Le fidèle galérien que je suis a donc repris les rames lundi dernier pour une nouvelle année scolaire. Comme chaque année, un flou royal planait sur mes horaires de travail. Aucun des trois, ma compagnie, le collège ou le rectorat ne sachant s’il est convenable pour moi de travailler dans les locaux de mon entreprise dans le cas où je n’ai plus rien à faire à l’école, je dois chaque année négocier comme un chevronné. La logique demeure pourtant implacable : si je n’ai rien à faire l’après-midi après les cours, il serait plus constructif que je travaille au bureau plutôt que d’attendre en moyenne pendant trois heures, les yeux dans le vide, dans la salle des profs. L’école ainsi que ma société s’entendent sur cette logique mais pas Dieu. En effet Ce dernier, que l’on appelle aussi « rectorat », reste l’entité la plus obtuse du monde. Imperméable à tout bon sens, ce monstre de bureaucratie archaïque plus strict et conservateur que le régime nord-coréen, se complait dans l’application bête et méchante de règles d’un autre âge et purement mécaniques. Un de mes collègues, fraîchement transféré dans la même zone s’est ainsi vu refuser l’utilisation de sa voiture pour aller sur son lieu de travail. Les enseignants japonais peuvent venir en voiture, le gouvernement japonais l’autorise à conduire avec son permis mais Dieu a dit « non, les professeurs étrangers ne viennent pas en voiture à l’école ». La logique ? Comme souvent ici, il n’y en a pas.
Bref nous sommes donc tous contraints à suivre la sainte doctrine, malgré un manque cruel de foi, et devons développer des trésors d’ingéniosité pour ne pas mourir d’ennui. Hier, j’ai donc décidé de prendre des photos et me voici donc en train de tuer le temps avec cette pose digne du verso d’un roman où l’on présente l’auteur.







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