Si vous parcourez une forêt japonaise au printemps, vous avez une bonne chance de trébucher sur une pointe dépassant du sol. S’agit-il là d’une corne de rhinocéros laineux qui retrouve l’air libre après quelques millions d’années ou des vestiges d’une civilisation pré-solognote ? Non, vous avez malencontreusement mis le pied, distrait que vous êtes, sur une pousse de bambou, takénoko 竹の子en japonais (littéralement enfant de bambou). Je comprends votre colère mais taper sur un bambou ne vous va pas bien.
Les Occidentaux friands de nourriture asiatique ne connaissent sans doute ce légume que sous la forme de pathétiques lamelles dans de minuscules boites de conserves.
La longueur d’une pousse avoisine pourtant les 30cm pour un diamètre de 10 à la base, rien à voir donc avec ces portions rachitiques. Ce cône, tel un iceberg, ne laisse dépasser de terre qu’une petite portion avant de germer et de produire le tronc dur que tout le monde connaît.
Laissez mijoter pendant dix minutes les pousses coupées en larges morceaux dans un bouillon d’algues, de mirin et de katsuobushi que vous aurez lui-même fait bouillir plusieurs minutes au préalable. Un vrai régal !







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