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Mardi 24 avril 2007

Bâties bien avant la Lucent Tower, les « Towers », ces deux tours jumelles qui surplombent la gare centrale de Nagoya détenaient encore récemment le record du bâtiment le plus haut de la région avec leurs 245 mètres. En réalité, si l’une des tours fait bien cette taille, l’autre ne mesure « que » 226 mètres. A l’intérieur, les gares de Meitetsu, de JR (dont le Shinkansen), deux grands magasins, des restaurants, des bureaux et un hôtel. Je me souviens avoir visité le dernier étage (le 47ème si je ne m’abuse) il y a trois ans. Moyennant tout de même 850 yens à l’époque, je dois dire que la vue en valait la peine. Je pouvais même apercevoir ma résidence au loin. Hélas aujourd’hui, la promenade a été remplacée par une succession de bars de luxe et pour profiter de la belle vue d’antan, il est donc indispensable de changer plusieurs fois d’établissements… Dommage.


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On peut toujours néanmoins admirer la ville d’une bonne hauteur à partir du 15ème étage et gratuitement.

De là, on aperçoit le nouvel immeuble en construction, la Spiral Tower, le château de Nagoya et surtout le Midland Square qui est devenu depuis son ouverture fin mars, la plus haute construction de Nagoya et dont nous reparlerons prochainement.

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Lundi 23 avril 2007

Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué que l’un des mots qui composait l’une des nombreuses chansons de la cérémonie de remise des diplômes était prononcé d’une bien curieuse façon. La faute revient aux paroles comme le prouve la photo (un petit clic sur l’image).

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Le mot « heart » se retrouve ainsi bien souvent tronqué d’une lettre aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Ce mal touche tout le monde, y compris des artistes de renom, comme la chanteuse coréenne BoA (très active au Japon) et son single « Every heart » où le mot devient à chaque refrain « every hurt » ! Cela reste d’autant plus troublant quand on sait que le mot se dit le plus normalement du monde en japonais : haato ハート. Nous en tirerons la conclusion suivante : beaucoup de Japonais sont convaincus que la vraie prononciation anglaise est « hurt ». Je me souviens ainsi d’une collègue japonaise, prof d’anglais au collège (oui, celle-ci) qui disait toujours à ses élèves d’apprendre leur leçon « by hurt ».

par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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Vendredi 20 avril 2007

Après le « J » de juice, voici le « K » de :

 

 

Kazoekata 数え方

 

 

Littéralement « manière de compter ».

 

Si cet abruti de gouverneur de Tokyo, le tristement célèbre Ishihara estimait l’année dernière que les Français étaient stupides puisque leur manière de compter n’était pas logique (allusion aux nombres supérieurs à soixante-neuf), je ne vais pas me servir d’un raccourci facile pour critiquer les habitants de mon pays de résidence. Si les chiffres en eux-mêmes ne sont pas bien difficiles en japonais, tout se corse dès qu’on les combine à des noms.

 

Explication :

 

Un, deux et trois se disent ichi , ni , san .

 

Si vous avez choisi de compter, mettons… des pommes, vous devez dire ikko 一個, nikô 二個, sankô 三個 comme pour la plupart des fruits mis à part ceux qui sont longilignes puisqu’on doit dire dans ce cas : ippon 一本, nihon 二本, sanbon 三本. On compte de la même manière les baguettes de pain, les crayons etc. Voici donc un récapitulatif, non exhaustif des différentes expressions utilisées.


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Pour des machines, des pianos, des voitures : ichidai 一台, nidai 二台, sandai 三台

 

Pour des objets longs, des trains, des bouteilles, des poils : ippon 一本, nihon 二本, sanbon 三本

 

Pour des personnes : hitori 一人, futari 二人, sannin 三人

 

Pour des repas : isshoku 一食, nishoku 二食, sanshoku 三食

 

Pour les couleurs : isshoku 一色, nishoku 二色, sanshoku 三色

 

Pour de la nourriture dans un bol, de la boisson dans un verre : ippai 一杯, nihai 二杯, sanbai 三杯

 

Pour des animaux kawaii : ippiki 一匹, nihiki 二匹, sanbiki 三匹

 

Pour des animaux de grande taille (chevaux, bœufs, lions) : ittô 一頭, nitô 二頭, santô 三頭

 

Pour des oiseaux et les lapins : ichiwa 一羽, niwa 二羽, sanwa 三羽

 

Pour des maisons : ikken 一軒, niken 二軒, sanken 三軒

 

Pour des vêtements que l’on porte sur la partie supérieure du corps : icchaku 一着, nichaku 二着, sanchaku 三着

 

Pour des pantalons, des bermudas, des chaussettes, des chaussures : issoku 一足, nisoku 二足, sansoku 三足

 

Pour des feuilles, des mouchoirs, des serviettes : ichimai 一枚, nimai 二枚, sanmai 三枚

 

Pour des livres : issatsu 一冊, nisatsu 二冊, sansatsu 三冊

 

Pour des écoles : ikkô 一校, nikô , sankô 三校

 

Pour de petits objets, des fruits ronds : ikko 一個, niko 二個, sanko 三個

 

Pour des groupes de personnes : hitokumi 一組, futakumi 二組, sankumi 三組

 

Pour un nombre de fois : ikkai 一回, nikai 二回, sankai 三回

 

Pour des étages : ikkai 一階, nikai 二階, sangai 三階

 

Pour ce qui n’entre dans aucune catégorie : hitotsu 一つ, futatsu 二つ, mittsu 三つ

 

Etc.

 

Je le répète : tout ne figure pas dans cette liste. Je lance d’ailleurs un appel. Cela fait plusieurs années que je recherche un ouvrage qui les recenserait tous. Je n’en connais que 75 et je sais qu’il y en existe bien plus. Si quelqu’un a des pistes…

A suivre...

par Ludo publié dans : ABC
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Jeudi 19 avril 2007
Fin mars dernier, j’assistai pour ce qui devait être la cinquantième fois de ma carrière à une cérémonie de remise de diplômes. Comme toujours, une nuée d’élèves s’égosillaient sur une musique choisie pour l’occasion et répétée tous les jours pendant le mois qui précédait le jour J. Le résultat n’est pas si mal même si on ne peut s’empêcher d’avoir mal aux tympans suite à certaines fausses notes et à des problèmes de rythme. Maintenant imaginez la même chose pendant une demi-heure et vous aurez une idée de ce que qui compose la moitié d’un tel événement.
PS : Et voici le premier article jamais publié pendant mes heures à l'école.
par Ludo publié dans : Ambiances
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Mercredi 18 avril 2007

Je viens de démarrer ce lundi une nouvelle année scolaire, sans doute la dernière en tant qu’ALT. Cela fait désormais cinq ans et demi que j’effectue ce boulot et je dois dire que cette année fut l’une des pires. Je ne reviendrais pas sur les élèves, la pire cuvée de primaires depuis mes débuts.

Ce cru 2006-2007 s’avéra dès le début infect quand le rectorat nous imposa un programme de cours complètement aberrant. Différents professeurs, curieusement tous japonais, avait été chargés au préalable de plancher sur une année en particulier (CE2, CM1, CM2 ou 6ème). En parallèle d’autres enseignants avaient préparé les imprimés destinés aux élèves et visiblement les deux parties ne s’étaient pas entendus sur la formule à adopter au final. Par exemple, si le programme stipulait une réponse par « No, it isn’t », les copies disaient « No, it is not ». Cela n’a l’air de rien comme ça mais c’est le détail qui change tout. Lors du premier cours sur ce problème, je dus lutter pour que mes brebis retiennent la première formule mais j’ignorais alors que pour un élève japonais de primaire, à fortiori dans une classe difficile, c’était mission impossible.

Là où le programme demeurait le plus inintéressant, c’était pour les CM2. Chacun de mes cours étaient répétés par l’instituteur la semaine suivante alors que je me trouvais dans une autre école. Donc un même sujet était expliqué deux fois. Pour les CM2, c’était vraiment rébarbatif. Prenons par exemple les parties du corps. Outre le vocabulaire à retenir, il y avait aussi la phrase « What is this ? » et sa réponse étrange « It’s a finger ». A moins d’en trouver un derrière une porte, je ne vois pas à quoi peu servir la chose. Après le cours de révision avec l’instit’, on en remettait une couche une troisième fois mais cette fois-ci avec « Is this a finger ? » et « Yes, it is/ No, it’s not », le tout ressassé une quatrième fois en mon absence… Ce manège fut appliqué de même pour les couleurs, les sports etc. jusqu’à la fin de l’année !

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Toutefois, la chose qui me fit pousser le plus de cris fut l’intégration systématique de chansons, pour TOUS les cours. Les chansons, à la base, je n’ai rien contre. Il n’y a d’ailleurs pas meilleur moyen pour apprendre l’alphabet. En revanche, perdre dix minutes d’un temps déjà compté à cet exercice me parait ridicule, surtout pour des gamins qui ne savent pas encore s’exprimer en anglais autrement que par des mots. La plupart des chansons choisies nécessitaient un niveau que j’estimais déjà élevé pour des collégiens, alors pour des primaires… Le vocabulaire n’y était pas évident et le rythme beaucoup trop rapide. Les chansons possèdent à mon sens un effet néfaste : elles vous font disparaître pour le reste de l’heure la concentration de la totalité des gamins. Une fois la musique en route, la classe se divise en deux groupes : une majorité regarde dans le vide en attendant que ça se passe et le reste se met à gesticuler et à brailler des mots avec une ressemblance de 5% avec les paroles. Une fois la musique arrêtée, il devient impossible de reprendre le contrôle à moins de pousser une gueulante. J’entends déjà certains lecteurs me dire que d’apprendre par la musique ce qu’ils viennent d’entendre de la bouche de leur professeur ne peut pas vraiment leur faire de mal. Le problème c’est que dans 80% des cas, les chansons de la journée n’avaient absolument aucun rapport avec la leçon ! Du coup, à l’exception d’une ou deux classes parmi mes 41 de l’année dernière (où les enseignants insistaient lourdement), je faisais l’impasse sur ces bêtises. Je dois dire que cela ne fut pas du goût de tous. Qu’est-ce qu’on a pu me pourrir la vie avec ces satanées chansons ! A mes débuts, je manquais clairement d’expérience et accueillais à bras ouverts tous les conseils que les collègues pouvaient me donner. Un an plus tard, tous encensaient mon travail (si si) et jamais on ne me fit une seule remarque sur mon travail. Or cette année, le tiers d’entre eux se plaignaient en plein milieu d’une cession car il remettait en cause continuellement mes méthodes pourtant éprouvées ailleurs (je vous renvoie à cet article).

Mon employeur perdit le contrat qui le liait avec ce rectorat à la fin du mois dernier. Une entreprise concurrente fut choisie car son offre demeurait plus intéressante financièrement. Tous mes collègues étrangers travaillant pour cette zone furent donc priés d’aller voir ailleurs alors qu’une proposition scandaleuse fut faite à certains : on a peut-être un boulot pour vous mais cela implique une baisse de salaire. Je refusai la première fois quand on me demanda si j’acceptais pour 76000 yens de moins. Deux semaines plus tard, n’ayant rien de tangible entre les mains, je disais oui à une deuxième offre à 50000 yens de moins.

Bref depuis lundi, j’ai changé de zone académique. J’officie toujours dans le primaire mais ce sera ma dernière année en tant que prof d’anglais. Je vous promets un article dans quelques mois à ce sujet.

Critiqué par les instituteurs, usé par les mômes turbulents et poignardé dans le dos par ma propre boîte, je garde donc un goût plus qu’amer de cette année scolaire. Une seule chose me réchauffe encore le cœur, les paroles d’une élève de CM2. Elle m’avoua qu’elle aimerait bien refaire le « même jeu » (un baccalauréat, la seule activité qui ne figurait pas au programme) la semaine prochaine parce qu’il était très amusant. Elle ignorait qu’il n’y avait plus d’autre cours. Elle me dit alors « bon ben l’année prochaine alors ». Je lui répondis que les chances pour que je revienne dans la même école étaient minces (sachant pertinemment que tout était perdu). Elle fit alors la moue en disant « je ne veux pas d’un autre prof. Parmi tous ceux que j’ai eus, vous êtes le meilleur. Les autres, ils se contentent de balancer du vocabulaire et ne sont pas drôles ». Les larmes à l’œil, je lui dis merci.

par Ludo publié dans : Ecoles
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