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Mercredi 11 mai 2005

N'allez pas croire que cela devienne une obsession suite aux deux articles ici et mais j'éprouve de plus en plus de difficultés à garder mon flegme pourtant légendaire à la vue d'un clapet manquant sérieusement de finition.
Certes, beaucoup de Japonais sont flanqués d'une dentition chaotique ou de ce qu'on appelle plus communément "les dents du bonheur" mais leur émail reste généralement dans les tons blancs. Beaucoup de célébrités, souvent des femmes d'ailleurs, arborent ainsi deux rangés d'incisives.
Hélas, certaines personnes, également atteintes de "phacochèrite aigue" semblent avoir complètement délaissé leur hygiène. Elles deviennent alors des "murènes", une morsure pouvant provoquer des infections graves.
J’ai ainsi remarqué qu’à l’école où j’officie, beaucoup d’enfants, et en particulier des filles riaient jaune… au sens propre (enfin je dis propre…). Je pardonne aisément à des gamins qui, en plein âge bête, ne se soucient guère de leur sourire avec des dents pas franchement blanches. Mais quand la couleur devient plus intense que celle de la moutarde de Dijon ou qu’elle vire carrément dans les teintes ocre, je ne peux que ressentir un dégoût profond. Trois filles portent en plus un appareil mais cela n’a pas l’air de les préoccuper.

Cerise sur le gâteau, après les cours, je suis contraint de faire de l’apnée quand mon voisin (dans la salle des profs) m’adresse la parole. Son gros problème à lui c’est l’haleine : un mélange vicieux de chou trop cuit, de tabac froid et de foie de morue. La onzième plaie d’Egypte. Dans ces moments-là je ne cesse de ressasser dans ma tête le “prenez un chewing-gum Emile” cher à la Cité de la Peur.


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J’ai trouvé aujourd’hui une sorte de parade à cette puanteur digne de détritus d’une clinique de chirurgie esthétique spécialisée dans la liposuccion. Quand j’écoute mon interlocuteur, je dispose ma main comme sur la photo à chaque fois que je reprends mon souffle. Ca donne l’impression que je suis sérieux en prime. Je sens toujours l’horreur mais je filtre, facile, 40% des gaz.

 

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Pour vous aérer l'esprit, j'ai pensé à cette photo du Villagio Italia prise en plein air, un jour de grand vent.

PS: En raison d’un changement inopiné d’adresse du serveur hier, je n’ai pu être en mesure de publier d’article. Désormais il faut taper "www" devant over-blog pour y accéder. Comme le dit Dupontel dans le Créateur: “quand on change le code, on prévient”. Bref, pour me faire pardonner vous avez droit aujourd’hui à un deuxième article (ici, ou alors descendez un peu).

par Ludo publié dans : Ecoles
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Samedi 7 mai 2005

Plusieurs sports tentent de s’octroyer la première marche du podium en terme de popularité. On retrouve ainsi les sports d’équipe européens comme le football et le volley-ball, les sports de combat comme le sumo et le K1 et les disciplines que je qualifie de soporifique comme le golf, le marathon et, ce qui nous intéresse aujourd’hui, le baseball.
Voisin étrange du non moins obscur cricket, nul ne peut nier son titre de sport numéro un au Japon. Le championnat se divise en deux : la ligue centrale et la ligue pacifique. Les vainqueurs de chaque ligue s’affrontent traditionnellement à l’automne pour le titre suprême de vainqueur des Nippon Series. Du début à la fin de la saison, la télévision retransmet obstinément, presque tous les jours des matchs interminables pour le commun des occidentaux. On peut en effet résumer un match de la sorte : deux à trois heures d’attente totale pour dix minutes d’action soutenue ; ou encore : le pitcher lance la balle, le batteur rate, le pitcher lance la balle, le batteur ne bouge pas, le juge dit que la balle n’est pas bonne, le pitcher lance, le batteur renvoie la balle, il court mais se fait éliminer, le batteur suivant débarque et ainsi de suite… C’est sans doute l’un des rares sports avec le golf, le marathon, le cyclisme et la F1 pendant lequel on peut aller aux toilettes et lire la moitié de « Guerre et paix » sans rien manquer.
Sport numéro un oblige, les enfants ont la possibilité de l’apprendre à l’école. Les filles, quant à elle, doivent se contenter d’une version qui se distingue du baseball par le fait qu’elle est rigoureusement identique : le softball. Seules la taille plus importante de la balle et la manière de la lancer changent.

Les grandes villes ont toutes, à peu d’exception près leur équipe dont le nom se compose de la société qui les possède et d’un nom en anglais dans la pure tradition américaine : Yomiuri Giants (Tokyo), Hanshin Tigers (Osaka-Kobé), Chunichi Dragons (Nagoya) etc. L’année dernière Nagoya gagnait la coupe de la ligue centrale et nous pûmes bénéficier de deux semaines de soldes. Cela aurait pu être sympa si les magasins avaient cessé de passer en boucle l’hymne des Dragons.
Le gros problème avec le baseball, c’est son omniprésence. Et je me plaignais du football en France…



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par Ludo publié dans : Ecoles
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Vendredi 6 mai 2005

Mes proches savent qu’il vaut mieux éviter de me parler le matin vu mon état de zombie autiste. Cette condition cadre souvent mal avec mon emploi d’enseignant, c’est pourquoi je passe en mode « bonne humeur à peine forcée » dès mon arrivée à l’école. Quel que soit mon moral, je joue donc chaque jour le dynamisme jovial devant des collégiens plus endormis qu’une marmotte narcoleptique congelée et empoisonnée au curare. Quand mon premier cours commence, le sommeil s’est généralement dissipé et je n’ai plus besoin de jouer la comédie.
N’ayant pourtant pas ingurgité une goutte d’alcool la veille,je débutai cette journée avec des symptômes similaires à la gueule de bois. Dur de reprendre le rythme après une semaine de congés, surtout quand il tombe des cordes. Il me fut donc plus difficile que d’habitude de me comporter comme le gai luron de service.
- Bonjour Ludo sensei.
- ‘jour.
A 15h, je me rendis à ma deuxième école pour la première fois. J’y commencerai dans deux semaines et elle se situe à quinze minutes de vélocipède d'une gare près de laquelle est stationné le deux roue que l'on a bien voulu me prêter. En pleine forme à cette période de la journée et décidé à étrenner la route qui me sépare de ce collège, je bravai les trombes d’eau pour arriver au meeting prévu avec le vice-principal, le haut des cuisses (vélo oblige) complètement trempé.
- Ah bonjour ! Ben il pleut dites donc.
- ‘jour.
De retour chez moi, je tombai comme une masse sur mon futon pour un roupillon salvateur de trois heures. Et là je viens de me réveiller voyez-vous. La photo montre le jardin qui se situe entre la salle des profs et le bâtiment des élèves (de ma première école) que je dois donc traverser chaque jour, quand il fait beau.


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par Ludo publié dans : Ecoles
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Samedi 30 avril 2005

Rien de tel qu’une semaine de vacances pour prendre du recul sur son travail.
Le bilan pour ces dix premiers jours dans ce collège reste plutôt positif. Cette année, je ne me fais pas bousculer ou insulter à tout bout de champ, les gamins semblent posséder un QI bien supérieur à leur température anale, les professeurs ne dorment pas sur leur chaise avant les cours et le bureau du prof dans chaque classe n’est pas défoncé de tous les côtés (à titre de comparaison Boston Public c’est de la guimauve). Cela fait tellement plaisir d’avoir affaire à des gens civilisés que j’ai parfois le sentiment de me trouver dans un pays différent de l’an passé. Si seulement on ne me laissait pas prendre racine dans la salle des profs tous les après-midi, mais rentrer chez moi comme ces chançards.


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par Ludo publié dans : Ecoles
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Samedi 23 avril 2005

Le fidèle galérien que je suis a donc repris les rames lundi dernier pour une nouvelle année scolaire. Comme chaque année, un flou royal planait sur mes horaires de travail. Aucun des trois, ma compagnie, le collège ou le rectorat ne sachant s’il est convenable pour moi de travailler dans les locaux de mon entreprise dans le cas où je n’ai plus rien à faire à l’école, je dois chaque année négocier comme un chevronné. La logique demeure pourtant implacable : si je n’ai rien à faire l’après-midi après les cours, il serait plus constructif que je travaille au bureau plutôt que d’attendre en moyenne pendant trois heures, les yeux dans le vide, dans la salle des profs. L’école ainsi que ma société s’entendent sur cette logique mais pas Dieu. En effet Ce dernier, que l’on appelle aussi « rectorat », reste l’entité la plus obtuse du monde. Imperméable à tout bon sens, ce monstre de bureaucratie archaïque plus strict et conservateur que le régime nord-coréen, se complait dans l’application bête et méchante de règles d’un autre âge et purement mécaniques. Un de mes collègues, fraîchement transféré dans la même zone s’est ainsi vu refuser l’utilisation de sa voiture pour aller sur son lieu de travail. Les enseignants japonais peuvent venir en voiture, le gouvernement japonais l’autorise à conduire avec son permis mais Dieu a dit « non, les professeurs étrangers ne viennent pas en voiture à l’école ». La logique ? Comme souvent ici, il n’y en a pas.
Bref nous sommes donc tous contraints à suivre la sainte doctrine, malgré un manque cruel de foi, et devons développer des trésors d’ingéniosité pour ne pas mourir d’ennui. Hier, j’ai donc décidé de prendre des photos et me voici donc en train de tuer le temps avec cette pose digne du verso d’un roman où l’on présente l’auteur.


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par Ludo publié dans : Ecoles
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