Très friand d’agrumes en tout genre, je profite toujours des promotions de fin d’année pour me jeter sur des sacs de mikan 蜜柑(mandarines) que je dévore en trois jours, en sirotant des litres de jus d’orange, de jus de citron ou de yuzu 柚子chaud. J’adore l’acidité rafraîchissante de la pulpe qui explose dans toutes les directions dans le palais pour peu que vous la chatouilliez de la langue.
Le mois dernier, alors que je préparais un confit de canard chez les parents de Naoko (notez bien ce moment historique où je fis la cuisine), je remarquai la présence d’un fruit jaune de la taille d'une boule de bowling sur la table. Intrigué de voir un melon en cette saison et surtout de cette couleur, je me risquai à demander de quoi il s’agissait.
Le père de Naoko me présenta alors le roi des agrumes : le zabon ザボン.
Il prit alors un grand couteau et se mit à entailler le zeste de l’animal comme on le ferait pour une orange. La peau faisait un bon centimètre d’épaisseur et de francs efforts s’avéraient nécessaires pour l’enlever. Cinq minutes plus tard, la partie la plus laborieuse de l’opération démarrait. La partie comestible du fruit se trouve enveloppée de quatre à cinq centimètres d’une substance blanche filandreuse très dense (que l’on trouve aussi dans les oranges mais en bien plus faible quantité). Il faut donc la retirer à la force des ongles, petits bouts par petits bouts. Dix minutes plus tard, on peut discerner les quartiers, eux-mêmes protégées par une enveloppe de peau blanche lisse et un peu dure.
Chacun de ces quartiers, du fait de sa taille, remplit l’estomac assez rapidement. Le goût n’a pas l’acidité du pamplemousse et se rapproche plus du yuzu. Jetez donc un coup d’œil à cette pulpe.
Un fruit étonnant, loin d’être mauvais et qui reste plus pénible à manger qu’un artichaut, ce qui explique sans doute sa rareté.






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