Pendant les vacances de Noël nous nous sommes rendus pour trois jours à Kyushu en avion. A Centrair, l’aéroport international de Nagoya, on
peut rejoindre les satellites comme tout aéroport qui se respecte à l’aide de tapis roulants. Les Japonais étant des maniaques de la sécurité, on a droit à l’instar des escalators dans les grands
magasins ou les gares à une voix enregistrée : « Ceci est un tapis roulant. Faîtes attention », suivi d’une traduction on ne peut plus abrégée en anglais : « faites
attention où vous mettez les pieds ».
Admettons pendant une seconde que le pays regorge de personnes non-voyantes. Cela expliquerait notamment pourquoi tous les bords de quai et de trottoir du pays sont pavés de dalles jaunes avec un relief de dessus de briques de Lego, pourquoi tous les camions de travaux annoncent de quel côté ils tournent et pourquoi on trouve du braille un peu partout… Soit. Pourtant, je ne croise des cannes blanches que cinq fois par an et quatre d’entre elles sont toujours accompagnées. Je me demande d’ailleurs s’il ne s’agit pas de la même personne que je verrais plusieurs fois dans l’année… Parallèlement, on rencontre beaucoup plus de fauteuils roulants et force est de constater que beaucoup de trottoirs et accès aux bâtiments ou à certaines gares n’ont pas été aménagés en fonction.
Admettons qu’il y ait beaucoup plus de non-voyants que d’handicapés moteurs et que les pouvoirs publics aient utilisé l’argent des contribuables avec sagesse.
Pourquoi diable faut-il que cette satanée voix de tapis roulant ressasse continuellement les mêmes évidences y compris quand personne ne l’emprunte ?
Après une demi-heure d’attente avant l’embarquement, nous étions en passe de basculer dans la folie. Etrangement, à notre arrivée à Kumamoto (Kyushu), les voix de tapis roulants ne se mettaient en route qu’au passage des usagers.






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