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Mardi 6 mai 2008

Avec vous avoir narré en détails mes péripéties dans le milieu de l’éducation japonaise, je ne vous avais jamais parlé de ceux qui la compose. Réparons ce mal aujourd’hui et commençons par le bas de l’échelle.

 

-        L’élève ou jidô 児童 en primaire et seito 生徒 au collège. Son rang ne signifie pas qu’il est l’esclave des autres, loin de là. Un élève suffisamment malin et feignant peut s’en tirer sans lever le petit doigt jusqu’à la fin de la troisième. Après il devra en subir les conséquences en abandonnant ses études ou en intégrant un lycée bas de gamme d’où il n’aura accès qu’à de petits boulots.

-        Le nicchoku 日直. Choisi pour la journée, il s’occupe du cahier de classe et doit y indiquer les éventuels problèmes rencontrés parmi ses camarades. Il doit écrire son nom au tableau à la case nicchoku et dirige les salutations au début et à la fin de chaque cours. Il dirige aussi la réunion du matin avant les cours et celle de fin de journée. Si un kakari n’a pas été nommé, il doit effacer le tableau, veiller à ce que les lumières soient éteintes à la fin de la journée ou encore arroser les plantes.

-        Le kakari et le tôban 当番. Il est chargé pendant un trimestre d’une tâche spécifique : effaçage du tableau (kokubangakari 黒板係), responsable de la distribution des plats (給食当番 kyûshokutôban), du ménage dans tel ou tel endroit suivant un système de rotation (掃除当番 sôjitôban), ou encore chargé de nourrir les poissons rouges ou tortues et d’arroser les plantes de la classe (生き物係 ikimonogakari). et au collège on trouve un kakari pour chaque matière chargé de demander au prof le nécessaire à apporter pour chaque cours.

-        Le hanchô 班長. C’est le chef d’un des quatre à dix groupes que l’enseignant a déterminé pour sa classe. Lors des travaux pratiques ou d’autres activités, il est censé superviser son groupe et est responsable de ses résultats et de son attitude.

-        Le gakkyûin 学級員. C’est le chef de classe pour l’année. Il en existe deux : un pour les garçons et un pour les filles. Ils sont en première ligne quand un problème apparaît entre les élèves qui doivent impérativement en informer ce dernier. Ils sont censés faire respecter la discipline pendant les cours même si dans la pratique, peu s’exécutent.


-        L’infirmière. Souvent jeune et plutôt jolie, elle connaît tous les secrets des élèves chez qui elle est très populaire. Même les pires trublions l’adorent et viennent lui demander conseil. Elle fait donc souvent office d’assistante sociale et sert de lien solide entre élèves et profs.


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-       

    Le hijôkinkôshi 非常勤講師. Prof non-titulaire, il bénéficie d’horaires très souples (une demi journée en général) et n’est donc pas soumis aux contraintes que subissent ses collègues comme le fait de participer à des événements ou de rester tard au boulot. En contrepartie, il n’a aucun pouvoir et peut s’attirer le mépris d’enseignants qui, sans l’avouer, jalousent son statut. Il ne reste jamais plus d’une année dans la même école.

-        Le jôkinkôshi 常勤講師. Prof non-titulaire également, il travaille cependant à plein temps en remplacement pendant une période donnée (de quelques mois à un an). On lui donne beaucoup plus de responsabilités et de corvées et il lui doit rester plus longtemps à l’école. On va lui donner une tâche rébarbative à effectuer en fin d’après-midi alors qu’il n’avait rien à faire de la journée jusque là, juste pour l’embêter. Il est cependant parfois considéré comme l’égal des autres professeurs.

-        Le gyômu 業務. Ce n’est pas un enseignant mais un fonctionnaire chargé du secrétariat. Il a souvent passé beaucoup plus de temps que tous les autres dans le même établissement et en connaît donc toutes les facettes. Il sert souvent d’intermédiaires entre les profs et la direction car c’est le seul qui reste dans la salle des profs toute la journée.

-        La tea-lady. Elle s’occupe de préparer le thé pour les enseignants, le principal et tous les invités éventuels, s’occupe des poubelles et gère la cantine. Elle arrive plus tard et part plus tôt que les autres et connaît toutes les combines. C’est de loin la personne la plus humaine de l’établissement  et aussi la plus loquace. Ses opinions peuvent influencer grandement son entourage.

-        Le kyôshi 教師. Prof titulaire, il a peiné pour obtenir son examen (certains l’ont eu au bout de la huitième fois). Il se permet donc un certain orgueil et n’hésite pas à dénigrer les autres. Il n’hésite pas à en faire trop en restant le plus tard possible (quitte à ne rien faire de la journée ou à dormir quand il « seconde » un assistant), à venir le week-end etc.

-        Le kômu 校務. Il est responsable de l’organisation de tous les événements (undôkai, cérémonie de remise des diplômes, sorties en plein air, voyages de fin d’année etc.). Il seconde le kyômu (voir paragraphe suivant) ou le remplace en cas d’absence.

-        Le Kyômu 教務. Il gère les emplois du temps, les absences des profs, informe les hijôkinkôshi des changements éventuels et demeure le seul homme véritablement occupé de l’école.

-        Le kyôtô 教頭. C’est le plus prétentieux. Ce chef des profs passe son temps à montrer son autorité sur son entourage tout en faisant des courbettes devant le principal. Il aime hausser le ton que ce soit vis-à-vis  d’adultes ou d’enfants. Il gronde les élèves turbulents quand on les amène dans son bureau, aime gâcher le temps des professeurs, mène les réunions et fait office de maître de cérémonie. Dans quelques années il deviendra principal.

-        Le kôchô 校長. C’est le principal, le plus vieux, et celui qui passe le moins de temps à l’école. On se demande d’ailleurs la plupart du temps où il est mais tout le monde doit lui obéir y compris le kyôtô. C’est pourquoi j’ai toujours demandé au kôchô s’il était possible de rentrer à une heure plus avantageuse, plutôt qu’au kyôtô car, n’étant plus au courant des affaires de son école et bénéficiant lui aussi d’horaires intéressants, il était généralement d’accord, alors que son subalterne m’aurait répondu le contraire à coup sûr.

-        La PTA. C’est l’Association des Parents d’Elèves crainte de tous à tel point que sur les tableaux des effectifs de chaque classe on indique toujours entre parenthèses combien d’entre eux ont des parents appartenant à cette association. On fait tout pour ne pas les frustrer et c’est pour cela que nous nous trouvons aujourd’hui en présence d’enfants odieux et de règles stupides.

-        La kyôikuiinkai 教育委員会. C’est Dieu, ou plus communément, le rectorat. Si le principal n’est pas très au courant de ce qui se passe, le rectorat l’est encore moins. Ce parterre de vieilles biques passe son temps à concerter la PTA, à vérifier que tout le monde fait un travail bien inutile et à organiser des événements inter-écoles. On lui voue une crainte démesurée y compris dans les affaires d’ijimé où on se gardera bien de l’avertir que son école en possède. Dieu gère aussi le budget et les salaires de tous.

par Ludo publié dans : Ecoles
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Jeudi 1 mai 2008

Voici un petit récapitulatif des pires classes que j’ai connues pendant l’année scolaire 2007-2008. Commençons par les quatrièmes années (CM1).

Comme je vous l’avais expliqué dans la précédente édition, les quatrièmes années ou yonensei 四年生 regroupent les éléments les plus difficiles du primaire. Quatre classes me mirent chaque semaine dans une rage indescriptible. Quand une classe de quatrième se comporte mal, elle se comporte beaucoup plus mal que n’importe quelle année.

Une de mes collègues japonaises était arrivée en cours d’année pour remplacer une enseignante partie en congé maternité. Je ne la portais pas particulièrement dans mon coeur car elle s’évertuait à me parler à tout prix dans un anglais erronné et usant, pendant et en dehors des cours, et s’amusait à faire de même lorsqu’elle s’adressait aux élèves pendant mes cours pour ensuite me critiquer car mes leçons étaient « parfois trop difficiles »... Bref, elle ne méritait sûrement pas que cinq gamins la traîtent continuellement de « vieille conne » ni qu’on lui dise « ta gueule », et ce, en plein cours et à haute voix. Ses ouailles ne m’assénaient  heureusement pas ce genre d’attaque verbale.


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Dans une autre classe d’un autre établissement, j’avais à enseigner à une classe de 45, un record en ce qui me concerne. Aux quarante CM1 d’origine venaient s’en greffer cinq issus d’une classe destinée aux handicapés mentaux, et tout ça juste pour les cours d’anglais. Ces derniers assez bruyants se comportaient toutefois mieux que certains de leurs camarades. Six de la classe d’origine s’avéraient extrêmement turbulents et infects. Parmi eux cinq passaient leur temps à discuter et à ne rien faire de l’heure alors qu’un autre, très enveloppé, prenait le luxe de commenter, critiquer et d’insulter ses voisins et les profs (dont votre serviteur). Prétentieux au possible, il prenait plaisir à afficher sa haine et à chercher le moindre conflit. Il y parvenait à chaque fois : je me mettais systématiquement en colère à son encontre jusqu’au jour où, épuisé par son attitude, je levai le ton et lui ordonnai de m’accompagner chez le proviseur (j’avais explosé de colère pile poil à la  fin du cours). Il refusa. J’insistai. D’escalade en escalade, il devint violent et me frappa alors qu’il tentait de sortir de la salle pour rejoindre les autres dans la cour de récréation. Son geste n’était pas entièrement intentionnel mais il provoqua en moi une fureur intense et je l’enguirlendai comme jamais. Il céda enfin, tomba en larmes et s’excusa. Le cours suivant, il se tint comme un élève normal et, un comble, participa beaucoup. Dommage, c’était le dernier de l’année... Je ne pus que penser qu’une fois de plus, ce genre de môme a besoin d’une bonne gueulante de temps en temps. Avant cette « altercation », j’appris de son institutrice qu’il avait refusé de répondre à un contrôle parce qu’il ne comprenait rien au question et que c’était de la faute de la maîtresse qui « enseignait mal ». Il avait ajouté « Refais-moi ces questions et vite ! ».

Les cas d’ijimé n’ont apparemment pas diminué et préocuppent toujours autant. Une de mes écoles trouva dans le sac d’une fille de CM1 un couteau qu’elle avait apporté « parce qu’on l’embêtait tout le temps ».

A suivre...

par Ludo publié dans : Ecoles
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Mercredi 23 avril 2008

Naoko nous parle aujourd’hui en détails de son école (2007-2008).

 

前回お話したように、2007年度は、違う学校になりました。(実は、妹の通っていた高校なのですが。)

 

すごく変わった学校です。

県内ワースト5に入る学力の低さと、生徒の態度の悪さ。どこの高校にも落ちた生徒が最後に頼る学校で、募集人数よりも受験人数が少ないんです。しかも、学校嫌いな子たちばかりで、授業をしていると、突然数人の生徒が立ち上がって、おいかっけこを始めたり、急に大きい声で歌いだしたり。生徒のおしゃべりは当たり前。しかも大きな声で。授業中に起きて私語をしていない生徒は、クラスで一人いれば良い方でした。

先生方も非常に厳しく、校則も異常に思えるようなものばかりでした。例えば、靴ひもは、白じゃなければいけないだとか、髪の毛が、少しでも長ければ、その場で家に帰らせて、美容院に行くまで、学校に来させないとか。化粧なんて、もっての他で、職員室にメイク落としセットがいくつも置いてあるんですよ。ある先生は、罰として他の教科までの教科書全部を取り上げていたこともありました。でもそれって、逆にその生徒は授業中に何も持ってこずに、私が困っていたので、その意味がわかりませんけど。

ダメな生徒ばかりだから、校則でしばりつける。そんな学校だったのです。でも私が思うに、そんな校則に拘束してるからこそ、生徒が反発したくなるんじゃ?しかも、その校則は本当に必要なのか?…と、思いますが、こんな下っ端の私が意見を言えるような日本の教育世界ではないので、こういうことは、ずっと変わらないと思います。

こんな子たちが大人になるんだよなぁ。日本の将来が怖いなぁ。

とまぁ、こんな学校だったのですが、なんとか一年を終わらすことができました。経験になったと思います。私になついてくれた生徒もたくさんいて、英語が好きになった子もチラホラいました。私自身、少し強くなったかな。


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Comme je vous l’avais dit la dernière fois, j’avais changé d’école (pour me retrouver dans celle où était allée ma soeur).

C’est une école vraiment bizarre.

Elle fait partie des cinq établissements qui possèdent les plus mauvais résultats de la région et des élèves les plus indisciplinés. Tous les lycéens qui n’ont pas réussi dans d’autres écoles s’y retrouvent en dernier recours et il y a moins d’élèves que de places disponibles à son entrée (NDLudo : l’entrée au lycée se fait sur concours, dossier ou entretien et les plus côtés sont bien sûr les plus exigeants). De plus, on n’y rencontre que des gamins qui détestent les études si bien que pendant les cours, plusieurs d’entre eux se lèvent soudainement, commencent à se chahuter ou à chanter en hurlant. Il va de soit que tous discutent sans arrêt et à grande voix. S’il n’y a ne serait-ce qu’un lycéen qui ne se prête pas à ce jeu par classe, il s’agit alors d’une bonne classe.

Les profs sont en plus très stricts et le règlement de l’école n’est constitué que de bizarreries. Par exemple, les lacets des chaussures doivent impérativement être blancs. Si un élève débarque avec des cheveux un peu plus longs que la norme, on le fera rentrer chez lui et passer chez le coiffeur avant qu’il puisse revenir à l’école. Pour le maquillage c’est simple : on trouve dans la salle des profs plusieurs produits démaquillants. Ou encore, un prof a décidé un jour a décidé de confisquer tous les livres jusqu’au prochain cours. Ce genre de mesure produit l’effet inverse sur les élèves puisqu’ils n’apportent rien en cours. C’était vraiment gênant pour moi et je ne comprends pas la logique de cette école.

Comme il ne s’agit que de jeunes en difficulté, on les étouffe avec le règlement. C’est une école comme ça. Moi, je pense au contraire que c’est ce qui les pousse encore plus loin dans la désobéissance. Ces règles sont-elles vraiment nécessaires ? C’est mon opinion mais comme je ne me situe qu’au bas de la hiérarchie scolaire, je suis persuadée que le monde de l’éducation n’est pas près de changer. Et dire que ces enfants vont devenir adultes. J’ai peur pour l’avenir du pays.

Bon c’était une école difficile mais j’ai quand même tenu une année. Ce fut une expérience. Beaucoup d’élèves m’ont apprécié et quelques-uns se sont même mis à aimer l’anglais. Je pense que cela m’a fortifié.

PS : Naoko a trouvé un poste la semaine dernière et se retrouve cette année (au moins pour trois mois) dans une très bonne école.

par Naoko publié dans : Ecoles
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Mardi 15 avril 2008

La voici la voilà, la nouvelle édition des 24 heures de Naoko !

 

みなさん、お久しぶりです(‘▽‘)

実は、2007年度は学校も変わって、非常勤の講師に変えました。おかげで、出勤日は月・水・木・金の四日間で、授業数が週に16時間だけになりました。しかも、非常勤の場合は、授業のみに間に合って着けば良いし、授業が終わったらすぐに帰れるので、時間に拘束されず、昨年に比べて随分余裕が持てるようになりました。そして、その学校の所在地が、なんと実家のすぐ近くで、歩いて15分の所にあったんです。なので、いろいろと昨年とは、一日のサイクルが変わったので、2007年バージョンのものも書いてみようと思います。

 

月・水は6:40、 木・金は6:00に起床。

出勤は月・水は7:40 、 木・金は7:02。

名古屋駅まで徒歩15分。電車で20分。バスで30分。そのバスは、2時間に一本しかないバスなので、絶対に遅れてはいけないので、いつも余裕を持って家を出ます。私は地下鉄が嫌いなので、今年は電車で、そこは良い点でした。

そして授業。昨年のようなヤギの散歩はありませんよ(・△・;)

木・金は午前中に授業が全て終わってしまうので、実家まで歩いて帰り、ごはんを食べてゆっくり家族と団らんし、4:40のバスに乗って帰っていました。月曜日は、授業の間の空き時間が結構あり、このときに一週間の授業の準備をしていました。授業は3:10に終わるのですが、バスが4:40まで来ないため、その時間まで仕方なく学校に残っていました。しびれを切らして、自転車で近くの駅まで帰ろうとしたことも何度もありましたが、体力がなくて自転車はキツイ(;△;)水曜日は2:10に終わるので、2:40のバスに間に合い、早く帰れます。

この学校は、給食がなく各自お弁当を持ってきます。私は、学校で食べる時は、毎朝コンビニで、飲み物とシャケと昆布のおにぎりを買っていきます。値段は大体350円くらい。

家に着くと、昨年とは違ってゆっくりとお茶を飲む時間があります。7:30ぐらいまでに、お風呂に入って、ヨガをして、ごはんを作って…。あとは、昨年と同じ。寝る10:30ぐらいまで、テレビや映画を見て、ゆっくりまったり♪

ちなみに火曜日は家事の日と決めていて、買い物や掃除、洗濯をして一日を忙しく過ごしていました(^▽^)

本当に2007年度の仕事のサイクルは最高で、2008年度も同じようにできたら良いなぁと思っていたのですが、残念ながら今年はそのような採用がなく、今は無職です(;o;)なので、今年もきっと一日のサイクルが変わるので、また来年に報告しますね!

 

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Salut à tous, cela faisait un bail.

Pour tout vous dire, l’année dernière j’ai changé d’école et je suis devenue professeur à temps partiel. Grâce à cela, je ne travaillais que quatre jours par semaine (lundi, mercredi, jeudi et vendredi) avec un total de 16 heures de cours hebdomadaires. Avec ce statut, on ne me demande que de venir pour donner les cours et je peux rentrer chez moi dès qu’ils sont terminés. Ainsi je n’ai pas de contraintes avec les horaires et je me sens donc beaucoup mieux que l’année précédente. Et puis cette école se situait à côté de la maison de mes parents (NDLudo : une coïncidence), à une quinzaine de minutes de marche. Cette année-là fut vraiment différente de celle d’avant et c’est pourquoi j’ai décidé de rédiger mes nouvelles 24 heures.

Les lundi et mercredi, je me lève à 6h40 contre 6h00 pour les jeudi et vendredi. Je quitte la maison les lundi et mercredi à 7h40 et à 7h02 les jeudi et vendredi. Je mets quinze minutes pour rejoindre à pied la gare de Nagoya et le trajet en train me prend vingt minutes, suivies d’une demi-heure de bus. Ce dernier ne circule qu’une fois toutes les deux heures et je ne dois donc le manquer sous aucun prétexte, c’est pourquoi je prends toujours de l’avance quand je quitte l’appartement. Comme je déteste le métro, je suis contente de prendre le train cette année.

Et puis je n’ai pas à promener de chèvres comme avant.

Les jeudi et vendredi matin, les cours n’ont lieu que la matinée et je rentre à pied chez mes parents pour le déjeuner et passe un peu de temps avec eux pour reprendre le bus qui ne passe pas avant 4h40. Le lundi, j’ai beaucoup de temps libre entre les cours, et j’en profite pour préparer ma semaine de leçons. La journée se termine à 15h10 mais comme le bus ne vient qu’à 4h40, je suis forcée de rester à l’école. Après avoir perdu patience et j’ai rejoint la gare plusieurs fois à vélo mais je n’ai pas l’énergie suffisante et le vélo me fatigue beaucoup. Il n’y a pas de cantine dans cette école et je dois préparer un panier-repas à chaque fois. Quand je déjeune à l’école, j’achète souvent au combini un onigiri (boule de riz froid) aux algues et un autre au saumon avec une boisson. Cela me revient à 350 yens.

Une fois rentrée à la maison, je peux prendre le temps de savourer du thé contrairement à l’année dernière. Jusqu’à 7h30 environ je prends une douche, fais un peu de yoga et prépare le dîner... Pour le reste, c’est comme avant, je me couche vers 10h30 après avoir regardé tranquillement la télévision ou un film.

En ce qui concerne le mardi, mon jour de congé, c’est le jour des tâches ménagères. Je m’occupe du ménage, des courses et de la lessive^^.

Le rythme de travail dont j’avais bénéficié cette année était parfait et j’espérais vraiment que cela continue en 2008 mais hélas on ne m’a proposé aucun poste et je suis donc demandeuse d’emploi (o). Mes journées risquent donc de changer et je ne manquerai pas de vous en faire part.

Dernière minute : Excellent timing avec cet article puisque Naoko a trouvé aujourd'hui deux boulots temporaires et risque très fort d'être contacté pour un poste de prof à temps partiel.

par Naoko publié dans : Ecoles
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Mardi 4 mars 2008

Andrew (nom fictif), officie pour mon entreprise depuis maintenant une quinzaine d’années. La quarantaine bien avancée, ses lunettes, ses cheveux blancs et son crâne légèrement dégarni lui confèrent une aura de sérieux qui ne s’estompe qu’un bref instant lorsqu’il vous dit bonjour pour revenir au galop dès qu’il se met à poursuivre plus loin la conversation. Andrew appartient à la race des chiants. Si l’on publiait les statistiques du nombre de suicide au Japon depuis quinze ans et que l’on y constatait une forte hausse, il n’y aurait qu’une seule explication plausible : une grande proportion aurait été en contact avec lui dès son arrivée et ils auraient mis fin à leurs jours par ennui. D’ailleurs Andrew n’ennuie pas, il EST l’ennui.

Je n’eus à subir ses interminables interventions que cinq fois depuis mes débuts dans la société mais elles furent ancrées dans ma mémoire. Je me suis déjà plaint longuement dans ces pages au sujet des heures à rien faire passées tous les jours sur mon lieu de travail (en particulier quand je travaillais au collège). Je préfère mille fois passer le reste de mes jours ainsi que d’avoir à entendre une nouvelle fois le discours de celui que je considère comme Shinigami 死神, la Mort. Quelques minutes suffisent pour que vous vous retrouviez inconsciemment avec une corde autour du cou attachée à un rocher au bord d’une falaise, avec les pieds dans une baignoire au bord de laquelle menace de tomber une sèche-cheveux (avec une très grande rallonge), un couteau dans la main gauche dirigé sur votre cœur et une grenade dégoupillée dans l’autre. Bon, j’exagère un peu, c’est quand même pas évident de trouver une très grande rallonge…

 
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Lors de certains meetings où on voudrait pouvoir défoncer toute issue imaginable pour fuir, il intervient donc, et nous fait part de ses idées. La première fois, à l’issue de 90 longues minutes de meeting (qui ne dure désormais qu'une heure en moyenne), il fut appelé par le boss pour nous faire un exposé. Il se leva, se présenta, et commença à parler comme un Woody Allen qui lirait un arrêt de droit commercial dans une église. Tous les mots pris indépendamment semblaient posséder un sens mais le tout représentait un flou qui s’épaississait à mesure qu’il parlait. Le fait que nous étions un vendredi soir et qu’il était 19h ne jouait pas vraiment en notre faveur. Petit à petit, le sommeil tirait de ses petits bras nos paupières. Alors que notre salut ne pouvait plus dépendre que de la léthargie ou de la mort, il nous demanda de nous lever et de lui répondre, un par un, quelle était notre "récompense" lorsque nous enseignions. Certains le fixèrent des yeux, d’autres se regardèrent surpris, d’autres laissèrent échapper un rire étouffé, et d’autres juraient dans leur barbe. Sortis des deux réponses évidentes : les vacances et le salaire, certains furent contraints de trouver autre chose et nous tombâmes sur du gnangnan comme « le sourire des enfants », que notre bourreau s’empressait de féliciter. Je m’interrogeais vraiment sur le but d’une telle intervention (longue de trente minutes tout de même) dans une réunion professionnelle et cette touche religieuse non affichée qu’il s’évertuait à appliquer me préoccupait, sentiment qui se confirma par le suite. Un jour, il demanda à un assistant de mettre en route un CD de musique. Il s’agissait d’une fanfare et aussitôt lancée, il se leva, applaudit et cria « Hé oui, c’est encore moi, Andrew ». Puis il coupa la musique. J’ai toujours trouvé extrêmement distrayant les bides des comiques à la télévision mais à cet instant-là, j’aurais souhaité échapper au silence oppressant qui s’en suivit. Il enchaîna sur une sorte de sermon qui allait le mener péniblement à une anecdote sans aucun intérêt. Puis il nous distribua un texte, tiré, je vous le donne dans le mille, de la Bible ! Traitez-moi d’intolérants si vous le voulez, mais il existe des sujets que l’on se doit de taire face à ses collègues de bureau : la politique, les goûts musicaux et la religion surtout dans une entreprise aussi multiculturelle que la nôtre. Il aurait pu néanmoins s’en arrêter là, mais décida de repousser les limites de l’ennui, d’aller là où tout percepteur des impôts célibataire dont le passe-temps consiste à aligner parfaitement des crayons sur son bureau s’y serait refusé. Il remit en route le CD et la fanfare avait laissé place à un concerto de piano aussi insipide qu’inconnu. Après quelques secondes de satisfaction et de recueillement face à l’atmosphère qu’il avait produit, il se mit à lire le texte que toute l’audience avait eu le temps de découvrir au moins trois fois pendant la préparation de cette farce. Je me mis à sérieusement considérer un stratagème qui me permettrait de gagner les toilettes sous le prétexte d’un mal de ventre subite et de rentrer chez moi prématurément mais je n’allais pas laisser dans la salle mon sac et ma veste…

De longues minutes plus tard, le meeting prit fin sur une note de morale digne d’un magazine de propagande de témoin de Jéhovah, du genre « En cas de problème, on n’est jamais seul. Il y a au moins toujours Dieu ». De qui se moque t’on ? Quel est le fichu rapport avec l’enseignement de l’anglais ? Promis, la prochaine fois, je quitte la salle coûte que coûte !

par Ludo publié dans : Ecoles
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