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Vendredi 22 juin 2007

A l’inverse du collège, le lycée restera pour moi quatre années de rigolade. Bien que l’esprit alourdi par une tonne de complexes et une timidité croissante (si si), je découvrais la « liberté » puisque je décidais de mettre un terme à mes huit années traumatisantes de musique, et me faisais énormément de copains.

 

A l’issue de la seconde, je me pris ce que l’on appelle dans les milieux ouglesques un hareng virtuel sur le nez. Bien qu’ayant obtenu pile la moyenne, on me « proposait » de redoubler. Le prof de français avait été le seul avec la prof de physiques à s’opposer à mon passage. Il me haïssait viscéralement. Pour une raison inconnue, il m’avait, d’après ses propres termes, « repéré » en début d’année. Je n’avais jamais rien fait pour déranger son cours (je le trouvais soporifique et regardais dans le vide) mais il s’adressait à moi parfois en plein milieu d’une leçon pour me demander de me taire. Chacune de mes protestations ne faisait qu’accroître sa colère incompréhensible.

 

Habitué à de très bonnes notes jusque là, je m’étais retrouvé à subir des scores en dessous de la moyenne. Mon style ne devait pas plaire. Il faut dire que je persistais à refuser le schéma type thèse-antithèse-gnagna. Lors d’un entretien avec ma mère (il m’en voulait vraiment beaucoup), il lui glissa : « je n’ai pas encore compris si c’était un jenfoutiste ou s’il le faisait exprès ». Quant à la prof de physiques, elle s’était contenté de prendre une décision arbitraire à partir de ma moyenne annuelle établie sur un nombre plus que limité de notes : trois pour être exact. Son manque incroyable d’organisation influençait ses cours qui en devenaient confus et nous accumulions retard sur retard. Au final, nous n’eûmes à plancher que sur trois contrôles (un par trimestre). Je n’obtins que 5 au premier, 8 au deuxième puis 13 au dernier. Malgré une courbe de progression indéniable, la moyenne n’était pas assez élevée. Mes parents décidèrent de faire appel et je pus malgré tout passer dans la classe supérieure. Lorsque j’appris les résultats et que j’en fis part à mon prof de mathématiques, il m’avoua que « c’était prévu ». Autrement dit j’avais 100% de chance de passer avec appel et que j’aurais été stupide de ne pas le faire…

 
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J’entrais quelques mois plus tard en première scientifique mais toutes mes connaissances de seconde se retrouvaient dans une autre classe y compris ceux qui avaient opté pour la même filière. Je les rencontrais néanmoins tous les matins avant les cours, le midi et pendant les « heures de trou ». C’est grâce à eux que je fis la connaissance d’un gars, un jour après le repas. Il ne parlait pas énormément mais semblait très cultivé et ne manquait pas d’humour. Je me souviens aussi qu’il avait beaucoup de cheveux. Il rentrait de quatre années en Martinique. J’étais loin de m’imaginer que plusieurs années plus tard, il allait devenir mon témoin de mariage. Sacré Howard !

 

Après une première S excellente du point de vue scolaire comme du point de vue émotionnel, je partis pour la première fois aux Etats-Unis (je vous raconterai ce périple au coin du feu la prochaine fois). Je revins en France avec une nouvelle marotte qui ne m’a plus quitté depuis : les jeux vidéo.

 

Une fois en terminal, j’étais résolu à m’amuser un maximum. Après tout, c’était la dernière année de scolarité et je me retrouvai avec une partie de mes potes, dont Howard. Le reste de la classe était malheureusement constitué de troubles fêtes de la pire espèce et tous les cours se déroulaient dans une atmosphère extrêmement bruyante. Rester concentré tenait du prodige et il fallait vraiment en vouloir quand de surcroît certains professeurs (en physiques notamment) donnait dans l’approximatif et le désordonné. Howard faisait parti des quelques rares qui résistaient mais, en ce qui me concerne, j’avais déjà jeté l’éponge. Je ne saurais rejeter la faute que sur les éléments turbulents de la classe bien sûr. Howard vous dira sans doute que je lui cassais pas mal les pieds quand je tentais par exemple de le dérider pour la trentième fois en quinze minutes pendant le cours de physiques.

 

Les cours m’ennuyaient à un point tel que je décidais de lancer un journal parallèle à celui du lycée. Imprimé à un unique exemplaire, il regroupait des articles décrivant certaines paroles prononcées par nos enseignants et restées dans la légende, des fausses pubs et bande-annonces (très inspirées par les Nuls), des pamphlets sur les dirigeants du lycée etc. Il n’y eut que six numéros distribués de mains en mains d’une classe de terminale à l’autre. Je m’étais trouvé une vocation de journaliste sans savoir que j’allais le devenir quelques années plus tard (assez brièvement certes). Je gérais tout : rédaction des articles, dessin par ordinateur et impression alors que Howard (déjà) rédigeait quelques billets. Le magazine connut vite son petit succès ce qui me poussa à m’investir plus encore dans sa réalisation, souvent au détriment de mes études. Il n’y a guère qu’en langues que j’obtenais de bons résultats. Puis le moment du bac arriva, et sans surprise je redoublai.

 

Pour ma dernière année de lycéen, j’atterrissais dans une classe plus calme et fis la connaissance de KM, très calme aussi. Nous partagions le même âge et la même passion pour les jeux vidéo. Déjà on pouvait le qualifier d’otaku de l’informatique. Ce n’est que plus tard qu’il devint en plus un otaku du Japon, appellation dont il est sans aucun doute fier (^_^). Je finis l’année sans encombre et finis par décrocher le bac. Un hic cependant : je n’avais pas la moindre idée de la voie dans laquelle j’allais m’orienter. Jusqu’au début de ma première terminale, j’avais réalisé mon choix : je voulais devenir océanographe à tout prix. Après quelques recherches il en ressortit que seuls quatre postes par an se libéraient dans cette branche. Le cœur lourd, j’abandonnai mon rêve et décidai de continuer des études scientifiques en fac.

 

Il y eut deux enseignants que je n’oublierais jamais car je n’ai jamais réussi à les comprendre : mon prof d’histoire-géo de ma première terminale et mon prof de physiques de ma deuxième terminale. Ils avaient un don incroyable : ils étaient capables de nous coller une interro surprise au moment où nous nous y attendions le moins. Je conçois qu’on puisse se laisser berner la première fois, qui survient statistiquement au début du deuxième cours mais pour le reste… Chaque fois donc, que ce soit avec Howard dans un cas ou KM dans l’autre, nous révisions comme des malades afin de ne plus nous laisser piéger. Puis le cours avait lieu et rien ne se passait. Et cela pendant quelques semaines à l’issue desquelles, tombait l’interro non pas au début du cours (qui durait je crois deux heures) mais pendant les quinze dernières minutes ! La fois suivante, nous voyions le coup venir et re-révisions pendant la pause… pour rien ! Parfois, nous y avions droit trois cours d’affilée ! Au final, je n’ai dû m’en sortir avec la moyenne que 10% des fois !

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Jeudi 21 juin 2007

Je remarquai la chose dès le premier jour de travail en avril dernier, alors que j’étais assis dans le train qui me ramenait à domicile : un type enveloppé montrait du doigt, l’air ravi l’express dans lequel je me tenais, en gardant la pose pendant de longues secondes.

 

Le jour suivant, à tout hasard, je jetai à nouveau un coup d’œil à l’endroit de la veille pour me rendre compte que cela n’avait rien d’une coïncidence : il était encore là, toujours aussi béat, l’index inlassablement pointé dans ma direction. Puis j’en parlai à mes collègues qui fréquentent la même ligne et qui bien que l’ayant utilisée depuis plusieurs années ne l’avaient jamais remarqué. Les semaines se suivirent et cela devint rapidement un jeu. Il semblerait donc qu’il soit présent tous les jours de la semaine, sauf parfois le mercredi, entre 16h00 et 17h00 en haut de la même passerelle piétonne.

 

Voici en vidéo un très bref aperçu de la scène. Il apparaît vers la fin sur la gauche, légèrement en hauteur.

 

 

Ma caméra ne me donnant pas de résultats satisfaisants, je décidais de faire appel à mon fidèle Eos.

 

Première tentative. Je récupérais deux bons clichés : un premier où l’on devine notre homme et un deuxième où on commence à découvrir ses traits et sa posture.

 

Deuxième tentative avec le téléobjectif : après une première photo plus réussie que la fois précédente, la seconde montre parfaitement le visage et son expression à mi-chemin entre la fascination et l’absence totale de réflexion.

 

Troisième et ultime tentative (encore une fois avec le téléobjectif) : une seule image réellement exploitable dans le lot permet de reconfirmer qu’il s’agit bien de la même personne. La propreté de la vitre du train laissant à désirer, la qualité de l’image s’en ressentit.

 

A qui avons-nous affaire ? A un simple d’esprit qui profite d’une permission quotidienne de l’asile pour rejoindre son promontoire et crier « Train ! » pendant une heure ? A un ancien employé des chemins de fer possédant encore des réflexes professionnels ? A quelqu’un qui dénonce ainsi les nuisances sonores ? Mystère…

 

Quoi qu’il en soit, tous les éléments semblent être réunis pour en faire une légende. Tous sauf un : un nom. Toutes les propositions demeurent les bienvenues.

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Mercredi 20 juin 2007

Patrimoine de l’humanité, le village de Shirakawagô白川郷se situe en pleine montagne au nord de la préfecture de Gifu à deux heures de route de Takayama. Son accès n’y est possible que par la route et il faut compter quatre heures de trajet (deux heures de train jusqu’à Takayama puis deux heures de car) pour s’y rendre à partir de Nagoya.

 

On y compte un grand nombre de maisons anciennes aux toits de chaume.

 

Accompagnés de Howard le célèbre journaliste, nous y avons fait halte début avril. Il ne s’agit apparemment pas de la meilleure période étant donnée l’absence de neige et de verdure. Le riz n’y était pas encore planté et les teintes marron du paysage rendaient l’atmosphère triste.

 
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Les fameux toits reposent sur une charpente solide, du style gasshôzukuri
合掌造り qui ne comporte aucun clou et dont tous les éléments sont retenus par des cordes épaisses sur plusieurs couches. Les pailles sont changées désormais tous les vingt ans contre cinquante ans autrefois. Parfois de nombreuses personnes, qu’il s’agisse de villageois ou de bénévoles, viennent prêter main forte. Toutes les maisons abritaient un foyer central dont l’épaisse fumée s’échappait en hauteur pour noircir les étages puis les greniers. Cette pratique permettait de rendre la paille plus résistante au climat et aux parasites. Aujourd’hui, le chauffage au gaz étant plus usité, il est donc nécessaire de renouveler les toits plus régulièrement. Dans certaines demeures que nous avons visitées, nous avons pu voir ces foyers encore à l’œuvre et sentir la forte odeur de la fumée. A l’étage, c’en était vraiment irrespirable (cette photo fut prise avec un flash histoire de bien illustrer la chose). Nul doute que le passage à une nouvelle forme de chauffage a contribué à diminuer de manière conséquente la mortalité causée par les cancers du poumon et les empoisonnements au monoxyde de carbone !

 

Shirakawagô accueille certes de nombreux touristes mais abrite aussi des gens comme vous et moi qui vivent toute l’année dans ce cadre d’une beauté rare et d’un calme tout aussi précieux. Je regrette simplement que rien n’ait été mis en place pour rendre l’accès plus pratique et moins onéreux. Le peu de trains en partance pour Takayama fait en sorte que vous ne pouvez partir très tôt le matin et qu’au mieux vous débarquez pour l’heure du déjeuner. Sachant que toutes les maisons qui requièrent chacune un ticket d’entrée de 300 yens ferment à quatre heures, vous êtes contraint de passer la nuit dans l’un des nombreux ryôkan pour être sûr de ne rien rater le lendemain. Le jour suivant, vous vous rendez compte que vous avez tout bouclé en trois heures mais que le prochain car ne part qu’en milieu d’après-midi… Je recommande donc à tous, soit de s’y rendre en voiture sans y passer la nuit (même si les ryôkan ont un cachet inoubliable), soit d’y arriver par n’importe quel moyen de locomotion mais en début de soirée. La semaine prochaine, nous verrons à quoi ressemble le village à un mois d’intervalle.

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Mardi 19 juin 2007

Après le « N » de Namae, voici le « O » de :

 
Otamajakushi お玉杓子
 

Ce mot de bonne longueur désigne pourtant un être de taille ridicule : le têtard. Chaque année, alors que l’on commence à inonder les rizières pour y planter le riz, surgissent des bancs entiers de spermatozoïdes géants et noirs. Si comme Naoko, vous êtes sujet à la batracophobie, vous devez haïr le début de l’été quand devenues adultes, les grenouilles (kaeru ) s’égosillent dans un vacarme qui empêcherait de dormir le plus narcoleptique des présidents soviétiques ou le plus las des papes. A ce concert s’ajoute parfois les croassements sourds des poids lourds de la discipline : les crapauds-buffles. A moins de lécher le dos d’un crapaud ou d’effleurer une dendrobate volontairement, je ne vois pas quel danger on peut encourir. Les grenouilles n’attendent pas tapies dans l’ombre du frigo, la bave aux lèvres pour imprégner de leur viscosité le moindre aliment laissé à l’air libre ou pour y pondre. Elles ne viennent par recouvrir votre balcon de fientes. Et pourtant beaucoup de Japonais éprouvent un dégoût profond pour ces amphibiens, ce qui ne manque pas de me faire pouffer.

 

Et le premier qui me parle de vers, il a deux claques.


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A suivre

par Ludo publié dans : ABC
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Lundi 18 juin 2007

Après le « M » de Marathon, voici le « N » de :

 

 

 

Namae

 

 

 

Les patronymes japonais se divisent en deux : myôji 苗字et namae 名前, le premier signifiant « nom de famille » et le second « prénom ». La plupart du temps la lecture du myôji ne pose pas de problème puisque l’on retrouve souvent les mêmes. Les dix plus courants seraient ainsi Suzuki, Satô, Tanaka, Yamamoto, Watanabe, Takahashi, Kobayashi, Nakamura, Itô et Saitô.

 

Rien ne va plus en ce qui concerne la lecture des prénoms car pour un prénom donné, on peut retrouver plusieurs écritures différentes. Il demeure donc très difficile de noter le prénom de quelqu’un juste après l’avoir entendu. C’est pourquoi on demande toujours aux intéressés d’écrire leur nom et prénom à la fois en idéogrammes et en katakana dans les documents administratifs.

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Prenons par exemple le prénom Akira.
 

Celui-ci peut s’écrire あきら, , , , , , , , , , , , , , , ,, , , 明良, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ou encore アキラ. Ajoutez à cette quarantaine d’Akira, une foultitude de transcriptions fantaisistes.

 

Les trois prénoms les plus répandus pour les filles seraient : Keiko, Yôko et Yoshiko.

 

Et pour les garçons : Hiroshi, Takashi et Akira.

 

Pour corser le tout, pour un ou plusieurs kanji donnés, il peut arriver que cela donne deux prénoms différents. 裕子 peut se lire Yûko ou Hiroko, 愛美 donne Ami ou Manami. La loi interdit tout de même aux personnes d’un même foyer d’utiliser les mêmes kanji pour des noms différents.

PS : le seuil des 400000 visites a été atteint vendredi dernier. Merci à tous !

A suivre...

par Ludo publié dans : ABC
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