… hurlait Christophe le colon à son retour des Amériques. A moins que ce ne soit les GI américains lors du débarquement en Normandie… Bref, dans cette contrée hostile aux moindres pets de lait cru (pas la Normandie mais le Japon hein) considérés hors-la-loi, les fromages ont la vie dure. Emballés sous cellophane, puis placés dans des boites en plastiques fermées sous vide, les camemberts s’en sortent pourtant le mieux. D’autres ignominies ne peuvent même pas prétendre au titre de mauvaise copie, comme cette infâme mozzarella jaunâtre et parallélépipédique que j’ai eu le malheur de voir au supermarché. Et puis vous avez ce que la technologie moderne a créé de pire dans le domaine : le process cheese comme les Japonais l’appellent. Vomi par des mélangeurs de déchets laitiers en tout genre (c’est du moins ce que le goût laisse transparaître), il réussit là où la Vache-Qui-Rit avait échoué avec pourtant des atouts non négligeables : faire détester le fromage aux enfants.
La nourriture japonaise manquant cruellement de produits laitiers, les diététiciens scolaires essaient par tous les moyens, mais rarement les bons, de combler ce manque en intégrant obligatoirement dans les menus une bouteille de 25cl de lait. Deux à trois fois par an, vous tomberez sur du process cheese et une fois par décennie, sur un yaourt. Pour ne pas bousculer trop violemment les habitudes alimentaires, les portions restent infimes : équivalentes à un demi Babybel dans un cas ou un fond de Danone Nature dans l’autre.
Vendredi dernier, coupe-du-monde-des-gens-qui-courent-derrière-un-ballon oblige, le process cheese en tube de 0.7mm de diamètre et de 5cm de long sous plastique avait fait place à ce « copieux » demi-ballon de football. O joie !






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