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Vendredi 23 mars 2007

Howard : Maintenant, pour entrer dans la station de métro proprement dite, il n'est pas question de jouer à saute-mouton sur le tourniquet, de se démettre l'épaule en forçant le portique en métal placé derrière, de faire un bras d'honneur aux autorités compétentes tout en courant sur le quai pour attraper le première rame qui se présente et éclater d'un rire sardonique en multipliant les gestes obscènes de derrière la vitre envers les contrôleurs mollement lancés à votre poursuite  qui vous répèteraient "Arrêtez S'il vous plait, monsieur, ce n'est pas légal."

 

En effet, je vous rappelle que 1) nous sommes au Japon, et que donc ça ne se fait pas, et que 2) de toutes façons, tout cela est inutile, puisque, souvenez-vous de la première partie de cet article : vous VENEZ d'acheter un billet.

 

Vous vous présentez donc au portique d'entrée, qui, Contrairement à ceux du métro parisien, par exemple, est assez large. Vous entrez votre ticket à l'endroit prévu à cet effet, et il ressort au bout du portique. Vous récupérez alors votre ticket, et si tout se passe bien (et vous allez le voir, comme souvent au Japon, tout est conçu pour que ça se passe bien), vous passez le portique sans encombre, et sans même franchir de tourniquet.

A la sortie du métro, c'est la même chose, à la différence notable que votre ticket est conservé dans la machine. De cette sorte, il est théoriquement impossible que vous vous retrouviez à l'air libre, sorti du métro, un billet usagé à la main, contrairement au métro parisien, qui vous laisse collectionner les tickets usagés, quasiment indistingables (NDLudo : copyright Howard 2007) des tickets neufs.

 

Ah, bien sûr, si une anomalie a lieu au portique, à l'entrée ou à la sortie, certaines légendes prétendent que deux portillons ridiculement bas se referment devant vous, mettant au défi n'importe quel caniche de faire un pas de plus. Un "bip" sonore retentit, vous désignant à la vindicte populaire.

 

Si cela a lieu à l'entrée:

1) vous avez oublié de récupérez votre ticket à l'extrémité du portique. Vous êtes distrait, ou bien vous êtes moi, mais de toutes façons, l'erreur est réparable. Il vous suffit de vous gratter l'arrière de la tête en souriant bêtement ("Ah, j'suis bête!"), et de récupérer votre ticket comme un grand garçon. Le portillon s'ouvrira comme par miracle, et vous serez automatiquement pardonné.

2) vous avez tenté de truander. Comme il a été dit plus haut, vous êtes au Japon. Cela est donc impossible pour la bonne raison que ça ne se fait pas. Vous avez dû rêver, enfin.

 

Si cela a lieu à la sortie:

1) vous avez perdu votre billet et essayez de passer en force. Honte sur vous. Si vous assumez malgré tout votre geste, inspirez-vous des premières lignes de cet article pour connaître la marche à suivre.

2) Vous avez bien votre billet, mais vous ne l'avez pas payé assez cher pour la distance que vous avez parcourue. Pas de panique. Cela arrive à tout le monde et c'est prévu. Une borne nommée "Fare adjustment", située à toutes les sorties, vous permet de faire l'appoint. Un nouveau ticket vous est alors délivré, qui vous permet de sortir normalement du métro en ayant sauvé la face.

3) Vous vous êtes trompé de billet. Vous avez essayé de sortir du métro avec un billet que vous avez acheté la veille pour aller aux bains publics (C'est une expérience vécue). C'est normal, tous ces bouts de papier qu'on vous donne pour un oui ou pour un non ont tous la même taille et se ressemblent tous. Récupérez donc le bon ticket et sortez en regardant vos chaussures pour éviter le regard narquois du contrôleur qui vous a expliqué la situation.

 

Voilà, vous savez maintenant prendre le métro au Japon. Amusez-vous bien!

Ludo : Il y a douze ans, lors de ma première venue au Japon, les contrôles dans les gares des lignes de JR (du moins à Osaka) étaient entièrement opérés par du personnel. Il n’y avait pas de machines dans lesquels on passe son ticket et il fallait donc le montrer à l’entrée et à la sortie à l’un des nombreux types en casquette assis où se trouvent désormais les portillons. Les fraudes étaient beaucoup plus nombreuses. Imaginez que vous possédiez une carte orange valable d’un point D à un point E mais que vous partiez de A. Dans ce cas, vous deviez présenter en A un billet bon marché correspondant à un trajet court A/B et montrer votre passe en E alors que vous auriez dû payer théoriquement la distance A/D. Euh me suis-je bien fait comprendre ?

Aujourd’hui, on ne peut profiter de tels tarifs que quand les machines débloquent, ce qui m’est arrivé il y a deux semaines. Munis d’une carte prépayée dont le montant de chaque aller et retour est facturé jusqu’à que la somme totale y figurant soit épuisée, je m’avançais vers la sortie. Un énervé, sans doute très pressé me collait au train. Je passai ma carte dans la machine et juste quand mes pas atteignirent les battants, ceux-ci se refermèrent mais trop tard pour me laisser emprisonner. J’en déduisis que l’homme qui me suivait avait passé trop vite sa carte et avait déclenché l’alarme. Le pauvre fut contraint de changer de file mais là encore, le bip retentit. Je continuais tranquillement mon chemin et par curiosité examinai ma carte. Bizarrement le montant du voyage que j’avais effectué n’avait pas été débité ! J’avais en fait truandé sans m’en rendre compte mais personne n’avait été là pour me le reprocher…

 

PS : N’allez pas croire que le sourire bête que j’effectue à la fin soit naturel.

par Howard et Ludo publié dans : Ambiances
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Jeudi 22 mars 2007

Agaga… Gniii… Bêêê... Si la plupart du temps, je reconnais les bienfaits de ma taille (1m90), je dois bien admettre que cela m’a pénalisé dans plusieurs situations. En y réfléchissant, l’intérêt que porte mon crâne à tous les obstacles remonte à une époque où je faisais encore partie des plus petits (je ne me suis mis qu’à vraiment pousser à quinze ans).

Je me souviens parfaitement des quelques chocs violents qui ponctuent encore comme des timbales ma mémoire dès lors qu’une pensée de l’école primaire ressurgit.

Agaga… Gniii… Bêêê... J’étais en CE2 et j’adorais jouer à la délivrance : ce jeu si populaire à l’école et si has-been en début de collège. Bref je filais comme le vent à une vitesse enivrante tout en frôlant les murs pour éviter mes poursuivants et m’apprêtais à tourner à gauche au coin du bâtiment. Ce que j’ignorais c’est qu’un autre athlète, occupé à une autre délivrance, faisait la même chose dans la direction opposée. L’impact fut brutal : je me pris le front du bulldozer en culotte courte sur le nez et tombai, sonné sur le bitume. Je me rappelle encore le son produit : comme un gros sac en papier que l’on fait exploser contre vos tympans suivi d’un acouphène qui prend le pas sur tout ce que vous entendez, façon souffle d’explosion qui vous rend sourd momentanément (chose que je n’ai expérimentée qu’au cinéma et dans les jeux vidéo je vous rassure). Une institutrice me récupéra pour me porter à l’infirmerie où je passais une bonne demi-heure. J’avais eu très mal mais cela n’avait eu aucune conséquence grave… Agaga… Gniii… Bêêê... Je regrette seulement que mon nez bifurque légèrement d’un côté depuis.

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Deux ans plus tard, en Corse, je me fis très peur. Mes parents et moi-même étions partis en randonnée avec plusieurs personnes pour nous baigner dans ce que l’on appelle des « marmites », des roches polies par l’érosion due aux cascades et ressemblant donc à de gros récipients. L’eau y est un peu fraîche mais limpide, ce qui permet de voir sans problème le fond et ses creux soudains. J’avançais donc prudemment dans ce paysage insolite et pris pied sur un rocher recouvert de seulement dix centimètres d’eau. C’est au moment où je me remis en marche que mes talons dérapèrent sur cette surface extrêmement glissante et j’effectuai un vol plané avec atterrissage du dos de la tête sur la pierre. Ma mère vit et surtout entendit la scène. Un gros bruit de bûche que l’on fait tomber sur le sol avait retenti. L’analogie avec la calebasse aurait pu marcher mais ma tête n’est pas aussi creuse que ça. Agaga… Gniii… Bêêê... Je fus assommé mais conscient, et ne bougeai plus de ma serviette située au bord de la rivière. Il est clair que je n’avais plus trop envie de faire le mariole. Là encore aucune séquelle, juste une bonne grosse bosse. Agaga… Gniii… Bêêê...

Aujourd’hui, je continue allégrement de jouer du front sur mon environnement : qu’il s’agisse des portes de mon appartement, des pancartes des supermarchés, des portes de trains et des portes d’écoles (jusque là rien n’a battu le record du point de suture), et ce au moins une fois par semaine.

Nul doute que mes capacités intellectuelles ont souffert de tout ce que j’ai enduré. Voilà peut-être pourquoi je ne tiens pas plus de 28 secondes à ce jeu. Agaga… Gniii… Bêêê...

 

PS : Ougl fête aujourd’hui son 800ème article.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Mercredi 21 mars 2007

Après le « H » de Haken no hinkaku, voici le « I » de :

 

Ikki ikki いっきいっき

 

Lors d’une beuverie avec des Japonais, il arrivera toujours que l’un des convives soit forcé à boire à la manière ikkinomi 一気飲み, c’est-à-dire « cul sec ».

Cette pratique très répandue, surtout chez les étudiants de fac, se réalise de préférence avec de la bière, en demi pinte. Certes il arrive que vous tombiez sur des fous qui vont se taper une pinte entière voire, comme j’en fus une fois le témoin, trois pintes de suite mais dans l’ensemble, cela ne se déroule qu’une à deux fois par victime dans une soirée. Malheureusement comme beaucoup de Japonais demeurent incapables de supporter l’alcool, les faire boire de la sorte revient à les rendre KO pour le reste de la journée. Lorsque quelqu’un daigne se prêter au jeu, tout le monde lui crie ikki ikki au fur et à mesure qu’il descend son verre et cela se ponctue par une salve d’applaudissements.


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Ce rite barbare ne concerne pas seulement les adultes. A l’école, toutes les classes possèdent leurs champions. Evidemment le challenge ne porte pas sur l’alcool mais sur l’ingestion d’une bouteille de 25cL de lait.

Jusqu’à présent, le pire que j’ai vu en la matière, reste ce professeur lors d’une sortie en izakaya. Il aspira littéralement en à peine plus d’une seconde une demi pinte de bière. Il m’avoua que sa technique était dangereuse puisqu’il se servait d’un appel d’air pour tout gober. Il faut le voir pour le croire.

A chaque fois que l’idée d’avaler tout rond le contenu d’un verre ou d’une bouteille germe dans le cerveau de quelqu’un, je me demande toujours pourquoi. Je continue à siroter lentement mon breuvage en imaginant mes élèves pouffer de rire avec du lait sortant par les narines ou des adultes responsables devenir rouges comme des écrevisses avec les yeux remplis de larme d’ivresse.

A suivre...

par Ludo publié dans : ABC
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Mardi 20 mars 2007

Alors que je m’affairais à imprimer le nombre de copies nécessaires pour mes cours de la journée dans la salle de la photocopieuse de l’école C., je constatais que la radio de l’établissement fonctionnait aussi dans cette pièce et qu’il était impossible d’en changer le volume ou de l’éteindre. La radio, tenue par les élèves, se charge d’effectuer des annonces, de titiller ses auditeurs par des énigmes et de passer de la musique pendant le déjeuner. Une fois n’est pas coutume, les responsables étaient à l’œuvre avant la première heure de cours pour préparer les écoliers à l’épreuve d’endurance prévue à la fin du mois. Une vieille cassette ayant sans doute servi à des générations d’enfants, fut passée pour encadrer la séance d’échauffement avant l’effort. Je ne laissai pas échapper une occasion pareille et l’enregistrai. La voix explique de quelle manière on prépare tel ou tel muscle.

par Ludo publié dans : Ambiances
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Lundi 19 mars 2007

Un petit sac pour démarrer la semaine ? Un petit clic sur l’image !


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par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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