Moi je vis avec mon temps : le progrès, la performance, c’est pour cela que j’ai choisi le shampooing c’est pour cette raison que je voue un culte tout particulier au magasin d’électronique Bic Camera, ouvert il y a deux ans à peine, à dix minutes à pieds de mon appartement. Cette proximité providentielle ne facilite d’ailleurs pas mes finances puisque la grande majorité de mon équipement provient de cette chaîne implantée dans tout le Japon. Lacunes linguistiques obligent, cette grande surface de la haute technologie se nomme donc « bic », ビック et non « big », ビッグ. Comme vous pouvez le remarquer, il suffit de deux petits traits pour passer de l’un à l’autre. Beaucoup de retranscriptions de mots anglais sont ainsi régurgitées amputées du son correct d’origine, comme si le traducteur n’avait pas voulu se fouler où qu’il était dur de la feuille. Ainsi on retrouve des erreurs stupides dans des mots tels que « hotdok » pour « hotdog », « batminton », pour « badminton », « hallo » pour « hello », et j’en passe.
Bic Camera demeure donc mon fournisseur officiel pour tout ce qui touche aux jeux vidéo, aux DVD, à l’informatique, à l’audio visuel, à la photographie, à l’électroménager et aussi aux alcools, car curieusement le sous-sol du magasin offre une vaste sélection de vins et de bières. Du prix affiché, le consommateur muni de la carte Bic peut déduire 10% qui, transformés en points, pourront lui servir de remise immédiate. On peut aussi choisir de les cumuler pour les utiliser plus tard. J’ai ainsi acquis mon téléphone portable, ma PSP et une clé USB par ce biais cette année. Cerise sur le gâteau, c’est l’un des rares commerces à autoriser le paiement par carte bancaire. Beaucoup de concurrents possèdent un système de carte de crédit mais qui n’est valable que dans le magasin en question, autant dire que l’intérêt tend vers zéro.
Avant de pénétrer dans ce paradis du gadget, il est absolument indispensable de se préparer psychologiquement. Une bonne respiration fait souvent l’affaire. Si vous avez la gueule de bois, souffrez de conjonctivite ou vous êtes levés du pied gauche, rebroussez chemin. La lumière très forte, conjuguée à des panneaux promotionnels flashy omniprésents, le vacarme des appareils ponctué toutes les 20 secondes par la chanson publicitaire « Bi-queu, Bi-queu, Bi-queu, Bic, Ca-mé-ra » et la foule pourraient en effet représenter l’Enfer absolu pour tout agoraphobe. Loin du calme et de l’aspect feutré, voire sinistre de la FNAC, cette boutique sur cinq étages et deux bâtiments procure néanmoins les effets d’une drogue. Une fois sur place, difficile de quitter les lieux, grâce au choix, des prix souvent intéressants et un service après-vente si poussé qu’il vous fait douter de l’abolition de l’esclavage dans les pays industrialisés.







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