Après avoir entendu mes aïeuls rabâcher des heures durant leur passion pour le Sudoku, je décidais de m’y mettre lors de notre séjour en France en décembre dernier. J’optais pour sa déclinaison vidéo-ludique en acquérant Go ! Sudoku sur PSP, vérifiant du même coup que les jeux français fonctionnaient bien sur la machine japonaise.
J’avoue avoir été conquis de suite, même si je commence passablement à m’en lasser.
La première fois que l’on m’a présenté ce puzzle basé sur des chiffres, on s’étonnait du fait que je ne connaisse pas un jeu « pourtant né au Japon ». A mon retour sur Nagoya, j’entrepris donc un petit sondage et il en ressortit que personne n’en avait jamais entendu parlé. Je poursuivis mes recherches et tombais sur le, par ailleurs très bon, site de Clubic qui le définissait ainsi : « jeu ancestral japonais ». Qu’en est-il vraiment ?
Le mathématicien suisse Leonhard Euler fut le premier à imaginer le « carré gréco-latin » au XVIIIème siècle. Il peut se composer de neuf carrés de neuf cases chacune. Dans chaque carré on retrouve des chiffres uniques de 1 à 9, ainsi que dans chaque ligne formée avec les deux autres carrés à l’horizontale et dans chaque colonne formée avec les deux autres carrés à la verticale.
Un Américain, Howard Garns, eut l’idée de le publier en tant que puzzle en 1979 en effaçant quelques chiffres et le baptisa Number Place.
Ce n’est que plus tard que le concept débarqua au Japon, en 1984 pour être précis, dans un magazine mensuel. Son importateur (-trice ?), Kaji Maki le renommera 数字は独身に限る sûji ha dokushin ni kagiru (les nombres ne doivent pas se répéter). Plus tard, cette longue appellation sera abrégée en 数独 sûdoku.
En 1997, Wayne Gould, un Néo-Zélandais de passage dans une librairie japonaise tombe sur le jeu et six ans plus tard, parvient à créer un programme capable d’élaborer rapidement des grilles.
En 2004, il propose ses services aux Britanniques pour des publications quotidiennes dans le Times. Il suffira de quelques mois pour que ces « mots-croisés » d’un nouveau genre connaissent un succès international.
Le Sudoku n’a donc de japonais que le nom. Paradoxalement, les Japonais semblent vaguement connaître de quoi il s’agit quand on leur parle de Number Place mais personne ne se souvient de Sudoku. Prochaine énigme, le 1er mars.






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