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Mardi 20 décembre 2005

Sans vouloir passer pour un baroudeur prétentieux, je peux néanmoins dire que j’ai connu de nombreux aéroports. Que ce soit en France, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Finlande, aux Etats-Unis, en Corée, en Chine ou au Japon, tous m’ont accueilli à leur manière. 

Ma seconde visite de la patrie des deux George en 1998 avait débuté par un transit par Chicago. La plus grande aérogare du monde ne faisait pas les choses à moitié. Arrivé à une barricade où l’on nous invite expressément à nous défaire de nos possessions métalliques le temps de les analyser aux rayons X, j’obéis aux ordres d’une montagne de chair afro-américaine (je crois qu’il s’agissait d’une femme) en ôtant ma montre. Au moment où je franchis le portique, celui-ci retentit. La masse exigea que je fasse demi-tour dans sa direction en me beuglant dessus. Elle me manipula de telle sorte que je me tienne debout avec les bras en croix et les jambes écartées et débuta un examen minutieux mais bien rythmé de ma personne en utilisant à intervalles réguliers son détecteur de métal, en tout bien tout honneur j’entend, pour se rendre compte que c’était la boucle de ma ceinture qui était la coupable. Elle me fit l’enlever (la ceinture, pas elle, je n’aurais pas pu la soulever de toute façon) et me fit passer une seconde fois la porte… D’ordinaire les détecteurs ne sont pas réglés aussi précisément. Je ne rechigne pas devant des démonstrations de sécurité mais à l’époque rien ne justifiait un tel manège.

Ce voyage avait démarré de manière plutôt ridicule à Charles de Gaulle. Pendant l’enregistrement des bagages, des responsables de la compagnie aérienne distribuaient des questionnaires. On pouvait y lire : « Transportez vous de la drogue ? » ou encore « Avez-vous l’intention de perpétrer des actes terroristes ? »… Je considérais alors nos voisins d’outre-atlantique comme les rois des paranos. Quel individu serait suffisamment stupide pour répondre par l’affirmative à ce genre de question ? Délicate est la critique mais je doute de l’efficacité d’un tel document. La fouille (et je ne parle pas de la spécialité montagnarde dépeinte dans « Les Bronzés font du ski ») reste à mon sens, plus logique même si certains semblent éprouver un malin plaisir à la conduire.

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Les douanes de l’ancien aéroport de Nagoya, celui-ci ne servant aujourd’hui qu’aux vols intérieurs, m’ont démontré à deux reprises leur professionnalisme en prenant à chaque fois quinze minutes de mon temps à inspecter mes bagages. En 2001, s’enquérant de  ma nationalité ainsi que du lieu du transit (en ce temps-là Amsterdam), l’officier d’immigration avait ouvert ma valise. Tout en « reniflant » les moindres recoins, il me tint un discours surréaliste : « Dites donc, en Europe, et surtout à Amsterdam, il y a de la drogue partout hein ? ». Je lui répondis qu’en France comme au Japon, ces substances même douces, étaient prohibées et que je n’avais pas quitté l’enceinte de l’aéroport à Amsterdam. Il tomba soudain sur les trois saucissons de montagne et m’expliqua que normalement ce type de victuailles était interdit de voyage. Je me lançai alors dans une plaidoirie très censée au sujet de la charcuterie gauloise : elle répondait aux normes européennes et donc il ne fallait pas la ranger dans la même catégorie que l’eau du Gange et de toute façon il s’agissait d’un aliment pouvant se conserver longtemps (à la différence du fromage également interdit de séjour). Sur un élan de générosité, l’homme eut pitié et me laissa entrer en territoire nippon. Quelques années plus tard, cet état de tolérance laissa place à une interdiction officielle. Un collègue polonais en fit les frais et se vit confisquer son stock de saucisses, convaincu que son persécuteur allait se régaler à ses dépends le soir même.

NB : voici une photographie d’une allée déserte de l’aéroport d’Inchon en Corée prise en juillet 2004. J’étais le seul à attendre dans le hall à ce moment là. Un brin angoissant…

par Ludo publié dans : Ougl
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Lundi 19 décembre 2005

A l’heure où vous lirez ces lignes, Naoko et moi-même seront en train de survoler l’Europe. Grâce à un vol direct en provenance de Nagoya, une première en ce qui me concerne, nous allons profiter de deux semaines et demi de vacances dans ma patrie natale.

Comme toujours, des articles seront publiés quotidiennement. Pour ceux qui se demanderaient comment tel prodige est possible, c’est simple, j’en ai rédigé dix-huit à l’avance. Les premiers écrits de Naoko (traduits par mes soins) verront le jour jeudi et vendredi dans la rubrique « Périples en Gaule ». Celle-ci proposera des clichés de la France dès le 8 janvier, c’est-à-dire trois jours après notre retour au Japon.

Je le répète : OUGL CONTINUE PENDANT LES VACANCES. Au programme : des histoires irrésistibles d’aéroports, d’avions, de chauffage, de festivités et pleins d’autres choses que je tiens à garder secrètes pour ménager un suspense insoutenable.

Passez de bonnes fêtes de fin d’année et n’oubliez surtout pas de consulter Ougl tous les jours. Je risque de ne pas être en mesure de répondre à vos commentaires pendant ce temps-là mais que cela ne vous empêche pas d’en poster. Je promets d’y participer à la rentrée. Autre chose: plusieurs articles publiés durant cette période comportent des liens morts qu'il m'avait été impossible d'ajouter pendant la rédaction. Tout sera remis en ordre à mon retour.

 

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par Ludo publié dans : Ougl
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Lundi 5 décembre 2005

Les paiements par carte de crédit n’étant pas monnaie courante (qu’est-ce qu’on rigole) au Japon, on se retrouve parfois à retirer des sommes considérables dans les distributeurs. Fin septembre, afin de payer l’équivalent de deux billets d’avion pour la France (moins l’avance de 40000 yens), j’ai donc retiré 240000 yens (1740 euros), soit 24 billets de 10000 yens (72 euros). Ce fut la plus grosse somme que mes mains n’aient jamais portée. Il fallait absolument que j’immortalise l’instant avant que tout ne disparaisse. Pendant une heure donc, je me suis amusé à les jeter au dessus de ma tête. C’est incroyable le bien que cela procure.

Si vous voulez voir votre argent publié dans les colonnes d’Ougl, contactez moi.


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par Ludo publié dans : Ougl
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Dimanche 13 novembre 2005

Après avoir participé à deux chaînes de la blogosphère, à mon tour d’en lancer une !

Inspiré par @line dans ces commentaires, j’ai décidé de déclencher les hostilités : je vais montrer ce que mes poches contiennent. Je tiens à avertir les âmes sensibles de la teneur violente de la photo disponible en baladant le curseur de la souris sur l’image suivante, sans cliquer (si cela ne fonctionne pas, attendez que la page soit entièrement chargée).

Dans l’atmosphère chaude et sombre que procure l’habitat des poches de mon pantalon, se tapissent une multitude de créatures toutes les plus horribles les unes que les autres. Je vous fais grâce du mammouth qui se cache à proximité. Hum.

On y trouve donc ce qui ressemble à un instrument composé de nombreuses pièces métalliques dont la réalisation ne semble avoir été orientée que dans un but : faire mal. Accessoirement il regroupe mes clés de domicile et de bureaux ainsi que deux portes-clés, celui d’une Harley Davidson que je n’ai pas et un âne aussi mignon qu’un pingouin.

A côté, on peut apercevoir ce qui pourrait constituer une faible tentative de culture de souches virales pour une éventuelle attaque bactériologique sur un homme qui refuse obstinément de se brosser les dents. Son contenu, à mi-chemin entre l’huître liquide et un Munster laissé au soleil, demeure le fruit d’une traite. Les mouchoirs japonais, sans doute adaptés à leur étroitesse nasale restent plus fins que les standards européens.

Enfin on peut voir la clé USB que je ne présente plus.

Voilà je transmets donc le flambeau à Legnoch, Forrest, Véronique Cécilia, Briesing et (non tu n’y couperas pas) MP.


NB : Bien sûr je ne force la main à personne. Cependant je vous encourage vivement à prendre le relais et à le passer à deux personnes ou plus. Pour la forme, c’est à vous de voir mais veuillez indiquer par qui vous avez obtenu la corvée et veuillez aussi placer un lien renvoyant sur cet article après m’avoir averti dans les commentaires que vous avez terminé votre tâche. Je tiens à dresser une carte du cheminement de cette chaîne. Merci de votre compréhension.

par Ludo publié dans : Ougl
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Mercredi 9 novembre 2005

J’ai toujours détesté de toutes mes tripes ces boutiques mal tenues où l’on propose à très bas prix des fripes flanquées n’importe comment sur les étalages, des gadgets au goût douteux ou des presse-papiers du genre « chien hideux en porcelaine » mais je dois admettre tant bien que mal que c’est dans ces endroits que l’on fait les meilleures affaires. Au Japon, si on ne trouve pas à proprement parler de ces « magasins à farfouille », on peut néanmoins trouver son bonheur dans les 100 yens shop (prononcer hyaku en shop). Pour la modique somme de grosso modo 70 centimes d’euro, vous bénéficiez d’un choix immense : verres, cartes du Japon, corbeilles en plastique, nouilles instantanées, paquets de vingt pinces à linge, etc.

La blague à ne pas faire dans un tel commerce, c’est celle qui consiste à demander au vendeur le prix d’un produit. Je suis sûr qu’ils doivent entendre ça dix fois par jour.

Ce formidable fruit de la technologie moderne acquis pour la somme dérisoire décrite plus haut se place sur l’embout d’un robinet (celui de ma cuisine en l’occurrence). Au passage de l’eau et grâce à une mécanique secrète qui force l’admiration, il bat des ailes. Cela fait deux ans que je le possède, je me demande toujours pourquoi je l’ai acheté… Son côté mignon peut-être. Zut ! Je suis contaminé !

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par Ludo publié dans : Ougl
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