Les spécimens du jour, deux lycéennes observées une nouvelle fois par mon collègue Ian, avaient pris place dans ce train qui n’attendait plus que quelques minutes pour que l’autre rame en sens inverse n’arrive et ne libère la voie. En réalité, ces deux jeunes filles avaient pris l’habitude de profiter de la chaleur dans le wagon avant d’emprunter ce deuxième train. Régulièrement donc, elles caquetaient bruyamment, affalées sur les banquettes tout en mangeant des chips. Ce jour-là, elles semblaient vraiment s’éterniser, peu concernées par l’heure. Pourtant elles savaient pertinemment qu’à chaque fois, le conducteur du premier train fermerait les issues dès que le deuxième entre en gare. Mon collègue commença à se frotter les mains à l’idée du spectacle qui allait s’offrir devant ses yeux et il eut raison : trente secondes après qu’une annonce ait été effectuée au haut-parleur, le deuxième train arriva et, comme prévu, le conducteur du premier prévint au micro qu’il allait fermer les portes, ce qu’il fit deux secondes plus tard. La fille la plus hirsute réagit assez vite et parvint à bouger avant la fermeture. La deuxième, par contre, ne réussit pas à sortir et coinça bêtement son sac dans les deux battants. Elle commença à crier tout en tambourinant de la paume de ses mains la vitre. Elle fut libérée quelques secondes plus tard et, plutôt que de s’estimer chanceuse, elle commença à rouspéter en disant que les conducteurs de train étaient vraiment nuls, qu’ils ne pensaient jamais aux passagers etc. alors qu’elle n’était que seule responsable de la situation. Elles étaient parfaitement conscientes du risque d’attendre dans un train qui part dans une autre direction !
Quelques minutes plus tard, un éclair parcourut l’esprit d’Ian : les deux filles étaient en réalité les deux mêmes qui nous avaient stupéfaits quelques mois plus tôt.
NB : les joyeux lurons qui sirotent une bière dans la photo n’ont bien sûr aucun rapport.






Commentaires