Mes proches savent qu’il vaut mieux éviter de me parler le matin vu mon état de zombie autiste. Cette condition cadre souvent mal avec mon emploi d’enseignant, c’est pourquoi je passe en mode « bonne humeur à peine forcée » dès mon arrivée à l’école. Quel que soit mon moral, je joue donc chaque jour le dynamisme jovial devant des collégiens plus endormis qu’une marmotte narcoleptique congelée et empoisonnée au curare. Quand mon premier cours commence, le sommeil s’est généralement dissipé et je n’ai plus besoin de jouer la comédie.
N’ayant pourtant pas ingurgité une goutte d’alcool la veille,je débutai cette journée avec des symptômes similaires à la gueule de bois. Dur de reprendre le rythme après une semaine de congés, surtout quand il tombe des cordes. Il me fut donc plus difficile que d’habitude de me comporter comme le gai luron de service.
- Bonjour Ludo sensei.
- ‘jour.
A 15h, je me rendis à ma deuxième école pour la première fois. J’y commencerai dans deux semaines et elle se situe à quinze minutes de vélocipède d'une gare près de laquelle est stationné le deux roue que l'on a bien voulu me prêter. En pleine forme à cette période de la journée et décidé à étrenner la route qui me sépare de ce collège, je bravai les trombes d’eau pour arriver au meeting prévu avec le vice-principal, le haut des cuisses (vélo oblige) complètement trempé.
- Ah bonjour ! Ben il pleut dites donc.
- ‘jour.
De retour chez moi, je tombai comme une masse sur mon futon pour un roupillon salvateur de trois heures. Et là je viens de me réveiller voyez-vous. La photo montre le jardin qui se situe entre la salle des profs et le bâtiment des élèves (de ma première école) que je dois donc traverser chaque jour, quand il fait beau.






Commentaires