Je croyais avoir connu l’enfer il y a deux quand j’enseignais à O. J’ai appris à la fin de l’année scolaire dernière (qui s’est achevée fin mars 2006) qu’un de mes collègues américains, Monsieur P. avait vécu bien pire.
Ce collège, HS, pour ne pas le nommer, fait régulièrement parler de lui dans les journaux. Curieusement non loin d’un quartier de bonne réputation, il se situe pourtant dans une zone que l’on pourrait sans mal qualifier de non-droit puisque depuis des décennies elle est contrôlée par les burakumin. Cette caste d’exclus de jadis a su se rebeller en vivant en toute autonomie et en se vengeant sur tout ce qui n’appartient pas à leur monde. Affiliés à la pègre, du moins dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, ils forment un groupe fort craint de tous. Leurs rejetons suivent la scolarité obligatoire jusqu’au collège pour ensuite continuer le chemin tracé par leurs parents.
Comme pour O. et à l’inverse de la majorité des établissements, les locaux de HS sont climatisés en été et chauffés correctement en hiver par un système à l’occidental. Le problème, c’est que les radiateurs ont été tellement vandalisés par des générations de voyous qu’ils ne fonctionnent plus. La direction de l’école poussait ainsi mon collègue à sortir des bâtiments pour aller se réchauffer au combini en hiver entre les cours !
Les professeurs vivent en permanence dans un climat de violence incroyable.
L’un d’eux se faisait ainsi battre en classe par un élève. L’enseignant, responsable du club de volleyball avait ainsi demandé à mon collègue (plutôt en muscle) de rester à proximité de lui lors de la séance, afin que son bourreau ne vienne pas le martyriser, car celui-ci ne tapait pas sur plus gros que lui.
M. P. avait accepté de servir de garde du corps jusqu’à l’heure où il devait tout de même rentrer chez lui. Il s’exécuta à l’heure prévue, tout s’était bien passé. Le lendemain, il se rendit compte que le prof qu’il protégeait manquait à l’appel. Le pauvre avait reçu la raclée de sa vie pour avoir demander de l’aide !
Le livreur de lait subit également une agression : il avait osé soupçonner une racaille de vol dans son camion car il l’avait aperçu à l’intérieur. L’intéressé, avoua que s’il avait bien pénétré dans le véhicule, il n’avait jamais rien volé dedans et avais donc puni l’odieux menteur de cette injustice !
Les filles ne semblent pas non plus les dernières à se comporter comme des primates bourrés à la vodka.
M.P. certifie avoir vu l’une d’elle briser du poing une vitre en plein cours !
Une autre, tout aussi délicate, frappa même un prof au point de lui casser une côte !
Fin mars dernier, je parlais de ce collège à un enseignant de l’école où j’officiais. HS étant vraiment célèbre dans la région, il en avait bien sûr entendu parler. Il m’avoua que la police intervenait de temps en temps malgré tout, mais seulement dans les cas extrêmes (nous n’avons pas la même notion du mot « extrême » pensais-je alors), car les forces de l’ordre évitent vraiment cette zone.
Il ajouta « On en a parlé dans les informations le mois dernier : un élève avait fracturé le nez du principal ! ».






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