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Vendredi 25 mai 2007

Howard :

Cette expression bien connue des amateurs des Nuls ne s’applique pas au Japon, et pour cause : le dîner lui-même EST souvent un spectacle. Dans les restaurants de robatayaki, le spectacle est donné par le cuisinier lui-même, officiant avec une dextérité stupéfiante au centre d’une table spécialement aménagée pour l’exercice. Spectacle auquel je n’ai malheureusement (mais heureusement pour mon portefeuille) assisté qu’une seule fois dans ma vie, il y a bien longtemps. Mois cher et universellement répandu au Japon, les petites gargottes à ramen et autres, où on a littéralement le nez sur ce que fait le cuisinier, et où le nombre limité de place autour du comptoir rend de plus l’ambiance plutôt conviviale.

Cependant, je pense plus ici au spectacle donné par les convives eux-mêmes, dans divers types de restaurant ayant à la base pour point commun le concept de « faites-le vous-mêmes », qui fait que chacun cuisine lui-même son repas sur la table. Un autre point commun à tous ces restaurants est la présence systématique d’un réchaud adapté, encastré au milieu de la table, les ingrédients en occupant la périphérie.

Citons de manière non exhaustive (je dis ça, mais je n’en vois pas d’autre pour l’instant. Si vous avez d’autres idées, faites-nous signe)

- les restaurants de barbecue. Bon d’accord, c’est coréen à la base,

- les restaurants de friture. Je n’en ai vu qu’un, mais un bien : « all you can eat » pendant une heure.

- les restaurants d’okonomiyaki, plus significativement répandus.

Dans ces derniers, les clients commandent un type de pâte à okonomiyaki (constitué principalement d’une espèce de pâte à crêpe et de choux blanc émincés), la répandent eux-mêmes sur une plaque chauffante occupant les ¾ de la surface de la table, puis la triturent savamment avec des spatules jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus. On accomode ensuite avec de la sauce et du krill séché (c’est super).

Là, le spectacle se termine, et le repas commence.


Ludo :

Ce que Howard prépare avec classe dans la vidéo n’est pas un okonomiyaki お好み焼き (spécialité d’Osaka) mais un monjayaki もんじゃ焼き (spécialité de Tokyo, en gros la même chose mais en beaucoup plus baveux). Pour la petite histoire, nous nous trouvions dans le quartier de Shibuya à Tokyo à ce moment-là. Dans le domaine de la cuisine conviviale, je rajouterais les nabé où l’on se rassemble autour d’un caquelon pour faire bouillir des légumes et de la viande et le shabu-shabu.

par Howard & Ludo publié dans : Ambiances
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Jeudi 24 mai 2007

Avec l’arrivée de températures idylliques qui ne dureront que quelques semaines, le mois de mai est aussi synonyme de koinobori こいのぼり, ces espèces de manche à air en forme de carpes. Je croyais la tradition un peu tombée en désuétude mais il semblerait que ce ne soit le cas qu’en ville. Il est vrai que les appartements ne se prêtent guère à ce genre de décoration et seuls quelques irréductibles osent ainsi parer leur balcon. Dans la campagne, comme ici, à proximité d’une de mes écoles ou à Shirakawago, dont nous reparlerons d’ici peu (voir photo), on rencontre de superbes spécimens. Le nombre de manches dépend du nombre d’enfants dans le foyer et les familles nombreuses n’hésitent donc pas à afficher leur fierté en sortant d’énormes carpes.

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A Iwakura, entre Inuyama et Nagoya, l’un des derniers artisans en la matière dessine lui-même sur le tissu les commandes passées, fait sécher le tissu puis l’assouplit et l’étire en le plongeant dans la rivière à proximité, comme s’il avait décidé de donner vie aux poissons peints en les plaçant momentanément dans leur habitat supposé.

par Ludo publié dans : Ougl
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Mercredi 23 mai 2007

Quand nous ne possédons pas l’énergie nécessaire pour confectionner un dîner (oui d’accord, plutôt Naoko que moi-même), nous choisissions jusque là entre le butadon du Yoshinoya pas loin de chez nous ou la commande d’une pizza. Etant pourtant situés en plein centre de Nagoya, aucun prestataire bon marché n’officie dans notre voisinage et nous devons débourser en moyenne plus de 3000 yens pour une pizza.

 

Las des mêmes formules, nous avons décidé un beau jour de commander des sushi. Après tout, cela ne coûte pas plus cher qu’une pizza, et le poisson c’est bon, comme chacun sait.

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Après cinquante bonnes minutes d’attente, le livreur arrive à bon port avec la marchandise fort bien présentée dans un plat en laque du plus bel effet. Ce plat n’est pas un cadeau de la maison puisqu’il faut le rendre au restaurant. Là où Howard le célèbre journaliste de passage en avril et mes parents le mois suivant ont été stupéfaits, ce fut en apprenant de quelle manière se déroulait l’opération. Il suffit de laisser le plat en question devant sa porte le lendemain, et le responsable vient le prendre. Inimaginable en France où l’objet disparaîtrait dans la seconde.

par Ludo publié dans : Tribulations gustatives
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Mardi 22 mai 2007

Parmi les souvenirs les plus marquants de ma « jeune jeunesse », mes premières années dans le milieu scolaire occupent une place privilégiée grâce à une succession de situations marquantes (outre celle-ci).

 

Ma toute première école accueillait des enfants de la première année de maternelle jusqu’au CE1. Je crois me souvenir que les effectifs par classe avait tout ce qu’il y a de plus humain et la cour, même pour mes jeunes yeux bleus, avait des proportions modestes. On y trouvait bien sûr du bitume, une grille en fer, un buisson et quelques arbustes en son centre, des bacs à sable, une fausse route avec des panneaux et des feux de circulation peints sur le sol et surtout le manège en plastique bleu, aux anses rouges et au centre blanc. Il ressemblait à une bête soucoupe volante sur laquelle on pouvait tenir à cinq ou six et tournait sur lui-même à vive allure pour peu que l’on s’en donne la peine. Curieusement je ne crois pas m’être disputé une seule fois pour monter sur l’engin sans doute parce que sa vitesse en avait traumatisé certains. Nous n’étions donc plus que quelques irréductibles à goûter aux fous rires de cette centrifugeuse.

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Le petit espace vert central abritait toujours après la pluie de nombreux escargots qui périssaient de nos mains non pas sadiques, mais trop maladroites. Une coquille reste fragile dans les mains d’un gamin de 6 ans. J’ai toujours à l’esprit cette désagréable sensation de voir couler entre mon pouce et mon index le jus froid et sirupeux d’un gastéropode agonisant. Ca, nous n’y allions pas avec des pincettes. La dernière fois que je décidais de prendre une de ces bêtes à cornes dans la main (en CP), je dus tendre le bras assez loin dans le buisson que j’ignorais truffé d’épines. L’une d’elle pénétra sans crier gare dans la veine de mon poignet non sans m’arracher un cri de douleur. La cicatrice, qui atteignait un bon centimètre de long subsiste toujours.

 

La délicatesse, nous ne connaissions pas et les bagarres fusaient pour un oui ou pour un non. Assez vite, mon adorable minois d’Anakin Skywalker prépubère comporta des traces de griffures qui mirent plusieurs années à disparaître. Parfois, trop c’était trop, et il fallait en avertir une autorité supérieure : « Maîtresse, il m’a attaqué » surtout si on était en réalité la cause de la rixe.

 

Les ennuis démarraient le plus souvent dans l’un des bacs à sable. Nous avions quelques ustensiles en nombre limité à notre disposition : seaux, passoires, spatules. Soit les conflits débutaient par les convoitises causées par ces outils précieux, soit parce que quelqu’un bafouait les règles élémentaires de savoir-vivre. Le bac à sable fonctionnait comme une petite entreprise. On y rencontrait des extracteurs de sable fin (dans le jargon de l’époque « sable doux »), des extracteurs de sable mouillé (dans le jargon de l’époque du « j’en veux pas de ta gadoue »), des extracteurs de graviers, des filtreurs, des architectes et des agents de démolition. Les filles manipulaient la denrée la plus rare, le sable doux, pour faire des choses passionnantes, comme le passer entre leurs doigts pour le mettre dans un seau et éventuellement en donner un peu aux architectes après plusieurs demandes désespérées de leur part. Les architectes manipulaient le sable mouillé mais aimait bien recouvrir leur œuvre de sable fin, juste pour faire joli. Pendant que certains creusaient ou filtraient, certains décidaient subitement de changer de rôle et de faire capoter toute l’entreprise : « Ahaharrrh je suis un monstre, je détruis tout ! » ou « Ahaharrh tiens ! De la gadoue dans ton sable blanc ! ». Ces vandales, toujours les mêmes (et parfois moi) demeuraient souvent puni à cause de la haine qu’il suscitait par un « va t’en, j’te cause pus » voire un « j’vais l’dire à la maîtresse ! ». C’est vrai quoi ! On ne mélange pas le demi-gras de l’anthracite à ce que je sache !

 

Tout rentrait finalement dans l’ordre quand l’un des camarades avait eu la bonne idée d’apporter des « chouines gommes ». Un peu radin sur les bords, le possesseur des friandises rechignait souvent à se délester de ses denrées et n’hésitait pas à proposer à ceux qui le voulaient un autre arrangement. La scène se déroulait la plupart du temps comme cela :

 

- Euh l’aut’ ! Tu manges un chouine-gomme hé !

 

- Ben euh ouais.

 

- Tu peux m’en passer un neuf ?

 

- J’en ai plus. Je t’en passe un vieux si tu veux, il a encore du goût.

 

Il coupait alors avec ses incisives une partie de la bête qu’il mastiquait et la tendait à l’intéressé. Cette pratique était répandue dans tout l’établissement.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Lundi 21 mai 2007

Depuis quelques temps, et suite à la fermeture de notre supermarché habituel pour cause de travaux, nous faisons nos emplettes dans une toute nouvelle grande surface située à quatre arrêts de bus de notre domicile. Outre les produits d’alimentation, on trouve des vêtements, une boutique de sports, une librairie et une cafétéria entourée de différents stands dont un fast-food. Se voulant très américain, il n’a pas hésité à faire figurer tout un tas de mots anglais sur sa façade. Un petit-clic sur l’image !

 
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Nous nous retrouvons en face de plusieurs perles en Engrish. En voici quelques-unes prises au hasard :

 

- It’s so happy / It is glad to see you : nombreux sont les Japonais qui utilisent cette forme au lieu de dire « I am so happy ».

 

- Let’s join us and spend a pleasurable time : le mauvais emploi de let’s ou de together fait partie des fautes classiques.

 

- Can be healthy : mot à mot « peut être bon pour la santé ». Quoi ? Le fait de lire de l’anglais erroné ? J’en doute.

par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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