L’être humain avant d’atteindre le stade de la perfection tant spirituelle que physique démarre par celui moins reluisant de « môme ». Le saviez-vous ? On rencontre des mômes partout et en particulier dans des écoles, sortes de ferme d’élevage où l’on n’abat point le bétail. Ces entités courtes sur pattes et bruyantes sont réputées dans le monde entier pour l‘ineptie de leurs propos. Ainsi les plus précoces affectionnent les questions démarrant par « pourquoi » :
« Pourquoi le chien il mange la chaussure ? », « Pourquoi le monsieur il a une barbe ? » ou dans le cas de ma nièce Cécile (coucou Cécile) « Pourquoi les mouches ? ».
En primaire, j’eus souvent droit à un florilège de questions étranges :
« Pourquoi t’es grand ? », « Pourquoi tu as un grand nez ? », ou de commentaires subtiles :
« mais non Ludo sensei, il n’est pas étranger ! Il est français ! ».
On me demande parfois au collège des choses assez similaires et dans la plupart des situations, j’ai une réponse toute préparée.
- Pourquoi tu es poilu ?
- Parce que je suis un homme.
Ou si je distribue des photocopies :
- C’est quoi ça ?
- Du papier.
Ou encore quand on me demande de traduire un mot en anglais :
- Comment on écrit sushi ?
- Avec la main et un crayon de papier.
Les adultes, comme nous l’avons souligné hier, demeurent plus complexes à cerner. Pour mon premier jour dans ma deuxième école, ça n’a pas loupé. Je me préparais à engouffrer une baguettée de riz au bœuf quand un enseignant m’a lancé « vous manipulez les baguettes très bien ». A l’instar du film « The Groundhog Day » (« une journée sans fin » en français) où Bill Murray vit éternellement la même journée, j’ai l’impression d’appartenir à un cycle perpétuel où tous les dialogues sont préconçus _ le tout à l’image de cette roue prise à Tsumago. Effrayant non ?







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