Après deux années éprouvantes et pleines de frustration passées au collège, me voici donc de retour en primaire. Cela fait maintenant un peu plus de deux semaines que j’ai effectué ma rentrée dans quatre écoles dans une zone académique jusque là inconnue. Avec un total de 40 classes, je possède un peu plus de 1400 élèves allant du CE2 à la sixième (vu que l’école primaire dure six ans au Japon).
Permettez moi de vous livrer mes premières impressions.
L’école n’a pas changé pour beaucoup de ses aspects, ce qui n’a rien étonnant en deux ans me direz-vous, mais il eut été la même chose si on avait allongé cet intervalle sur plusieurs décennies. On trouve toujours les lignes droites blanches au centre des couloirs pour délimiter le sens de la marche (à droite), les musiques gnangnantes qui accompagnent l’arrivée des bambins, la préparation du repas et leur retour au bercail, les tables des élèves qui m’arrivent aux genoux, les gnomes qui ne dépassent pas ma taille et ces ignobles monstres qui vous assènent un kanchô (seulement deux en deux semaines : je croise les doigts et les fesses) en guise de premier contact. A ce propos j’ai pu voir une fille administrer la chose à un garçon. La fourbe, en jupe, profitait de son accoutrement pour persécuter son camarade qui ne pouvait riposter de peur d’être accusé de pervers !
J’ai constaté quelques nouveautés dont je ne saurais dire si elles ont un rapport avec la situation géographique des écoles ou s’il s’agit d’un changement réel de comportement des enfants. Ainsi j’ai remarqué que plusieurs avaient les cheveux teints alors que la pratique reste normalement proscrite dans tous les établissements. Je trouve l’interdiction ridicule au collège mais nécessaire à l’école. Si ça continue dans ce sens, on verra bientôt des germes de pétasses maquillées et de rebelles avec piercing faire des colliers de nouilles pour la fête des mères (notez qu’on ne fait pas de colliers de nouille au Japon, il s’agissait simplement d’une image).
En parlant de pétasses, j’ai pu voir plusieurs filles d’un âge variant entre 9 et 12 ans aux cheveux teints et permanentés avec une mini-jupe. Leur attitude semble aussi calquée sur leur apparence puisqu’on jurerait entendre parler ces adolescentes superficielles qui polluent de leur volume sonore les rames de métro. On sent l’influence des grandes sœurs.
Quoi qu’il en soit, je ne passe plus mes après-midi à moisir devant mon bureau. Les quatre écoles me font bosser (une sensation que j’avais oubliée). J’enchaîne ainsi entre quatre et six heures de cours par jour, cinq heures en moyenne donc, plus le déjeuner que je passe dans les classes. A titre de comparaison, je n’enseignais quotidiennement au collège qu’une à quatre heures. Mes après-midi sont donc remplis et, le plus fort dans tout cela, c’est qu’on me laisse partir entre 14h45 et 15h30, suivant les endroits. Un pur bonheur !
NB : La photo date de 2002.






Commentaires