Il existe un point commun à toutes les écoles, les administrations, les entreprises privées et les foyers nippons : il y règne un bazar permanent. On trouve heureusement des exceptions mais il n’est pas rare de tomber sur des zones de chaos total. Ma deuxième école n’échappe pas à la règle. Les bureaux de la plupart de mes collègues sont jonchés d’une pile de paperasses diverses. Placées verticalement, elles regroupent les documents les plus utiles tandis que celles posées horizontalement représentent le travail en cours. Le reste, les choses moins utiles, bouche complètement les tiroirs. Souvent il ne reste absolument aucun espace où l’on pourrait apercevoir le dessus du bureau. Les tâches les plus urgentes sont donc effectuées au-dessus d’une pile.
Pourquoi tant d’anarchie dans un pays dont l’image à l’étranger demeure pourtant l’ordre et la discipline ? J’avancerais comme théorie que si un ordre et une discipline relative existent, le manque cruel d’organisation et d’efficacité mine le tout. Tous les établissements scolaires organisent chaque matin une réunion avec tous les enseignants. Quoi qu’il arrive, elle a lieu quotidiennement, même si neuf fois sur dix personne n’a rien à dire et le tout dure dix secondes chrono en main. Une minute avant que cette réunion débute, tout le monde se rue dans la salle des professeurs, de peur sans doute d’avoir affaire à une mauvaise remarque de la direction : « Tanaka ! Vous étiez absent au meeting inutile ce matin. Vous me remplirez le dossier que j’ai mis sur la pile du milieu pour demain. ».







Commentaires