans même se montrer aptes à montrer leurs opinions. Heureusement la langue nippone moderne leur a fourni un outil parfait : le mot bimyo 微妙. Signifiant à la base « délicat », il remplace les plus longues expressions « Cela me semble difficile à déterminer », « Je ne saurai dire voyez-vous » ou « Là vous m’en collez une coriace ! ». Difficile alors de savoir si votre interlocuteur a compris ou non la question, s’il sait ou non répondre ou s’il réagit en normand jouant au p’têt’ ben qu’oui, p’têt’ ben qu’non.
Je préfère cela dit nettement ce mot à futsu 普通 qui veut dire « normal » et qui sert de joker un peu trop souvent et trahit un complet désintérêt.
Si encore je leur ordonnai de statuer pour ou contre la peine de mort, je comprendrais bien leur peine mais pour le goût d’une foutue pomme, on aime ou on aime pas non ?
par Ludo
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3
Tirés de la série de jeux vidéo comique Sarugecchu (Ape Escape en Europe), les Piposaru déjà aperçus ici ressemblent à des singes en caleçon coloré avec un gyrophare comme couvre-chef. La popularité de la bête et la bonne humeur provoquée par leur sourire niais a poussé les gérants de machines à sous à investir dans la licence. Je ne parle pas ici de jackpot ou de pachinko mais des UFO catchers ou assimilés. Ces dispositifs que l’on retrouve dans toutes les foires du monde ne vous sont certainement pas inconnus : après vous être délesté d’une pièce, vous pouvez actionner une petite grue au moyen de deux boutons, en ne perdant pas de vue que les mouvements sont limités en nombre et en temps, afin de saisir au moyen des deux pinces molles la peluche convoitée.
Il me semble que les appareils de ce type au Japon sentent nettement moins l’arnaque qu’en France puisque le taux de réussite parait supérieur ici. La qualité des lots se place une dizaine de cran au-dessus des immondes bestioles poilues à moitié poussiéreuses et rêches sans doute fabriquées pour dix centimes dans une obscure usine indienne et qui polluent les fêtes foraines d’Europe. Pas de sosies grossiers cousus à la va-vite de Pïkachu par exemple.
Et pourtant, rien n’y fait, ces machines sentent toujours aussi louches à mes yeux et cette peur de perdre mon argent pour rien me pousse à les éviter…
par Ludo
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6
A quelques encablures d’un des collèges où j’officiais l’année dernière, se trouve un temple shintô surprenant. Coincé entre le trottoir et le mur d’un immeuble, il ne fait pas plus d’un mètre cinquante de large pour trois mètres de long.
Apparemment, comme c’est le cas ailleurs, le lieu de culte occupait une plus grande surface jadis, mais les besoins immobiliers ont poussé les promoteurs à grignoter petit à petit de l’espace sur ce dernier.
Pourquoi ne pas raser tout bonnement la chose ? Les Japonais étant plutôt superstitieux, on préfère réduire l’aire d’un temple plutôt que de le détruire et de provoquer la colère d’un esprit revanchard. Serait-ce la même hypocrisie qui pousse certains à laisser en plan des écoles abandonnées et des maisons où ont eu lieu des suicides ou homicides ?
par Ludo
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