Après le « H » de Haken no hinkaku, voici le « I » de :
Ikki ikki いっきいっき
Lors d’une beuverie avec des Japonais, il arrivera toujours que l’un des convives soit forcé à boire à la manière ikkinomi 一気飲み, c’est-à-dire « cul sec ».
Cette pratique très répandue, surtout chez les étudiants de fac, se réalise de préférence avec de la bière, en demi pinte. Certes il arrive que vous tombiez sur des fous qui vont se taper une pinte entière voire, comme j’en fus une fois le témoin, trois pintes de suite mais dans l’ensemble, cela ne se déroule qu’une à deux fois par victime dans une soirée. Malheureusement comme beaucoup de Japonais demeurent incapables de supporter l’alcool, les faire boire de la sorte revient à les rendre KO pour le reste de la journée. Lorsque quelqu’un daigne se prêter au jeu, tout le monde lui crie ikki ikki au fur et à mesure qu’il descend son verre et cela se ponctue par une salve d’applaudissements.
Ce rite barbare ne concerne pas seulement les adultes. A l’école, toutes les classes possèdent leurs champions. Evidemment le challenge ne porte pas sur l’alcool mais sur l’ingestion d’une bouteille de 25cL de lait.
Jusqu’à présent, le pire que j’ai vu en la matière, reste ce professeur lors d’une sortie en izakaya. Il aspira littéralement en à peine plus d’une seconde une demi pinte de bière. Il m’avoua que sa technique était dangereuse puisqu’il se servait d’un appel d’air pour tout gober. Il faut le voir pour le croire.
A chaque fois que l’idée d’avaler tout rond le contenu d’un verre ou d’une bouteille germe dans le cerveau de quelqu’un, je me demande toujours pourquoi. Je continue à siroter lentement mon breuvage en imaginant mes élèves pouffer de rire avec du lait sortant par les narines ou des adultes responsables devenir rouges comme des écrevisses avec les yeux remplis de larme d’ivresse.
A suivre...






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