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Vendredi 1 juin 2007

Une année restera à jamais ancrée dans ma mémoire : 1984-1985, j’étais en CM2.

 

Je garde de cette période une quantité impressionnante de souvenirs : les larmes déversées à la vision d’ET au cinéma, la terreur mêlée de fascination qu’inspirait le passage du clip de Thriller à la télé, et mes samedi après-midi devant l’émission culte Temps X des frères Bogdanof. Elle démarrait par la Quatrième Dimension (The Twilight Zone) et ses histoires tantôt comiques (l’homme qui se réveille un matin doué d’une force herculéenne), dérangeantes (le couple qui découvre qu’il vit dans une maison de poupée), ou parfois réellement effrayantes (l’humanité qui découvre que le livre appelé « Comment servir l’homme » offert soit disant en signe d’amitié par les extra-terrestres est en fait un livre de cuisine). Le reste de l’émission donnait la part belle aux coulisses des films de SF, aux romans spécialisés alors que chaque reportage était entrecoupé des commentaires des jumeaux vêtus d’une combinaison argentée dans un décor de vaisseau spatial où des figurants semblaient très concentrés sur la vérification et la manipulation de loupiotes clignotant un peu partout.

 

J’adorais la télévision et en profitais pleinement le samedi puisque j’étais soumis à un emploi du temps plutôt chargé dans la semaine. Lundi : escrime. Mardi : orchestre à cordes. Mercredi : solfège (pendant deux heures et demi soporifiques). Jeudi : cours de violon. Et une fois par mois le vendredi (?) pour m’achever : catéchisme. Le plus frustrant, c’était le solfège puisque je devais sacrifier le plaisir de regarder Récré A2 pour passer une éternité dans une salle de cours où tous les élèves ou presque étaient des collégiens, lycéens ou adultes… Ainsi je ne pus voir à l’époque la totalité de l’excellent dessin animé franco-japonais Les mystérieuses cités d’or. Je ne me suis rattrapé que récemment en constatant avec les larmes aux yeux que j’en avais manqué les trois quarts et que Sancho et Pedro n’avaient pas perdu de leur bêtise.

 

Quelques années plus tôt à partir de la maternelle il me semble, j’adulais Goldorak. Ce robot des années soixante-dix fut le héros de toute une génération et ma première idole. J’ai encore en tête les pouvoirs que je rêvais de posséder : fulguro-poings, corno-fulgure, astéro-haches… Moi aussi avec mon Goldorak miniature, je prononçais le nom de toutes ces attaques avant de pourfendre un ennemi (souvent un pauvre Playmobil anonyme). Je me suis d’ailleurs toujours demandé pourquoi les héros de dessin-animé japonais prenaient le risque d’annoncer tout haut leur prochain mouvement… Pas très tactique tout ça.

 

Après le robot à cornes, je jetais mon dévolu sur le Capitaine Flam. Les personnages (surtout Krag et Mala) tout comme les voix avaient un cachet particulier qui fait toujours effet plus de vingt ans plus tard comme j’ai pu le constater en revoyant le début de la série récemment (merci MP, ce fut une franche partie de rigolade). En revanche je fustigeais envers et contre tous Albator. Je n’y croyais pas. La recette galion pirate dans l’espace n’a jamais prise avec moi et j’ai toujours détesté les mélanges d’époque. Je ne portais pas X-or non plus dans mon cœur, mais comme c’était l’un des seuls trucs que j’avais le temps de voir le mercredi avant de partir au solfège, je faisais avec.

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A l’école, tout se passait pour le mieux et mes notes atteignaient des sommets. Je ne me doutais pas que cela allait lentement décliner quelques années plus tard. Trois d’entre nous se tenaient une lutte sans merci pour acquérir la meilleure moyenne du trimestre. Eternel deuxième, je pris néanmoins la pole position pour le dernier trimestre. Notre institutrice, l’inoubliable Madame Cararra, savait nous motiver pour éveiller notre perspicacité et sa gentillesse procurait une excellente ambiance dans la classe. Je crois sincèrement ne jamais avoir croisé d’autre enseignant de cette trempe.

 

L’établissement de taille moyenne comprenait trois classes par années et était régi par des bonnes sœurs mais celles-ci ne donnaient aucun cours. La directrice, la tyrannique sœur Noëlle-Agnès, était redoutée de tous. Il s’agit sans doute d’une image altérée par ma mémoire traumatisée mais je ne crois pas l’avoir vu sourire une seule fois. Elle s’avérait particulièrement nerveuse à la cantine. Le réfectoire consistait en une grande pièce où le moindre couvert tombé sur le sol résonnait dans un écho assourdissant. Le vacarme créé par des gamins au ventre vide pouvait vite devenir irritant et Sœur Noëlle-Agnès nous attendait au tournant avec plusieurs techniques pour que nous fermions notre clapet. La première et la plus courante consistait à s’époumoner dans un sifflet en tournant la tête afin d’abreuver tout le monde de décibels ou à quelques centimètres des oreilles dans les cas individuels. La deuxième, nettement moins utilisée, demeurait une variante du sifflet mais avec… une cloche de vache. La troisième, qui démontrait tout son acharnement, restait la plus ridicule. La première fois, qu’elle nous en fit part, je fus estomaqué. Elle avait un polaroïd en bandoulière et menaçait de prendre en photo les bavards et d’envoyer le tout aux parents des fautifs !

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
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Jeudi 31 mai 2007

 

Après Géraldine, c’est au tour de mes parents !

Pourriez-vous vous présenter brièvement?

Nous sommes tous deux nés en 1938, Pa est né à Annecy (il n'en n'est pas peu fier!!) dans cette région magnifique qu'est la Savoie...Nous la ferons découvrir à Naoko et à sa famille!!!), quand à moi, Ma, je suis franc-comtoise, née à Vesoul. Et même si Pa ricane, j'aime ma région, les gens y sont simples, travailleurs et chaleureux, (et il y a la cancoillotte)!

Pa était ingénieur en informatique. Quand à moi, mon parcours est atypique, institutrice au début, puis éducatrice spécialisée. J'ai suivi, en bonne épouse mon mari dans ses séjours professionnels en Afrique pour le plus grand bonheur de la famille (NDLudo : étant né onze ans après mes sœurs, je n’ai pas pu profiter de cette expérience). Pour finir commerçante avec la création d'un magasin de cadeaux à Orléans.

Pa : caractère fort, voire intransigeant, éducation bourgeoise très rigide. C'est un homme solide mentalement exigeant avec les autres mais aussi avec lui-même. Fou, passionné d'informatique. Ses « dadas » sont nombreux : la marche (Il a fait Saint Jacques de Compostelle avec le sac à dos), il collectionne tout ce qui est appareils photos anciens, boîtes magiques, projecteurs (la maison ne suffit plus pour ranger tous ses trésors). Il collectionne les pièces de monnaie anciennes. Il lit beaucoup... Il joue beaucoup au bridge...Mais il a aussi des intérêts qui ne durent pas : les vieilles voitures (une Renault Torpédo qui encombre le garage en attendant d'être remontée, les timbres, dont il ne parle plus depuis longtemps....

Une qualité que j'aime particulièrement : il me fait des cadeaux somptueux...

Ma : plus cool. D'une fratrie de 5 enfants (j'aime beaucoup mes frères) j'ai eu l'habitude d'une grande gaîté en famille, j'ai besoin d'eux et de mes amis... Je suis active dans une association internationale caritative, et au sein de la municipalité (mais l'année prochaine, cette dernière activité s'arrêtera (usée). Je verrai un peu plus souvent nos enfants et petits enfants de France. Nous ne les voyons pas assez, tout le monde travaille et les distances limitent les rencontres. J'aime aussi beaucoup le bridge, mais je n'ai pas assez de temps pour l'instant (NDLudo : et notez bien que j’avais demandé une présentation brève !).

 

Avec trois séjours au Japon, dont le dernier remonte à quelques semaines, vous avez pu vivre trois expériences radicalement différentes. Pourriez-vous nous en parler dans les grandes lignes ?

En effet nous avons déjà fait 3 voyages au Japon. La première fois, tu étais à l'université à Osaka. Nous sommes allés au Japon pour te voir, nous n'étions pas forcément attirés par ce pays. Et pourtant, quel bonheur, Ta famille d'accueil que nous n'oublierons jamais a été extraordinaire pour nous. Nous avions réservé dans 2 hôtels différents, et dès notre arrivée ils ont déchiré nos billets de réservation et téléphoné pour les annuler. Un très bel appartement était mis à notre disposition. Chaque jour un membre de ta famille d'accueil nous organisait une sortie. Un accueil incroyable, même maintenant en y repensant nous sommes émus. Nous découvrions le sens de l'accueil dont ils sont capables. En fait, tous les Japonais que nous connaissons sont comme ça. Ils ne savent pas quoi faire pour être aimables. Nous apprécions au plus haut point leur politesse, leur prévenance. Lors de notre dernier séjour, nous avons circuler seuls un peu plus que les autres fois : (nous sommes de vieux habitués du Japon à présent !) et chaque fois que nous semblions hésiter, quelqu'un s'approchait et essayait de communiquer pour nous renseigner!!

La deuxième fois, tu ne connaissais pas encore Naoko, et tu nous a fait visiter de nombreux sites intéressants (Inuyama, Toyohashi, etc.). Nous avons aussi écumer les restos de Nagoya, tu es très fort sur le sujet.. Ah les ailes de poulets!!!

Enfin ce dernier séjour en avril-mai de cette année. Nous sommes reçus par vous deux. Un vrai bonheur!! Ca transpire de partout !! Ludo, aidant à plier le linge... c'est bien, Naoko était tellement surprise de voir les hommes en France aider à la maison!!

 

 


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Quels aspects positifs dégagez-vous de ce pays ?
On comprend vite qu'il est beaucoup plus important que le négatif : Nous aimons le Japon pour les « gens »: la courtoisie, la politesse, la gentillesse, la sécurité du pays. Je pourrais raconter plusieurs aventures d'objets importants (une caméra par ex.) que nous avons perdus ou oubliés dans le train ou le métro et que nous avons toujours retrouvés.

 


Et les négatifs ?

Les dépôts de sacs poubelles dans des emplacements spéciaux, mais bien visibles, dans les rues. Les paiements par carte bleue, quasiment nuls- les distributeurs d'argent trop rares – le peu d'indications en anglais (comme si les touristes n'existaient pas). Sans connaissance au Japon, un touriste doit avoir du mal à circuler seul. Un truc me surprend !!! Les hommes Japonais, contrairement à nous, ne laissent jamais passer une dame avant eux!! Ce n'est pas dans leur savoir vivre ?
 


Parmi tous les pays que vous avez visités, quel est le plus proche du Japon ?

Franchement aucun n'est comparable au Japon. Pour l'accueil, je pencherais pour le Canada : là-bas aussi on aime énormément les Français, mais c'est le seul point comparable. Chaque pays a son histoire, ses coutumes, c'est pour cela que nous aimons voyager.
 


Vous avez revu les parents de Naoko lors de votre dernière escapade. Comment cela s’est-il déroulé ?

C'est vrai, nous avons revu les parents de Naoko avec un immense plaisir, nos premiers contacts lors de votre mariage étaient merveilleux. Ils ont tellement impressionné l'assemblée avec leurs kimonos de cérémonies. C'était vraiment un jour magique. (Sa maman est d'une grande beauté) Nous avons souvent reparlé de leur gentillesse le lendemain avec les enfants qui les assaillaient de questions... Nous les avons rencontrés deux fois lors de ce séjour, et bien entendu, nous avons été reçus comme des rois (comme savent le faire les Japonais) : Ce superbe restaurant de carpes était une pause presque irréelle. Et l'accueil dans leur jolie maison traditionnelle, cette avancée de toit en tuiles vernissées bleues, son jardin japonais, comme sur les cartes postales!! Et cette sortie à Shirakawago, village de montagne classé par l'UNESCO!! Nous avons vraiment conscience de faire des voyages au Japon comme peu de touristes peuvent se vanter de faire. Nous avons toujours eu la grande chance d'être en contact avec des Japonais.
Nous attendons leur visite quand ils voudront, et nous leur ferons découvrir la grande diversité des paysages français!!
 


Un petit mot à propos de Naoko et de moi-même ?

Nous avons trouvé un jeune couple épanoui, en parfaite symbiose. Et nous sommes heureux. L'éloignement de la branche française est compensé par la gentillesse de la branche Japonaise. Nous espérons que vos projets se préciseront, et que vous pourrez avancer.

 


Un message aux lecteurs d’Ougl ?

Nous regardons quotidiennement ton blog et nos amis également, le Japon intrigue, étonne mais intéresse tout le monde. Nous ne nous lassons pas de tes anecdotes. Un grand bonjour aux habitués de « La Clanure des Pythostomiens ne s’enarquit pas de préduques ».

Prochaine entrevue avec Simon.

par Ludo publié dans : Entrevues
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Mercredi 30 mai 2007

Pur concentré de Sodome et Gomorrhe, cauchemar de l'agoraphobe, le quartier de Shibuya symbolise le pire de la culture japonaise, ce qui ne manque pas de plaire parfois (mais à très très petite dose, convenons-en). Devant la gare, la statue du chien Hachiko sert de point de rendez-vous à une foule issue d’horizons différents mais essentiellement nippone. On y croise une grande majorité de jeunes comme on en voit dans les grandes villes du pays, des excentriques, des salariés en costume etc. Mais de tous se dégage cette absence totale de gêne ou d’inhibition. Tout le monde fait ce qu’il lui plait et ce n’est pas ce cuistot qui effectue sa pause cigarette qui me contredira. La nuit cette faune se fait plus bigarrée encore avec des tenues aux frontières de la plus ridicule extravagance.

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Ce soir-là, après avoir dîné avec des amis en compagnie de Howard, le célèbre journaliste, Naoko fut prise d’une envie pressante et se faufila dans un Mc Do. Les toilettes étaient situées à l’étage. Après quelques minutes, elle revint avec une expression de frayeur. Apparemment, l’étage était rempli de « choses » avec des coiffures improbables. La plupart, des filles poufs, n’avaient pas hésité à brancher leur fer à cheveux sur une prise de courant, histoire de ressembler plus fort encore à n’importe quoi.

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Mardi 29 mai 2007

Il y a quelques jours de cela, nous avons regardé les deux dernières œuvres de Clint Eastwood : Lettres d’Iwo Jima et Mémoires de nos pères, à peine sorties en DVD au Japon.

 

Basée sur l’une des dernières grandes batailles de la seconde guerre mondiale, l’histoire vous montre dans un premier temps le point de vue des soldats japonais dans Lettres d’Iwo Jima. Les Américains pensaient boucler l’affaire en une semaine. Ils mirent près d’un mois. Les Nippons, conscients de leur infériorité numérique, luttèrent jusqu’au bout non seulement contre leur ennemi fraîchement débarqué pour la première fois sur leur propre sol (Iwo Jima appartient à la préfecture de Tokyo) mais aussi contre la malnutrition, la dysenterie, et les conflits stupides qui ébranlaient leur hiérarchie. La mort était présente quel que soit le scénario : tué par l’ennemi, exécuté par un supérieur pour tentative de désertion, suicide forcé pour l’honneur, maladie… Tout n’est pourtant pas noir dans ce premier film. Quelques personnages faisant preuve d’intelligence et d’humanité étaient présents parmi les fanatiques.

 

Je m’attendais à voir une intrigue articulée autour du toujours très classe Ken Watanabe et je fus surpris de découvrir qu’il ne tenait pas le premier rôle puisque celui-ci appartient à Kazunari Ninomiya, jeune chanteur du groupe Arashi. J’appréhendais avec beaucoup de craintes l’interprétation de ce dernier et je fus très agréablement surpris par la franchise qui se dégageait de son personnage, le tout sans fioriture ni orgueil.

 

Très émouvant, ce chef d’œuvre contient par contre certaines scènes choquantes, très dures et qui risquent de vous marquer à jamais.

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Le deuxième film, Mémoires de nos pères, adopte un rythme plus calme. L’essentiel de l’histoire se déroule aux Etats-Unis après le conflit. On ne retrouve donc que peu du point de vue des GI sur l’île. Clint Eastwood y apporte sa définition du mot « héros », en dénonçant la propagande de l’époque et les discriminations raciales. Là encore, on assiste à des scènes très sanglantes à éviter donc juste après le repas.

 

Entre les deux longs métrages, mon cœur balance pour le premier mais il est, à mon sens, indispensable de voir les deux comme un tout.

par Ludo publié dans : Distractions et gadgets
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Lundi 28 mai 2007
Le titre parle de lui-même. Un petit clic sur l’image pour découvrir ce chocolatier du quartier de Shibuya à Tokyo.

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par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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