NB: Cet article aurait dû paraitre au petit matin mais un problème inconnu l'en a empêché.
La France ne constitue peut-être pas un modèle du genre mais il me semble qu’en ce qui concerne les retransmissions de rencontres sportives, elle s’en sorte mieux que le Japon. Pour les Jeux Olympiques de Turin, torino orimpikku トリノオリンピックen Japonais (qui n’ont rien à voir avec tori no orimpikku鳥のオリンピックqui signifie les JO pour oiseaux), si les chaînes câblées et satellites font correctement leur travail, on ne peut pas en dire autant des chaînes hertziennes comme l’a souligné La Rivière aux Canards, et en particulier des comptes-rendus des journaux télévisés. Après avoir diffusé leurs maigres performances, ils se contentent de montrer les scores des athlètes japonais représentés par une photo où ils font la gueule (notez bien que même dans le cas de bons résultats, nous aurions droit aux mêmes clichés puisqu’un visage apparaissant sur une photo officielle ne sourit jamais, des fois que ça le rendrait populaire).
Suivant la chaîne et avec de la chance, on parle du podium en montrant tout au plus les couleurs or, argent et bronze, en bas d’écran, accompagnées non pas du nom des récompensés, mais de leur pays d’origine.
Le plus hypocrite dans l’affaire, c’est l’attitude adoptée dans le cas de l’obtention d’une médaille d’argent ou de bronze comme c’est arrivé à Salt Lake City en 2002. Je m’en souviens comme si c’était hier. Machin termine troisième, tout le monde est content, on filme ses proches en liesse au Japon qui ont suivi l’exploit en direct et on a même droit à un petit récapitulatif du parcours du champion. Et c’est tout. Pas un mot sur le deuxième ni le premier. On apprend quand même que Bidule, autre sportif nippon qui n’a pas eu autant de chance dans la même épreuve, termine 27ème et qu’il a promis qu’il ferait tout pour gagner une médaille lors des prochains Jeux. Les non-Japonais n’existent pas. Les JO n’appartiennent qu’à une seule nation comme chacun le sait. C’est du moins ce que l’on tente de nous faire croire. Cette année plus que toutes les autres, ce sentiment de nationalisme (chauvinisme reste un terme trop faible) semble avoir atteint son comble. Si les Japonais n’ont toujours pas de médaille, c’est la faute des Italiens, comme le décrit Pchan.
Si seulement cela ne concernait que les JO... Le K1, sport de combat très populaire sur l’archipel, regroupe différentes nationalités. Quand les matchs sont retransmis en direct, le téléspectateur peut savourer à loisir la totalité du tournoi. Malheureusement, cela se passe beaucoup en différé. Si l’un des deux combattants n’est pas japonais, vous aurez droit à un patchwork bancal en accéléré de quelques scènes mal choisies (les moments les plus faibles du match) ou pire, vous n’aurez que le nom du vainqueur. Tant qu’il existe une possibilité pour qu’untel soit l’opposant d’un japonais dans le tour suivant, tout va bien, autrement c’est un suppo et au lit.
Après une couverture parfaite de la dernière Coupe du Monde, puisqu’elle se déroulait au Japon et en Corée, j’ai bien peur que la prochaine Coupe subisse un tout autre traitement.
Les seuls sportifs étrangers (en omettant les lutteurs de sumo) à bénéficier d’une bonne couverture se comptent sur les doigts de la main d’un boucher distrait : le footballeur anglais Beckham (parce que les jeunes filles le trouvent beau), la joueuse de tennis russe Sharapova (parce que les hommes la trouvent mignonne) et c’est à peu près tout.
Personne ne connaît Amélie Mauresmo (pas de bras, pas de chocolat pas mignonne, pas à la télé). Tout est affaire de mode, vous l’aurez compris.
Je lance donc un appel mondial à tous les athlètes non-japonais. Afin de susciter l’intérêt de la presse nipponne, il est impératif que vous vous commettiez dans des spots publicitaires japonais sans aucun rapport avec votre discipline, que vous surveilliez votre tenue vestimentaire et que vous changiez tous les quatre matins de coiffure. Visitez le pays deux fois par an et participez à des émissions de télévision destinées aux femmes de plus de 50 ans et aux lycéennes (vers midi pour les premières, vers 22h pour les secondes). Si cela ne suffit pas, adoptez un animal mignon (petit chien, koala, pingouin, panda, lapinou) et donnez lui un prénom nippon. Admettez que vous adorez la nourriture locale en usant d’un japonais chargé d’un fort accent étranger. Après quelques années, et si tout le monde s’y met, on devrait parvenir au but. Tout cela, pour le sport !
PS : N’oubliez pas l’autre article du jour.






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