Patrimoine de l’humanité, le village de Shirakawagô白川郷se situe en pleine montagne au nord de la préfecture de Gifu à deux heures de route de Takayama. Son accès n’y est possible que par la route et il faut compter quatre heures de trajet (deux heures de train jusqu’à Takayama puis deux heures de car) pour s’y rendre à partir de Nagoya.
On y compte un grand nombre de maisons anciennes aux toits de chaume.
Accompagnés de Howard le célèbre journaliste, nous y avons fait halte début avril. Il ne s’agit apparemment pas de la meilleure période étant donnée l’absence de neige et de verdure. Le riz n’y était pas encore planté et les teintes marron du paysage rendaient l’atmosphère triste.
Les fameux toits reposent sur une charpente solide, du style gasshôzukuri
合掌造り qui ne comporte aucun clou et dont tous les
éléments sont retenus par des cordes épaisses sur plusieurs couches. Les pailles sont changées désormais
tous les vingt ans contre cinquante ans autrefois. Parfois de nombreuses personnes, qu’il s’agisse de
villageois ou de bénévoles, viennent prêter main forte. Toutes les maisons abritaient un foyer central
dont l’épaisse fumée s’échappait en hauteur pour noircir les étages puis les greniers. Cette pratique permettait de rendre la paille plus résistante au climat et aux parasites. Aujourd’hui, le
chauffage au gaz étant plus usité, il est donc nécessaire de renouveler les toits plus régulièrement. Dans certaines demeures que nous avons visitées, nous avons pu voir ces foyers encore à
l’œuvre et sentir la forte odeur de la fumée. A l’étage, c’en était vraiment irrespirable (cette photo fut
prise avec un flash histoire de bien illustrer la chose). Nul doute que le passage à une nouvelle forme de chauffage a contribué à diminuer de manière conséquente la mortalité causée par les
cancers du poumon et les empoisonnements au monoxyde de carbone !
Shirakawagô accueille certes de nombreux touristes mais abrite aussi des gens comme vous et moi qui vivent toute l’année dans ce cadre d’une beauté rare et d’un calme tout aussi précieux. Je regrette simplement que rien n’ait été mis en place pour rendre l’accès plus pratique et moins onéreux. Le peu de trains en partance pour Takayama fait en sorte que vous ne pouvez partir très tôt le matin et qu’au mieux vous débarquez pour l’heure du déjeuner. Sachant que toutes les maisons qui requièrent chacune un ticket d’entrée de 300 yens ferment à quatre heures, vous êtes contraint de passer la nuit dans l’un des nombreux ryôkan pour être sûr de ne rien rater le lendemain. Le jour suivant, vous vous rendez compte que vous avez tout bouclé en trois heures mais que le prochain car ne part qu’en milieu d’après-midi… Je recommande donc à tous, soit de s’y rendre en voiture sans y passer la nuit (même si les ryôkan ont un cachet inoubliable), soit d’y arriver par n’importe quel moyen de locomotion mais en début de soirée. La semaine prochaine, nous verrons à quoi ressemble le village à un mois d’intervalle.






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