Durant la semaine de jours fériés salvateurs qui forment la Golden Week début mai, Howard le célèbre journaliste, ma tendre épouse et moi-même avons pris la route pour nous rendre à la cascade de Yoro 養老.
A partir du parking, les visiteurs empruntent un chemin de bitume parsemé de quelques boutiques de souvenirs qui les emmènent dans un sentier de montagne assez abrupt. Ici, point de macaques comme à Minô en banlieue nord d’Osaka bien que le paysage s’en rapproche beaucoup.
Le début de la montée ne dépayse pas vraiment en raison des multiples aménagements barbares que l’on aperçoit ici et là : rivière aux rives de béton, pont rouillé, escaliers en parpaing… Cela s’améliore heureusement par la suite quand on s’approche du but.
L’eau provenant de la cascade a été arbitrairement déclarée bienfaisante par le seigneur de l’époque qui lui prêtait d’incroyables vertus : longue vie, guérison, accouchement sans douleur etc.
Depuis des siècles, les habitants du coin en effectuent le commerce. On peut aujourd’hui encore acheter des bouteilles où figure la marque d’un contrôle sanitaire… Je ne saurais dire pourquoi mais je n’ai guère confiance en la chose. N’oublions pas que la rivière Kisogawa à proximité contient la plus forte concentration de bactéries par litre du pays. Cela n’a pas empêché Naoko de se procurer 30cl de ce liquide soit disant miraculeux, même si elle traîne toujours intacte dans le réfrigérateur.
Proches du sommet, on trouve un hôtel, des bains et des restaurants. Ces derniers offrent des nagashi sômen 流し素麺. Il s’agit de pâtes froides que l’on récupère normalement avec les baguettes lors de leur chute dans une rigole formée d’un bambou coupé dans le sens de la longueur et que l’on trempe dans de la sauce. La version moderne, elle, consiste en un bac ovale où circule dans un sens giratoire de l’eau et où il ne reste plus qu’à verser les nouilles. Le problème c’est que toutes les machines se trouvaient en terrasse sous les arbres. Mises sous tension, elles formaient en leur sein un courant composé de feuilles et d’insectes noyés. Je ne comprends pas pourquoi on ne les recouvrait pas. Sans doute pour faire fuir les touristes…






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