Votre serviteur a donc débuté hier dans son deuxième collège, situé miraculeusement à quinze minutes à bicyclette de son appartement, un record de proximité depuis que il a démarré ce travail.
Ma dix-neuvième école ne demeure pas bien grande puisqu’elle ne renferme que deux centaines d’étudiants. Pour des raisons de sécurité liées à des faits divers inquiétants et aussi pour une bonne part à la paranoïa, cet établissement n’a rien à envier à une banque suisse. Des caméras de surveillance sont postées dans plusieurs endroits stratégiques : à l’entrée, dans les couloirs, sur le parking, dans les escaliers etc. Ce n’est pas la première fois que je vois un tel dispositif. Mon collège l’an passé proposait un écran de surveillance qui regroupait alternativement quatre vues simultanées d’une dizaine de caméras avec un tôt de rafraîchissement de l’ordre d’une image par seconde. Je pensai alors à l’époque que certains principaux ne lésinaient donc pas sur les moyens, ou qu’il s’agissait de voyeurisme à peine déguisé.
Je crus que ma mâchoire inférieure allait se décrocher quand je jetai un coup d’œil à l’écran de surveillance dans la salle des professeurs, après qu’un représentant ait sonné au portail. On n’y apercevait qu’une vue, mais en temps réelle celle-là. Un professeur s’approcha de l’entrée et la caméra le suivit automatiquement tout en pratiquant un zoom ! J’ai immédiatement eu une pensée émue pour le désormais désuet HAL9000.
Oui, j’ai omis de parler de cette merveille de portail. Ouvert en matinée, il reste farouchement fermé le reste de la journée. Il se compose de deux grands battants et d’une petite porte, les deux impossibles à ouvrir de l’extérieur. Par conséquent je dois me livrer à un cérémonial un peu stupide dès lors que je quitte l’école.
1- Je m’avance à vélo jusqu’au portail et le laisse devant.
2- J’actionne l’interrupteur des deux battants puis celui de la petite porte et j’ouvre le tout après avoir pris soin de retirer le loquet qui entrave le tout.
3- Je sors mon vélo.
4- Je retourne à l’intérieur pour refermer les battants et remettre le loquet.
5- Je passe dans la ridiculement minuscule porte en baissant le dos et la tête tout en levant les pieds puisque cette merveille d’ingénierie est à la fois basse et haute.
6- Je referme celle-ci et reprend mon vélo.
Pour accroître la sécurité, il ne manquerait que des barbelés électrisés, des molosses baveux, un mirador et des anguilles électriques dans la piscine. Je suis persuadé que cela produirait des gens stricts et très à cheval sur les horaires ainsi que des élèves qui marchent au pas lors des cérémonies. Ah ben non, les deux existent déjà.







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