Je vous arrête tout de suite, on ne fête pas le 1er avril au Japon comme on le fait en France.
Les lycéens, et parfois quelques collégiens doivent passer par un rituel précis censé marquer leur passage à l’âge de discernement (世解年代 sekainendai, « période de compréhension »). Un prêtre shintô doit au préalable statuer si l’intéressé a atteint la maturité nécessaire, même si dans les faits on privilégie les sujets entre quatorze et seize ans.
Les parents doivent donc présenter leur rejeton candidat pour un examen du visage avant le jour J. Une fois le feu vert accordé, l’adolescent pourra prendre part au festival du 1er avril. Le hatsugenohi 初毛の日, puisque c’est son nom, s’apparente à une sorte de communion durant laquelle on bénit la « barbe » encore naissante du jeune homme d’un rasage effectué à l’aide d’un tantô 短刀, un sabre court. Par commodité, on ne rase que brièvement sous le nez. Hatsugenohi, littéralement « jour du premier poil », fut introduit de Corée (où la pratique a désormais disparu) au XVIème. C’est ce qui aurait pu arriver au Japon si le gouvernement Meiji n’avait pas fait ressurgir cette tradition grâce à sa loi sur le respect du folklore (dentôsonkeihô 伝統尊敬法) en 1875.
Aujourd’hui, le premier jour du quatrième mois de l’année sert de prétexte à l’industrie du rasage pour inonder le petit écran de spots publicitaires ciblés.
NB : Ce cliché de qualité moyenne date de 2004. Vous aurez le privilège d’admirer les zolies photos de cette année prochainement.
PS : Il est impératif que vous jetiez un coup d'oeil au PS de la fin de cet article.






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