Samedi 9 avril 2005
Certes le coût de la vie à Nagoya n'atteint pas les sommets de la grouillante Tokyo mais aux yeux de l'étranger moyen, les prix pratiqués, et c'est le cas dans toutes les grandes villes de l'archipel, relèvent du pur scandale. Oui, plutôt oui. En prenant comme base un euro=138 yens et en vous laissant faire le calcul, on se rend vite compte que certains produits bon marché en France se vendent ici à prix d'or. Le ticket de métro (pour une station d'écart) à 200 yens, le mini-pot de 125ml de glace Häagen-Dazs à 270 yens, le camembert Président à 2000 yens, le melon à 10000 yens etc.

Mercredi dernier, je me suis rendu à Kanayama, quartier sud de la ville où l'on a construit un énorme centre commercial, baptisé Asunaru, sur la gâre. Décidés à essayer le nouveau bar avec quelques collègues, nous commandâmes une bière. Etrangement, le menu ne proposait qu'une variété: de la Heineken. Je fis la moue, n'étant pas très versé pour les boissons fermentées hollandaises. Je fis encore plus la moue quand arrivèrent sur nos tables nos misérables quarts de pinte. Je fis enfin tellement la moue que les traits de mon visage me firent passer pour Deniro au paiement de l'addition: 600 yens! La norme pour une demi-pinte dans n'importe quel bar digne de ce nom avoisine les 450 yens pour quelque chose qui ressemble plus à de la bière.
En y regardant de plus près, les magasins alentours affichaient des prix terrifiants. Je ne comprends pas la démarche de ces commerçants. Normalement quand on démarre, on essaie d'appâter le client, pas de le faire fuir.
Quand nos boissons furent englouties, nous vîmes une jeune femme très chic se faire prendre violemment le bras par ce qui semblait être un vigil. Manifestement prise en flagrant délit, la belle se faisait conduire vers un lieu plus calme où, j'imagine, on allait contacter sa famille et son entreprise.
C'est la deuxième fois que quelqu'un transgresse la loi devant mes yeux au Japon. La première incriminait un automobiliste partant sans payer de la station-service, poursuivi par les employés. Sans doute plus faible qu'en France, la délinquance existe bien au Japon. Curieux quand on y pense... Avec des prix si élevés, il devrait y avoir plus de cas.






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