Après une bonne vingtaine de minutes passées debout dans un train bondé, les bagages à la main, nous arrivâmes moulus de fatigue à Yokohama. Notre objectif : le Continental Hotel. Le responsable de cet établissement avait fourni des indications claires et précises à Naoko et rejoindre le bâtiment ressemblait à un jeu d’enfant : « sept petites minutes de marche à partir de la gare, vous pourrez voir notre tour en sortant du train ».
Il nous fallu d’abord sortir de cette gare gigantesque. En travaux, celle-ci n’offrait que peu d’informations. Il y a avait bien une carte, mais après l’avoir examinée en détails plusieurs fois nous ne savions quelle sortie emprunter. Cela revenait à chercher le nom d’une station dont on ne connaît pas la ligne sur un plan de métro parisien. Nous décidâmes de nous diriger vers le bureau des renseignements situé à 20 cm de notre position sur le plan. Deux minutes plus tard, nous marchions le long d’une voie souterraine en ligne droite qui semblait se prolonger à l’infini. Dix minutes plus tard, nous nous trouvions là où aurait dû se trouver le bureau des renseignements mais celui-ci avait disparu, sans doute à cause des travaux. Nous optâmes donc au pif pour la sortie nord et aboutîmes à l’air libre, prêts à voir notre hôtel au loin. Pas d’hôtel... Des autoroutes suspendues, des gratte-ciels, tout... sauf notre hôtel. Convaincus par une logique implacable que nous faisions route vers la bonne direction, nous continuâmes notre chemin jusqu’à deviner le sommet de la Landmark Tower, sur le papier : l’immeuble voisin du nôtre. Notre instinct était définitivement le bon et les paroles du réceptionniste ressemblaient de plus en plus à une grosse bourde.
Quarante cinq minutes de marche éreintantes plus tard, nous arrivions à bon port, sept minutes après avoir dépassé la station de métro « Minato-mirai ». Oui l’employé distrait avait confondu le nom des deux gares...
Le Continental Hotel se situe sur une partie du port de Yokohama, très exactement pile en face de la grande roue. La chambre, superbe, nous est revenue tout de même à 12500 yens par personne, ce qui parait ridicule face aux 300000 yens par personne pour la suite du dernier étage de la Landmark Tower. En même temps, payer 300000 yens pour une nuit demeure autrement plus ridicule.
Deuxième ville du Japon ou simple banlieue de Tokyo, Yokohama ne ressemble à aucune autre. C’est simple : on a plus l’impression de se trouver dans une ville nouvelle d’Asie du Sud-est, étant données la taille des buildings, la largeur des routes et la propreté omniprésente.
Les membres liquéfiés par la fatigue accumulée à Enoshima, Kamakura et notre longue marche, nous prîmes une pause bien méritée avant d’aller dîner. Plusieurs restaurants bon marché jouxtent la grande roue mais bizarrement tous ferment a 21h00. Les habitants du coin se coucheraient-ils plus tôt que les poules ? La grande roue reste quant à elle allumée jusqu’a minuit, juste pour faire joli.
Malgré notre état physique digne d’un phoque obèse ou d’un céphalopode sur la terre ferme, nous prîmes juste le temps de nous quérir de nourriture à emporter pour ensuite nous affaler sur les fauteuils de notre chambre et nous délecter de ce qui ressemblait fort à la récompense de notre harassante journée : des sandwichs Subway.
Demain : suite et fin.






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