Les Japonais ne voient pas les couleurs comme nous autres. Doit-on mettre cela sur le compte de leur morphologie comme pour les températures ? C’est en tout cas ce que l’on finit par croire quand on apprend que les enfants dessinent le soleil en rouge ou que la description des feux de circulation laisse soupçonner des troubles daltoniens.
Dans le premier cas, le soleil comme le feu sont considérés comme rouge depuis longtemps. Le soleil levant qui figure sur le drapeau officiel demeure bien écarlate sur un fond blanc (s’agit-il du ciel des grandes villes ?). Soit. Pour le feu, je continue de penser qu’il vire plus dans les oranges voire les jaunes mais passons.
Pour les feux de circulation, c’est plus compliqué.
Je vous rassure : le rouge reste rouge. L’orange, en revanche, devient jaune. En y regardant bien, cela s’avère exact. La couleur semble plus claire que celle utilisée en Europe. Le vert, enfin, n’est pas vert mais bleu ! Pourtant ce « bleu » ne parait pas différent de notre vert. La preuve : un gamin va bien utiliser du vert pour le colorier.
A l’origine, et d’après ce que j’ai entendu, il n’existait pas de mot explicite pour exprimer cette couleur. A défaut les gens utilisaient ao 青(bleu) pour décrire à la fois le bleu et le vert. A l’instar des feux, une pomme verte se dit aoringo 青りんご, la poudre d’algue verte se dit aonori 青のり, tous les fruits pas encore mûrs demeurent « bleus » etc.
Il m’a été particulièrement difficile de trouver une explication satisfaisante, c’est pourquoi je lance un appel : quelqu’un saurait-il pourquoi le mot vert n’est pas utilisé dans de pareils cas ? S’agit-il de la seule couleur à subir ce traitement ? Qu'en est-il du chinois ?
J’ai posé la question « Pourquoi dit-on feu bleu ?» à plusieurs personnes. L’une d’elle, un professeur respectable dans la fleur de l’âge m’a sans doute fourni la réponse la plus approximative : « Ah bon ? Les feux verts ne sont pas bleus ? On utilise sans doute des teintes vertes proches du bleu, ça doit être pour ça. ».






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