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Mardi 1 avril 2008

Parmi les confiseries japonaises ou wagashi 和菓子, on rencontre parfois quelques surprises, comme les tanukiben 狸便. Assez dures et sucrées, elles se dégustent telles quelles avec une tasse de thé vert (comme tous les wagashi, d’ailleurs). Si l’on parvient à franchir la barrière psychologique évidente liée à son apparence, on découvre une saveur aussi inattendue qu’agréable. Beaucoup d’entre vous auront certainement renoncé à en savoir plus et je ne pourrais vous plaindre. Tanukiben provient à la base du tanuki, une sorte de blaireau japonais qui ressemble au raton-laveur. Ben, de son côté, signifie… « fèces ».

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Avant de m’envahir de commentaires de dégoût, sachez que la consommation de tels aliments n’a rien d’extraordinaire dans de nombreuses cultures (Uigurs, Iakoutes, Samoans, pour ne citer qu’eux). On n’en meurt pas, d’autant plus que les déjections de tanuki sont réputées pour leur richesse en fibre. L’animal omnivore demeure entre autres très friand de bambou. De plus, la teneur en excrément des tanukiben actuels ne dépasse pas les 10%, le reste étant composé d’un mélange de tofu, de farine de riz, de sucre et le tout est cuit.

PS : Pour un complément d'information indispensable sur cet article, rendez-vous ici.

par Ludo publié dans : Ougl
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Lundi 31 mars 2008

Toujours à Dazaifu.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Vendredi 28 mars 2008
Voici le chasse-neige le plus rapide du monde, en plein travail. Attention, c’est presque subliminal.

par Ludo publié dans : Ambiances
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Jeudi 27 mars 2008

Voir les épisodes précédents.

 

Les spécimens du jour, deux lycéennes observées une nouvelle fois par mon collègue Ian, avaient pris place dans ce train qui n’attendait plus que quelques minutes pour que l’autre rame en sens inverse n’arrive et ne libère la voie. En réalité, ces deux jeunes filles avaient pris l’habitude de profiter de la chaleur dans le wagon avant d’emprunter ce deuxième train. Régulièrement donc, elles caquetaient bruyamment, affalées sur les banquettes tout en mangeant des chips. Ce jour-là, elles semblaient vraiment s’éterniser, peu concernées par l’heure. Pourtant elles savaient pertinemment qu’à chaque fois, le conducteur du premier train fermerait les issues dès que le deuxième entre en gare. Mon collègue commença à se frotter les mains à l’idée du spectacle qui allait s’offrir devant ses yeux et il eut raison : trente secondes après qu’une annonce ait été effectuée au haut-parleur, le deuxième train arriva et, comme prévu, le conducteur du premier prévint au micro qu’il allait fermer les portes, ce qu’il fit deux secondes plus tard. La fille la plus hirsute réagit assez vite et parvint à bouger avant la fermeture. La deuxième, par contre, ne réussit pas à sortir et coinça bêtement son sac dans les deux battants. Elle commença à crier tout en tambourinant de la paume de ses mains la vitre. Elle fut libérée quelques secondes plus tard et, plutôt que de s’estimer chanceuse, elle commença à rouspéter en disant que les conducteurs de train étaient vraiment nuls, qu’ils ne pensaient jamais aux passagers etc. alors qu’elle n’était que seule responsable de la situation. Elles étaient parfaitement conscientes du risque d’attendre dans un train qui part dans une autre direction !

Quelques minutes plus tard, un éclair parcourut l’esprit d’Ian : les deux filles étaient en réalité les deux mêmes qui nous avaient stupéfaits quelques mois plus tôt.

 
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NB : les joyeux lurons qui sirotent une bière dans la photo n’ont bien sûr aucun rapport.

A suivre

par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Mercredi 26 mars 2008

Quand on voit de quelle manière fonctionnent certaines parties de la campagne profonde japonaise, on se demande si on peut vraiment qualifier ce pays d’état de droit. Mes beaux-parents résident en banlieue de Nagoya dans un hameau isolé où la gare et le combini le plus proche se situent à vingt minutes de voiture. La plupart des foyers y habitent depuis plusieurs générations, mon beau-père a ainsi hérité de la maison de son père il y a quelques années. Auparavant ma belle-famille habitait dans la périphérie de Yokohama. Les problèmes commencèrent juste après avoir déménagé. Un homme, se réclamant du Comité du voisinage 町内会, lui-même dépendant indirectement de la mairie, vint lui réclamer les 10000 yens de cotisation annuelle que l’ensemble des cents familles paie docilement. Son propre père ayant jusque là versé cette somme, et pensant que la commune fonctionnait de cette manière, il lui versa.

Aujourd’hui, mes beaux-parents en ont assez. Ce comité se réclame de la mairie, certes à juste titre, mais rien ne l’autorise à prélever ainsi un impôt supplémentaire. A ce que je sache, les habitants de Nagoya dont je fais partie, ne doivent s’acquitter que d’une taxe départementale et d’une taxe municipale chaque année (dont l’utilisation demeure par ailleurs douteuse). Pourquoi dans cette campagne, devrait-on payer plus ?

A quoi sert donc cet argent récolté ? Chaque année, le comité publie une facture détaillée où curieusement les gains et les dépenses restent parfaitement égaux ! On utilise les sommes versées pour l’entretien des environs, les festivals et pour l’association des enfants qui récupère 6000 yens par personne et par an, organise des clubs divers, du camping, et permet aux enfants de préparer du mochi (riz malaxé) pour le jour de l’an. Si une part est dépensée de manière plus ou moins légitime, le reste est tout bonnement jeté par les fenêtre. 

Le plus scandaleux demeure l’utilisation des fonds pour faire le plein d’alcool et de boustifaille lors des différents événements organisés (11000 yens de bière et 130000 yens de paniers-repas par an). Si jamais quelqu’un oublie de payer sa cotisation ou ne peut être présent, il écope de 3000 yens d’amende et pour que tout le monde le sache, on publie même son nom dans la facture ! Si les autochtones ne paient « que » 10000 yens par an, les nouveaux venus doivent aligner 100000 yens de droit d’entrée !

Une proportion n’apparaît même pas dans les comptes. On ne tient pas compte par exemple de l’argent remis dans des petites enveloppes par les différentes familles du voisinage aux enfants qui viennent parader avec les shishimai (lions du Nouvel An) et qui se chiffrent à chaque fois à 3000 yens par foyer.

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Dans deux factures annexes, on retrouve les bonnes affaires du temple bouddhique et du sanctuaire shintô qui récupèrent respectivement 250000 yens et 300000 yens du Comité. Chacun réclame en plus des sous pour chaque prière à domicile et oblige les résidents à faire le ménage une fois par mois à tour de rôle. Chaque absence se solde par une amende de 3000 yens…

Mon beau-frère, Daishi, emménagea l’année dernière chez mes beaux-parents. Un jour, un homme vint le trouver pour l’enrôler dans la brigade de pompiers (qui reçoit 150000 yens par an du Comité) à laquelle il devrait consacrer une journée par mois puisque tous les jeunes du coin doivent y passer à un moment ou à un autre. Scandalisé, Daishi lui répondit sèchement qu’il n’avait jamais entendu parlé d’une telle affaire et qu’il en était hors de question. Frustré, notre homme lui rétorqua qu’il oeuvrait pour la mairie. La réponse cinglante de Daishi ne se fit pas attendre : « Non mais vous rigolez ou quoi ? J’ai du boulot moi ! » (infographiste en freelance). On le menaça ensuite de lui faire payer une amende pour refus, ce qui le mit vraiment en rage : « Faites ce que vous voulez mais jamais je ne paierai ! ».

Son interlocuteur lui sortit alors une phrase qui fut pour moi une révélation puisqu’elle résolvait à elle seule un bon nombre des mystères de ce pays : « Mais, on a toujours fait comme ça ! ».

Toutes les personnes réfractaires à ce système ne sont bien sûr pas poursuivies en justice, étant donnée la totale illégalité des opérations du comité et des instances religieuses locales, mais seront toujours montrées du doigt par les autres et une multitude de ragots à leur encontre verront le jour. Toute ma belle-famille, y compris mes beaux-parents qui ont au début décidé de couper court à tout embarras et adhéré à cette politique, commence à perdre patience. Ils pointent régulièrement du doigt la gestion scandaleuse du comité ainsi que les fondements même de son existence. Du fait de leur conduite rebelle, ils sont désormais très mal considérés. Ayant désormais plus de temps depuis l’arrêt de leur combini, mon beau-père s'est attelé à la rédaction d'un coup de gueule qu'il pense faire publier dans le journal local.

Question : à quoi servent les impôts ? Tout est normalement géré par la municipalité ou les particuliers et nul n’a le droit de s’y substituer et de réclamer par-dessus le marché des espèces sonnantes et trébuchantes.

par Ludo publié dans : Ougl
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