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Samedi 23 février 2008
par Ludo publié dans : Brêves tentatives d'humour
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Vendredi 22 février 2008

Un petit clic sur l’image !

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par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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Jeudi 21 février 2008

Bien qu’amateur de courses sur faible distance (pas plus de cent mètres), j’ai toujours ressenti un profond mépris pour les courses d’endurance. Je n’ai jamais pu comprendre l’utilité de courir longtemps, un réflexe reptilien j’en conviens.

A l’âge de onze ans, mon école primaire organisa un cross. Cela partait d’un terrain de football pour se poursuivre dans les bois voisins et cela se terminait par trois tours de stade alors que la ligne d’arrivée se situait en plein centre de ce dernier.

Nous nous étions entraînés activement pendant quelques semaines et avions appris à économiser nos forces, à bien gérer notre souffle et à prier que chaque séance se termine rapidement.

Le jour J, la tension était à son comble. Habitué à me fatiguer le moins possible, une sensation nouvelle avait pourtant envahi mes jambes ce jour-là : l’esprit de compétition, et je n’étais pas le seul. Tels des chevaux sur le point de bondir au départ d’un tiercé, nous nous poussions de plus en plus violemment tout en essayant de garder la pause la plus aérodynamique possible qui nous permettrait de coiffer les autres au poteau. Nos instituteurs avaient bien senti notre nervosité et ils nous demandèrent de nous calmer et de bien veiller à ne pas tout donner dans les premiers mètres de la course.

« A vos marques ! ».

Le temps semblait soudainement figé et aucun murmure ne se faisait entendre.

« Prêts ? … Bang ! ». Une bonne seconde après la détonation, nous traversâmes la surface au triple galop comme un troupeau de gnous aveugles alors que nos enseignants tentaient de nous résonner : « Plus lentement ! Plus lentement ! ».

Bien placé au bout de cent mètres, je me mis à ralentir et respirer en rythme s’avérait très pénible. Petit à petit mes poursuivants m’avaient rattrapé, et je me retrouvais parmi les derniers. Devant moi, un garçon que je ne connaissais que de vue paraissait regretter tout comme moi, d’avoir ainsi dépensé ses forces.

 
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Après avoir traversé la forêt, nous aperçûmes le stade mais cela ne me réconforta guère. Dans mes yeux d’enfant, ces trois tours de piste représentaient une sacrée distance. C’est donc avec amertume que je les entrepris. « Encore trois tours, et je me dirige vers le centre et la ligne d’arrivée, et ce sera fini » ressassais-je alors dans ma tête. Soudain, il se produisit une chose incroyable. Mon camarade de course, dont j’avais vu le dos pendant une bonne partie de l'épreuve, coupa la piste et rejoignit l’arrivée. Comme ça, ni vu, ni connu. Je fus stupéfait face à un tel culot.

Plusieurs minutes plus tard, je terminais ce calvaire plutôt dégoûté. Si je l’avais voulu, je n’aurais pas fini quelque chose comme 72ème sur 80 mais 2ème puisque notre petit malin avait remporté le cross ! Cela posait de surcroît de sérieux doutes sur l’intégrité des premiers arrivés : combien d’entre eux n’avais pas réalisé leurs trois tours ?

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Mercredi 20 février 2008

Un peu partout dans le pays, on rencontre parfois des bâtiments complètement abandonnés. Il peut s’agir d’armatures en acier d’immeubles dont la construction a été interrompue comme à Fukuoka, d’hôpitaux en ruine comme à Kobe, d’écoles désertées ou des parcs d’attraction morts comme en banlieue de Nagoya ou tout simplement des maisons inhabitées. Ce dernier cas n’a rien de rare. Généralement elles ont la forme d’habitations en tôle et se reconnaissent du premier coup d’œil par leur épaisseur de rouille, des fenêtres cassées, des palissades éventrées, la présence d’ordures sauvages ou une végétation anarchique. Pourquoi tout cela est-il laissé en l’état ? Sans doute parce que cela reviendrait trop cher de tout démolir… Certaines demeures seraient de surcroît hantées, de quoi définitivement écarter tout Japonais superstitieux.

 
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Dommage car certaines vieilles bâtisses mériteraient vraiment le détour si on se donnait la peine de les restaurer.

par Ludo publié dans : Ougl
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Mardi 19 février 2008

Voir les épisodes précédents.


On rencontre parfois des individus dénués de savoir-vivre lorsque ceux-ci se retrouvent avec une place assise. Je ne parle même pas du comportement nippon typique et plutôt paradoxal quand on connaît le respect dont ils font souvent preuve dans d’autres situations, qui consiste à complètement ignorer les personnes âgées, enceintes ou handicapées. Il ne m’a été donné qu’à de rares occasions de voir un Japonais laisser sa place à une de ces personnes et généralement mes collègues et moi-même restent les seuls à s’exécuter. Souvent d’ailleurs, la petite vieille à laquelle vous libérez votre place vous regarde avec des yeux de cocker battu, étonnée qu’on lui fasse une telle faveur et après lui avoir confirmée que cela ne vous dérange pas, elle ne cessera de vous adresser des courbettes jusqu’à ce qu’elle descende du wagon. Oublions donc ces actes de politesse élémentaire qui semblent hélas faire défaut pour nous concentrer sur une autre attitude. Face à un espace libre sur une banquette, certains vont faire tout leur possible pour irriter leur entourage en se mettant les jambes bien écartées et avec un journal dans un emplacement qui pourrait accueillir facilement deux personnes si ils se donnaient la peine de penser aux autres. Remarquez que ceux qui posent leur sac sur une place libre alors qu’ils restent debout mérite bien plus mon courroux. Le spécimen qui nous intéresse aujourd’hui fut observé par mon collègue britannique Ian.

Quatre personnes dont trois bien serrés et un beaucoup plus à son aise occupaient une banquette pour cinq personnes (ou six sardines). Notre homme, que nous appellerons Marmaduke, bénéficiait d’une marge confortable à sa droite et à sa gauche et, s’il avait fait preuve d’un peu plus de jugeotte, il aurait pu se déplacer d’un côté pour permettre à quelqu’un de s’asseoir, mais tel un chevalier de Ni, il n’allait pas broncher d’un poil. A un arrêt, plusieurs personnes s’engouffrèrent dans la rame. L’un des passagers, voyant qu’il pourrait s’asseoir sans même que les gens soient serrés les uns contre les autres, fit le fameux signe du coupe-chou à l’aide de la main droite, dit « sumimasen » (excusez-moi) et commença à fléchir les jambes. Le signe du coupe-chou, utilisé essentiellement par les salary-men, s’emploie dès lors que l’on veux s’insérer dans un espace, étroit ou non : lorsque l’on veut traverser perpendiculairement une file d’attente, passer entre deux personnes qui vous arrivent de front dans une foule, ou ici pour prendre place. Marmaduke, resta parfaitement immobile, les yeux dans le vide. Ayant compris qu’il s’adressait à un légume, notre salary-man se mit alors en quête d’une place ailleurs.

 
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A l’arrêt suivant, un autre salary-man débarqua et le plus naturellement du monde, fit le signe du coupe-chou et confronté à un silence inattendu, demanda, d’une voix assez insistante « sumimasen ». Aucune réaction. Marmaduke regardait droit devant lui.

Agacé, Salary-man 2, pensant que son interlocuteur devait être bouché à l’émeri, réinsista avec un sumimasen dont le volume couvrait les voix enregistrées. Rien. Notre rustre devait être piqué au curare et incapable de bouger. Notre pauvre homme, dépité, laissa tomber devant un tel manque de civisme…

Une fois encore, personne n’osa se plaindre même si la tension était devenue palpable.

 

A suivre

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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