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Vendredi 29 février 2008

Un petit clic sur l’image !

 
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Nous nous trouvons devant un beau florilège d’erreurs classiques :

 Let’s he will be : une façon de dire Let he be. Un jour, j’y crois, let’s sera employé correctement.

Enjoyed all together : et le mot enjoy pour la énième fois…

It’s paradaise : une faute très fréquente sur le mot paradise où l’on sent toute l’influence d’un apprentissage phonétique par le katakana. Et je vous fait grâce du He will frolic.

nti_bug_fck
par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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Jeudi 28 février 2008
par Ludo publié dans : Brêves tentatives d'humour
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Mercredi 27 février 2008

Il y a maintenant un peu moins d’une douzaine d’années, je vivais en famille d’accueil dans la banlieue de Kyoto. Etudiant à l’université à Osaka, à moins de quarante minutes de mon domicile, je profitais pleinement de ma vie de djeun’ et, en compagnie de mes camarades étrangers et japonais, j’allais boire régulièrement dans cette ville que beaucoup ont qualifiée de « plus grand bar au monde ». Bénéficiant d’une sorte de carte orange qui assurait un nombre infini de trajets pendant trois mois de la banlieue de Kyoto jusqu’à la fac, je n’avais qu’à acheter un billet supplémentaire de 300 yens (j’ai oublié la somme exacte) pour rejoindre le joyeux quartier d’Umeda à Osaka. Au retour, il suffisait d’acheter le billet le moins cher, à savoir 180 yens, qui ne servirait qu’une fois puisqu’à l’arrivée, je n’avais qu’à faire passer ma carte orange dans la machine.

Après une soirée très arrosée, je pris le shuden 終電, le dernier train de la journée, rempli de salary-men dans un bien pire état, avec Brian, un Américain qui habitait dans le même voisinage. Lui aussi avait bien bu et nous avions le rire facile. Nous remarquâmes un type assis en face de nous complètement épuisé, dont la tête s’inclinait dangereusement vers l’arrière à intervalles réguliers. Le plus drôle, c’est qu’il gardait la bouche grande ouverte et qu’à chaque fois que sa tête penchait trop, elle frappait la vitre violemment sans que celui-ci ne se réveille pour autant. Nous n’étions pas les seuls à profiter de ce spectacle et nous partageâmes un fou rire avec une jeune fille inconnue.

Arrivés à destination et alors que nous tentions de reprendre notre sérieux et notre respiration, je me rendis compte que j’avais perdu mon billet de 180 yens ce qui n’avait aucune importance puisque j’avais ma carte. Or, dans ma tête j’avais imaginé l’inverse : j’avais utilisé ma carte tout à l’heure et il me fallait le ticket de 180 yens pour ressortir. Vous me suivez ?

 
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Paniqué, je me mis à fouiller mes poches et à regarder par terre un peu partout. Miracle : je trouvai un ticket, non pas de 180 mais de 160 yens. Ce n’était pas le mien mais j’allais tenter ma chance. Je l’introduisis dans le portique qui s’ouvrit sans problème. Toute personne normalement saoule aurait été satisfaite mais dans ma tête, j’avais utilisé un billet moins cher que celui que j’avais payé. Avec un culot fantastique, je me dirigeai vers l’unique employé de la gare à cette heure de la journée, celui-là même qui attendait impatiemment que deux métèques imbibés daignent sortir afin qu’il puisse tout fermer. Je lui expliquai la situation : c’était un scandale, j’avais payé 180 yens mais j’avais perdu le ticket, j’en avais trouvé un moins cher mais dans l’affaire, j’avais perdu 20 yens et il devait donc me rembourser cette somme. L’homme me jeta un regard noir, puis me tendit deux pièces de dix yens sans un mot.

A posteriori j’applaudis vraiment la patience de cet individu. Je m’étonne aussi de me rappeler autant des détails avec un tel degré d'ébriété…

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Mardi 26 février 2008

Avant-propos : je ne souhaite en aucun cas montrer le Japon du doigt, on pourrait facilement en dire autant, sinon plus, d’autres pays.


- Supprimer tous les commerces ouverts 24h/24 (combini 24h, McDo, restaurants de gyûdon etc.)

Mes beaux-parents furent les mieux placés pour savoir que la clientèle des combini la nuit se résume à deux pékins une fois par mois. Non seulement le fait d’être ouvert sans arrêt ne sert à rien mais représente un enfer pour les commerçants. En réinstituant des horaires plus humains, nous ferions de sacrées économies d’énergie.

 

- Supprimer la moitié des distributeurs de boissons

Avec des distributeurs tous les dix mètres en ville, et une présence dans les lieux les plus reculés de l’archipel, ces machines bouffent une énorme quantité d’électricité : toutes offrent des boissons fraîches et chaudes et les derniers modèles possèdent même un écran couleur LCD qui passe des réclames. Est-ce franchement bien utile ?

 

- Pénaliser les conducteurs qui laissent tourner leur moteur à l’arrêt (en particulier les taxis).

Il n’y a rien de plus horripilant que de voir des chauffeurs endormis dans leur véhicule en train de polluer allégrement. Beaucoup de conducteurs ne semblent pas préoccupés par ce problème puisqu’on en voit parfois descendre de leur automobile avec le moteur en marche pour s’acheter des cigarettes ou pour aller au combini. Seuls certaines compagnies de bus osent réclamer de leurs chauffeurs qu’ils coupent le contact durant les arrêts prolongés.

 
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- Restreindre l’usage de la climatisation, en particulier dans les grands magasins, les entreprises et les transports en commun.

Est-il nécessaire que l’air conditionné dans certains lieux atteigne une température aussi basse ? Beaucoup souffrent de rhume en plein été car leur lieux de travail possède une clim’ trop forte. Depuis quelques années le gouvernement a déjà œuvré en ce sens avec le cool biz’ et un effort était demandé de la part de tous les fonctionnaires du pays. Il serait bon d’étendre ces mesures au privé (y compris aux commerces).

 

- Interdire les machines qui usent de voix enregistrées qui passent en boucle. Que ces voix s’actionnent à la demande où au passage de quelqu’un, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais quand vous avez des tapis roulant, des escalators, des pompes à essence qui déblatèrent les mêmes choses à longueur de journée sans aucune raison, je ne puis m’empêcher d’y voir une volonté de pourrir la vie d’autrui. La protection de l’environnement passe selon moi aussi par la lutte contre la pollution sonore.

 

- Améliorer l’isolation des habitations. Si de plus en plus d’entreprises de maçonnerie propose des maisons ou appartements où l’air chaud produit par les radiateurs ne disparaît pas cinq minutes après les avoir éteints (ou inversement l’air froid avec la climatisation), nombreux sont les logements encore ancrés au Moyen Age. Forcément on est forcé de chauffer plus, plus longtemps (ou de faire plus appel à l’air conditionné).

 

- Augmenter le nombre d’usine de recyclage des déchets ménagers. Dans la pratique, le tri demeure très strict, du moins dans les grandes villes mais au final on ne recycle pas suffisamment car les infrastructures manquent. La préfecture de Tokyo envisage, si ce n’est pas déjà le cas, une refonte totale du tri des ordures en mettant les déchets organiques et le plastique dans le même sac. Le tout sera brûlé à très haute température. Certes, les risques d’apparition de dioxine restent inexistants mais éliminer ainsi tant de plastique ne me parait pas la meilleure solution.

 

- Pousser les Japonais à utiliser plus la douche que le bain. Prendre un bain tous les jours revient plus cher en eau et en gaz que de prendre une simple douche. Sachant qu’un bain ne se prend qu’après s’être préalablement douché dans la plupart des foyers (d'autres plus intelligents utilisent l'eau du bain dans des bassines), vous imaginez les économies réalisées si tout le pays modifiait ses mœurs.

 

- Ne proposer à la vente que du riz déjà lavé. Aliment quotidien, le riz se lave toujours avec une grande quantité d’eau avant d’être placé dans une cuiseuse. Nous consommons en ce qui nous concerne du musenmai 無洗米, mot à mot : du riz que l’on a pas besoin de laver (puisqu’il l’est déjà). Beaucoup de Japonais considèrent néanmoins que ce type de riz demeure nettement moins bon et on ignore aussi quelle quantité d'eau est utilisée pour réaliser le musenmai.

 

- Réduire les emballages. Les Japonais, rois dans le secteur, sont passés maîtres dans l’art d’envelopper avec attention et style le moindre produit de consommation. Le terme « ouverture facile » a vraiment un sens ici. Malheureusement, on rencontre de nombreux excès : les paquets où chaque biscuit est enveloppé individuellement, les filets en polystyrène qui protègent chacune des trois pommes déjà placés sous cellophane, les sacs plastique destinés à  accueillir des parapluies mouillés, distribués à l’entrée des commerces etc.

 

Il existe sans aucun doute de nombreuses autres choses à réaliser dans le domaine de l’écologie et ces propositions, basées sur une logique personnelle sans doute utopique et en décalage avec la réalité, risquent bien de ne jamais voir le jour.

par Ludo publié dans : Ougl
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Lundi 25 février 2008

Il m’est arrivé dans ma courte carrière d’assistant professeur d’être confronté à des élèves dont les capacités mentales n’étaient pas optimales.

Si le diagnostic demeure aisé face à un garçon trisomique, il n’est pas toujours facile de déterminer à qui l’on a affaire. Pour schématiser, lors d’un premier cours, on se demande si l’on s’adresse à un écolier normal qui n’aurait pas bien entendu, à un écolier turbulent qui n’aurait pas bien entendu parce qu’il se tamponne allégrement de votre présence, à un écolier qui ne peut physiquement vous entendre, à un écolier qui se paie votre tête, à un écolier persécuté complètement replié sur lui-même ou à un handicapé mental qui a été catapulté dans votre leçon car on lui a dit que l’anglais, c’était rigolo et que pour une fois il verrait ses camarades du même âge. Ce n’est qu’après quelques questions infructueuses que vous vous rendez compte que l’enseignant que vous assistez aurait bien fait de vous en parler au préalable. Hélas dans 100% des cas, on vous dit à la fin de l’heure : « Oui, Machin-kun fait partie de la classe Pousse-de-bambou, au fait. ». Ces enfants sont en général placés dans des classes spécialisées dont le nom a toujours étrangement rapport avec le monde végétal. Il peut arriver néanmoins que des enfants a priori capables de suivre des cours normaux grossissent les rangs de ces classes ou qu’inversement, des handicapés lourds fassent partie des classes normales. C’est aux parents que revient une telle décision (comme nous l’avons évoqué ici). Je dois donc parfois officier dans des classes spéciales et la tâche n’a rien de facile puisque vous pouvez vous trouver en face de gamins dont l’âge et l’handicap diffèrent énormément l’un à l’autre et il est nécessaire de s’adapter en fonction. Dans une de mes écoles, j’enseigne à quatre de ces enfants. Deux d’entre eux peuvent comprendre un cours, tandis qu’un autre ne s’y intéresse qu’épisodiquement alors que le dernier, toujours jovial, n’est doué que pour le dessin (« surdoué » serait d’ailleurs plus approprié). L’un d’entre eux produit un volume considérable de salive alors qu’un autre se racle la gorge comme un ossan toutes les dix minutes et recrache le tout bruyamment dans un mouchoir. En hiver, un débit invraisemblable de liquide nasal se déverse des quatre et fait passer les chutes du Niagara pour une cafetière défectueuse. Le cours est donc continuellement interrompu par des séances de nettoyage.

Lorsque ces tokushuu 特習appartiennent à une classe normale, on n’exige bizarrement de vous aucune modification de votre leçon. La plupart du temps, ces enfants s’occupent dans leur coin, dans leur petit monde, puisque c’est trop difficile pour eux. Je ne comprends pas mes collègues : un cours adapté et à part leur serait bien plus profitable. Leur présence en cours normal s’avère inutile et parfois même gênante. Se sentant à l’écart, certains commettent occasionnellement des actes de violence : ils tirent les cheveux de certaines filles, envoient valser des chaises, se mettent à hurler subitement, chantent sans interruption pendant plusieurs minutes etc. L’une de mes plus grosses classes composées de 40 élèves accueille systématiquement pendant mes cours cinq enfants handicapés. Réclamer le silence de quarante surexcités de 9 ans s’avère déjà dur, alors imaginez quand on en ajoute cinq, complètement galvanisés par le vacarme qui les entoure. D’autres enfants restent calmes mais il serait bien plus judicieux de les garder occupés. Une fille de huit ans passait la totalité de l’heure à gribouiller des mots sur une feuille de papier. Celle-ci, habituée à participer, était particulièrement muette ce jour-là. Je jetai alors un coup d’œil à son bout de papier et mon sang se glaça en un tour. Elle avait fait des lignes de « Crève ! Crève ! Crève ! Vieille bonne femme ! Chauve ! ». Même si cela ne m’était apparemment pas destiné, je ne pus m’empêcher d’en toucher un mot à sa maîtresse, qui m’avoua qu’elle était au courant. Depuis, elle continue ses délires à la Shining…

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Dans l’une de mes classes de sixième, un garçon de forte corpulence, le jeune O. me fit sérieusement penser lors de notre premier contact qu’il n’avait pas sa place parmi les enfants de son âge. L’institutrice, dès le début, avait déjà pris la mauvaise habitude de s’absenter pendant une bonne vingtaine de minutes me laissant ainsi face à des éléments peu accommodant. Ils bavardaient tous sans trop se préoccuper de moi et je me mis à hausser le ton ce qui provoqua une réaction chez O. A l’époque, j’ignorais tout de sa condition puis que l’on m’en informa qu’à la fin du cours (même si, vous allez voir, j’avais tiré mes propres conclusions par la suite). O. donc, se mit à crier « No ! » en anglais tout en me fixant avec un regard défiant. Je n’allais pas laisser ma première rencontre avec ces malpolis tourner à la rébellion : je lui demandai de se taire plutôt fermement. Durant les quelques minutes qui suivirent, il déchira la feuille que j’avais distribuée, donna un violent coup de pied à son bureau, et envoya sa chaise en vol plané dans le fond de la classe. La prof me gratifia de sa présence au bon moment (bien qu’un peu tard), et raisonna la furie. Il reprit place et se tint plus ou moins calme : tout en montrant le blanc de ses yeux, il donnait des coups de tête à l’épaule de son voisin mais gardait le silence. Face à un tel comportement, je décidai qu’il était plus judicieux pour tous (et pour lui-même) de l’ignorer. A ce stade, je m’étais donc rendu compte qu’il n’était pas comme les autres et envisageai de faire part de mon mécontentement à l’enseignante qui avait omis de me le signaler et qui par-dessus le marché avait pris la poudre d’escampette. Un peu plus tard, elle le força à recracher une gomme toute souillée de crayon qu’il avait subitement décidé de mastiquer.

N’ayant reçu aucune formation spécialisée, je n’ai pu que me baser jusque là sur ma courte expérience mais ce qui m’a toujours surpris, c’est de voir que plusieurs de mes collègues japonais n’en savaient pas plus que moi…

par Ludo publié dans : Ecoles
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