Samedi dernier, je fus invité avec mon collègue Victor par un couple d’amis, Simon et Heather, dans leur doux foyer à Inazawa, au nord de Nagoya. La sphère de mes camarades non japonais reste très cosmopolite. Victor, citoyen américain est né en Ukraine de parents russes, Simon vient de Nouvelle-Zélande et sa copine Heather du pays de l’Oncle Sam. Je pourrais aussi vous citer d’autres exemples comme Matthew le Croato-Canadien, Julian le Polonais, Heather (une autre) Jamaico-Canadienne, etc. Nous avons en commun la langue anglaise et une incompréhension totale du succès de Winnie l’ourson auprès des Japonais.
Nous avions prévu de nous réunir pour jouer aux cartes. Nous étions prêts à jouer à n’importe quel jeu à partir du moment où nous finirions par des parties endiablées de Jungle Speed. Découvert lors de mes vacances d’été 2004 en France (merci à Skouink et Ludi), ce jeu belge offre des règles très simples. Les joueurs se voient distribuer un paquet et doivent retourner une carte, les uns après les autres jusqu’à ce que deux représentant le même motif apparaissent. Dans ce cas, les deux joueurs concernés doivent saisir le plus vite possible le « totem » en bois disposé au centre de la table et le gagnant peut ensuite se délester des cartes qu’il a déposées, au perdant du duel. Evidemment, certaines formes diffèrent vicieusement l’une de l’autre : une boucle de plus par ci, un trait de plus par la. Dans le cas d’une erreur, le joueur malchanceux doit récupérer toutes les cartes retournées.
Il m’a fallu six mois pour convaincre mes amis de bien vouloir essayer une partie mais le résultat ne s’est pas fait attendre puisque désormais tous sont conquis.
Les séances de Jungle Speed donnent lieu à de franches rigolades, des griffures aux doigts (surtout si vous jouez avec des femmes), des peurs bleues (quand on évite de justesse le totem qui vous arrive en plein visage) et parfois des hématomes (quand justement on ne peut éviter le totem).
Il y a six ans de cela, je partis avec des amis français et japonais à Kushimoto, au sud de la préfecture de Wakayama qui se situe elle-même au sud d’Osaka en plein mois de juillet. Après une journée de plongée au tuba extraordinaire où nous avons pu admirer la flore et la faune luxuriante du littoral (pour une fois je ne fais pas d’ironie), nous sommes allés faire trempette dans une onsen (source géothermique) locale. Le problème, c’est que nous venions de nous prendre les coups de soleil du siècle et que tout contact avec l’eau des bains nous faisait hurler à la mort (surtout moi en fait). Les bains atteignent parfois 50 degrés, ce qui, entre nous, pourrait facilement servir à la cuisson des pâtes. Les bains chauds nous étaient donc proscrits, tout comme les tièdes en fait. Nous nous rabattîmes donc sur les froids. Le soir même, nous logions dans un ryokan (gîte). Nous venions de dîner et nous crûmes bon de jouer à une variante du jeu expliqué plus haut, avec des cartes traditionnelles. La chaleur suffocante liée au stress énorme provoqué par le jeu eut raison de notre amie qui tomba purement et simplement dans les pommes.
Jungle Speed tient du même cru : un jeu excellent mais à éviter dans les hammams, déserts, usines métallurgiques, abords de volcan et dans les endroits non climatisés de l’archipel en été.







Commentaires