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Vendredi 29 juin 2007

Après les vues des Nagoya Towers et du Midland Square, quittons Nagoya pour les hauteurs de Tokyo. De par sa taille et sa densité, la plus grande ville du monde se caractérise par une verticalité marquée. Pour mieux s’en rendre compte, rien ne vaut une visite (gratuite) du dernier étage du vertigineux bâtiment de la préfecture (242.9m, un tout petit peu moins que les Nagoya Towers et que le Midland Square). On peut y apercevoir la tour de Tokyo parmi de nombreux gratte-ciels, le bois qui ceinture Meiji-jingu (déjà évoqué ici) et les montagnes à l’horizon.

 
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Question : une musique de fond accompagnait nos pas dans cet étage. Laquelle ?

 

1-     Un air traditionnel interprété au koto

 

2-     Yesterday des Beatles version harmonica mal synthétisée

 

3-     El Condor Pasa par un Péruvien à la flûte de pan

 

4-     Aux Champs Elysées (la version originale)

 

5-     Aux Champs Elysées (au shamisen)

 

6-     L’Internationale (version disco)

 

7-     Kimi ga yo par Mireille Mathieu

 

8-     Une chanson sur « la belle ville de Tokyo » interprétée par une adolescente avec une voix de crécelle

 

9-     Une ballade au piano de Richard Cleyderman

 

10-  Kalinka (version rap)

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Jeudi 28 juin 2007

Howard :

Il serait faux de dire que les Japonais n'aiment pas la nature. Bien que vivant pour beaucoup d'entre eux à 4 dans des clapiers de 50 m2, dans un univers urbain tentaculaire post-apocalyptique, où des bandes de voyous en moto font la loi et où l'Elu doit arriver sur terre par le biais d'un adolescent (bon...j'avoue, je ne sais pas si j'ai bien compris toute l'histoire d'Akira. Mais je m'égare), la plupart aiment de temps en temps se gouleyer d'une gorgée de nature.

Cependant, la nature que préfèrent les Japonais ne correspond pas vraiment à l'idée que l'on s'en fait. En fait, elle a souvent autant à voir avec la vraie Nature sauvage qu'un bonsaï à voir avec un arbre centenaire. La plupart du temps, au Japon, une ballade en forêt se résume ainsi à un barbecue sur une aire aménagée, et une excursion ou une randonnée se résume souvent à suivre un chemin, non pas balisé, mais carrément construit et aménagé, avec si possible une rambarde courant sur les deux cotés tout le long du parcours.

Il en est enfin de même en ce qui concerne les animaux. Il est courant d'en voir en liberté, mais "parqués" dans les limites d'un parc parcs ou d'un Temple. Je pense à l'île de Miyajima, ou des biches et des singes trottinent en liberté. Dans ce que l'on pourrait qualifier de "complexe religieux" de Nara, on trouve également une quantité innombrable de biches en semi-liberté, qui, sans jeu de mot, se nourrissent littéralement sur la bête, c'est-à-dire sur les nombreux touristes qui visitent les lieux, et qui sont, pour ainsi dire, constamment sollicités.  A tel point que la plupart des marchands du Temple proposent systématiquement à la vente des senbei (gâteau de riz), spécialement fabriqués pour cet usage. Un exemple émouvant de symbiose entre le marchand, le pèlerin et l'animal.

Sympathique, mais tout de même un peu intéressés quand ils viennent quémander des scroutch-scroutch, ces biches offrent tout de même l'avantage de se laisser approcher facilement quand elles sont au repos, c'est le moins qu'on puisse dire. A tel point que ce n'est même pas drôle, il n'y a plus aucun mérite, hé.

Comment ça, "Jamais content"? Ben, ouais, quoi! Français on naît, Français on reste.

 
Ludo :

Je tiens à préciser que les singes ne trottinent pas. Ils se grattent le postérieur, grignotent les poux de leurs congénères et ne reculent devant aucune obscénité pour se faire remarquer. Les cerfs (« biche » en langage howardien) ne m’attirent guère plus de sympathie. Prêts à réclamer le moindre bagchiche, ces bêtes à corne harcèlent le touriste quelle que soit son âge. J’ai pu voir à plusieurs reprises, des mères cruelles remettre un sembei à leur fille haute comme trois kakis. Après avoir été légèrement poussée dans le dos, leur progéniture allait d’un pas timide se sacrifier pour calmer temporairement l’appétit sans limite d’un cerf et revenait en pleur après que la Bête eut bousculé la pauvre enfant innocente. L’image de la grâce de ce type d’animal en prenait un coup. Je suis d’ailleurs convaincu qu’un troupeau battrait à plates coutures les All Blacks.

 

Leur densité atteint de telles proportions à certains endroits que l’on croirait revoir une scène des Oiseaux d’Hitchcock. Les spécimens les plus fourbes ont depuis belle lurette renoncé à racketter la foule puisqu’ils se contentent d’attendre pépères devant les stands de sembei. Quoi qu’il advienne, ils pourront toujours récupérer leur part, que ce soit d’un touriste ou du commerçant. Je t’en ficherais des scroutch-scroutch moi.

par Howard & Ludo publié dans : Ambiances
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Mercredi 27 juin 2007

Nous retournâmes à Shirakawagô début mai, soit un mois après notre précédent séjour mais cette fois-ci avec nos parents respectifs et Daishi.

 

Le trajet se fit entièrement au moyen d’une voiture de location. Golden Week oblige, la circulation était extrêmement dense. Nous passâmes donc une grande partie du voyage à l’arrêt ou presque. Les embouteillages étaient causés soit par des accidents de la route, soit par des passages de péage soit par le monde qui peinait à accéder aux aires de repos. Dans ce dernier cas, nous pûmes constater à quel point beaucoup de Japonais manquent de logique. Nous pensions dans un premier temps que toutes les places du parking étaient prises et que chacun attendait qu’une place se libère provoquant ainsi une file d’attente de véhicules sur plusieurs kilomètres. Il n’en était rien. Plutôt que d’aller explorer les différentes allées du parking, tous n’empruntaient que la voie la plus à gauche, la plus proche des boutiques et des toilettes. Tous pensaient donc déposer une partie de leur famille avant de trouver une place, tous sauf nous autres qui, effectuâmes un virage à droite pour tomber sur une grande quantité d’espaces libres.

 
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Six heures après notre départ de Nagoya, nous atteignîmes enfin notre but. Six heures pour moins de 150 Km… Les trajets en voiture m’ont toujours stupéfait dans ce pays, voilà pourquoi je n’en possède pas.

 

Nous débarquâmes dans notre ryôkan avant de se balader dans les rues du village.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que le paysage s’était considérablement embelli depuis la dernière fois. La verdure avait repris ses droits. Les arbustes qui ne payaient pas de mine alors arboraient des grappes de fleurs. Tout était devenu beaucoup plus riche en couleur et les koinobori (dont je vous avais parlé ici) s’intégraient parfaitement à l’ensemble. Partout on pouvait entendre et apercevoir des pitits zoziaux.

 

Après un bon bol d’air frais, nous profitâmes d’une nuit de sommeil bien méritée, vêtus de yukata (ici pour Naoko et ici pour moi).

par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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Mardi 26 juin 2007

Les cerfs. Ces êtres étranges venus d'une autre forêt. Leur destination: les gens qui ont des trucs bons à manger dans les mains. Leur but: en faire leurs esclaves. Ougl les a vus. Pour nous, tout a commencé par une journée ensoleillée, le long d'une route plutôt encombrée de Nara, alors que nous cherchions un raccourci pour nous rendre au temple de Tôdaiji que nous trouvâmes... peu après. Cela a commencé par des créatures aux bois naissant, et par des touristes que le manque de sommeil et la foule avaient rendu trop las pour continuer leur route. Cela a commencé par l'arrivée d'un troupeau venu d'une centaine de mètres vers la droite (c’était même indiqué ici et ). Maintenant, Ougl sait que les cerfs sont là, qu'ils ont pris tout ce qui trouvait sur leur chemin, et qu'il nous faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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Lundi 25 juin 2007

Après mes parents, c’est au tour de Simon (traduit de l'anglais par mes soins).

 

Simon, bonjour.

Bonjour.

 

Pourrais-tu te présenter brièvement aux lecteurs d’Ougl ?

Je suis né en Nouvelle-Zélande, j’ai 32 ans et j’y vis à nouveau depuis peu. Je travaille à la bibliothèque municipale de Nelson à mi-temps et j’étudie en parallèle pour devenir prof de collège. Je mesure 1.82m et je suis blond aux yeux bleus.

 

Raconte nous ton aventure japonaise. Qu’est-ce qui t’a amené dans ce pays ? Combien de temps y as-tu passé et qu’y faisais-tu ?

Je suis d’abord venu par le programme JET après la fac. J’étais assistant professeur d’anglais dans des écoles publiques japonaises pendant cinq ans puis j’ai passé mes deux dernières années à enseigner dans une juku (cours du soir).

 

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Comment résumerais-tu tes années en tant qu’ALT (assistant professeur d’anglais) ?

J’ai passé trois années fantastiques en tant que JET dans une petite bourgade où l’on me faisait participer à tous les échelons de la communauté. Je passais plus de temps aux activités annexes qu’à enseigner.

Les deux dernières années en tant qu’ALT dans une autre municipalité manquaient d’intérêt à cause de l’attitude du rectorat et de leur vision de l’enseignement de l’anglais. Travailler dans une juku était vraiment gratifiant car c’était des classes plus petites et j’étais le principal professeur. Les enfants étaient motivés et c’était très agréable.

En ce qui concerne les anecdotes, je n’ai jamais aimé l’espèce de salut nazi que les élèves font au principal quand ils marchent au pas durant les événements sportifs. Je sais que cela n’a rien à voir avec Hitler mais c’est quand même bizarre.

Quand j’étais JET, j’allais dans toutes les écoles de la ville, y compris dans les jardins d’enfants. En été, quand il fait vraiment chaud, ils y font la sieste l’après-midi dans la classe. J’ai toujours adoré retrouvé mon futon pour taper un roupillon.

 

Maintenant que tu vis en Nouvelle-Zélande, regrettes-tu certains aspects du Japon ?

Je me suis rendu compte que mon travail au Japon était très simple. Enseigner ici nécessite beaucoup plus de labeur et de préparation. Mon ancien boulot me manque donc ainsi que quelques restaurants (ah les ailes de poulet !).

 

En parallèle, quelles sont les choses que tu te réjouis de ne plus voir ou connaître ?

Mis à part ce qui concerne mon travail, je suis vraiment ravi d’être de retour en Nouvelle Zélande. Ici il ne me prend qu’une dizaine de minutes pour aller à la plage ou dans la forêt etc. à partir de mon domicile. On peut se retrouver dans un lieu avec personne dans un rayon de plusieurs miles au bout de vingt minutes. Au Japon, il faut beaucoup plus de temps pour se déplacer et quand on arrive à destination, c’est noir de monde. J’en avais assez de la pollution, de la foule, et du manque de confort.

Ensuite, j’en avais marre que l’on me prenne pour une bête curieuse. Ici en Nouvelle Zélande, personne ne me dévisage ni me pose des questions stupides. On peut aussi avoir des conversations normales à propos de choses intéressantes. Au Japon, toutes se basaient sur les différences du genre : « Nous, on fait ça et vous, vous faîtes quoi ? ».

Enfin, tout est plus simple ici. Vous voulez Internet ? La connexion prend une matinée à mettre en place. Au Japon, je crois que j’ai dû attendre quatre semaines (NDLudo : cinq dans mon cas) ! C’est toujours compliqué pour un étranger au Japon et tout met beaucoup de temps.

 

Comment ton amie Heather s’acclimate-t-elle à ton pays ?

Heather a vécu aux Etats-Unis avant de partir au Japon dans le cadre du programme JET. Nous y avons fait connaissance et ne nous sommes plus quittés depuis. Nous avons tous les deux déménagé en Nouvelle Zélande l’année dernière. Elle s’y plait beaucoup. Elle a dans un premier temps travaillé dans un hôpital et elle bosse maintenant pour la fonction publique. Je crois qu’elle apprécie beaucoup mon pays car elle aime ses habitants, leur façon de vivre et leur humour etc. Quand elle rentre aux Etats-Unis, elle n’aime pas la manière superficielle dont les gens se traitent.

 

Quels sont tes loisirs ?

J’aime les jeux de cartes, la photo, les sports aquatiques, le tennis et le rugby.

 

Un message aux ouglonautes ?

A tous les Français : ne nous envoyez pas une équipe de troisième zone pour jouer contre les All Blacks, ils vont se faire massacrer (NDLudo : à l’heure où Simon m’a fait parvenir ses réponses, fin mai, les deux test matchs n’avaient pas encore eu lieu. Il avait vu juste) !!!


Prochaine entrevue avec Ian.
par Ludo publié dans : Entrevues
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